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PHYSIQUE Les moyens de l'expérimentation

L'observation des phénomènes physiques et de leur modification sous l'action de facteurs appropriés est rendue quantitative grâce à la définition d'une grandeur caractéristique du phénomène étudié et au choix pour celle-ci d'une valeur de référence : l'unité (cf. système d'unités). La comparaison entre cette grandeur et l'unité donne un nombre, ou «  mesure », qui permet l'établissement ou la vérification de relations mathématiques entre le phénomène et ses causes. Cette comparaison est effectuée par un dispositif particulier au phénomène et que l'on appelle un instrument de mesure. Ainsi, la mesure de la longueur d'un objet s'effectue par comparaison visuelle avec l'unité de longueur tracée sur une règle. Le dispositif expérimental est ici particulièrement simple, puisqu'il ne fait appel qu'à l'objet et à un instrument ne nécessitant pas de réglages, la règle.

Cette mesure ne correspond pas cependant au problème posé au physicien, mais plutôt à un problème commercial courant, car il n'y a aucune loi physique à découvrir dans cette mesure. Le physicien se demande comment varie la longueur de l'objet en fonction de facteurs physiques, tels que la température ou la pression. Il faut donc que l'objet à l'étude soit enfermé dans une cellule de mesure destinée à le placer dans des conditions définies et à permettre une variation séparée des différents facteurs physiques. Cette cellule comprend des dispositifs mesurant chacun des paramètres variables ou contrôlables.

D'autre part, les résultats obtenus ne sont reproductibles et significatifs que si l'objet mesuré est lui-même parfaitement bien défini et reproductible. On arrive ainsi à la notion d'échantillon, élément de matière soumis à l'expérimentation et préparé dans les conditions les plus rigoureuses.

Enfin, si le physicien cherche à augmenter la finesse de ses résultats ou à observer des variations de plus en plus petites, la comparaison visuelle, pour reprendre l'exemple précédent, des traits de la règle avec les dimensions de l'échantillon devient insuffisante. On peut améliorer les résultats de la mesure grâce à une visée optique ou à un enregistrement qui pourra être observé dans des conditions plus favorables, ou enfin en éliminant totalement le facteur humain par l'emploi d'un ordinateur. Le dispositif de perception ou d'enregistrement du résultat donné par l'instrument de mesure devient un élément essentiel de la précision. L'accroissement de ses possibilités réagit à son tour sur l'appareil de mesure qui, pour améliorer ses performances, peut être modifié de fond en comble. Ainsi, la comparaison avec une règle peut devenir la comparaison avec une longueur d'onde par voie interférométrique.

La physique expérimentale a tout d'abord été fondée sur les seuls sens humains. Par l'ouïe, la vue et le toucher, l'homme a observé la nature, noté des phénomènes, constaté des corrélations entre eux, et il en a déduit des relations qualitatives de cause à effet. Sous l'influence de facteurs économiques, il a abordé l'aspect quantitatif qui exige à la fois la définition d'une unité et celle d'un instrument de mesure : chaîne d'arpenteur, balance, par exemple. Il a ensuite cherché à améliorer ses propres perceptions et, lorsque Galilée a mis au point sa lunette, une partie inconnue du ciel s'est ouverte devant lui.

Mais la physique expérimentale n'est réellement née que lorsque l'observateur s'est décidé à devenir acteur en choisissant l'un des multiples facteurs naturels et en agissant de l'extérieur pour le modifier et observer son influence sur les autres.

Enfin, les perceptions sensorielles de l'expérimentateur, uniques sources[...]

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Écrit par

  • : professeur à la faculté des sciences de Grenoble, président du groupe d'évaluation et de prospective en instrumentation du ministère de l'Industrie et de la Recherche

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • PARTICULES ÉLÉMENTAIRES

    • Écrit par Maurice JACOB, Bernard PIRE
    • 8 172 mots
    • 12 médias

    Les physiciens poursuivent l'étude de la structure de la matière dans le but de trouver plus d'unité et de simplicité dans un monde qui nous frappe par sa diversité et son apparente complexité. N'est-il pas remarquable de pouvoir ramener la variété quasi infinie des objets qui nous entourent...

  • ACTION & RÉACTION, physique

    • Écrit par Jean-Marc LÉVY-LEBLOND
    • 1 498 mots

    C'est avec la troisième loi de Newton (1642-1727) que le mot « action » entre dans le vocabulaire scientifique, avec un sens à vrai dire assez ambigu. Il s'applique à la dénomination de la force exercée par un corps sur un autre, la loi en question affirmant alors qu'elle est toujours égale à la force...

  • ANTIMATIÈRE

    • Écrit par Bernard PIRE, Jean-Marc RICHARD
    • 6 931 mots
    • 4 médias

    L'antimatière exerce une certaine fascination : le grand public, les lecteurs de revues scientifiques et même les spécialistes ont un peu le vertige à l'énoncé de ses propriétés. En effet, si 1 gramme d'antimatière était mis en contact avec 1 gramme de matière ordinaire, il se produirait une annihilation...

  • ARISTOTÉLISME

    • Écrit par Hervé BARREAU
    • 2 242 mots
    • 1 média
    ...d'Elée sur l'impossibilité du mouvement. Cette réfutation était importante dans la perspective d'Aristote qui voulait accorder un statut scientifique à la physique, dont il faisait une science plus haute que les mathématiques puisqu'elle portait sur la substance mobile, et non, comme ces dernières, sur la...
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Voir aussi