ANDERSON PHILIP WARREN (1923-   )

Physicien américain, co-lauréat du prix Nobel de physique en 1977 « pour ses recherches théoriques fondamentales sur la structure électronique des systèmes magnétiques et désordonnés ».

Né le 13 décembre 1923 à Indianapolis (Indiana), Philip W. Anderson est le fils d'un professeur de biologie végétale de l'université de l'Illinois, à Urbana. Après avoir participé à l'effort de guerre américain en construisant des antennes dans les laboratoires de recherche de la Navy, il poursuit ses études à Harvard, où il soutient sa thèse en 1949. Il rejoint ensuite les fameux laboratoires de la compagnie des téléphones Bell à Murray Hill (État du New Jersey) où il accomplit jusqu'en 1984 la plus grande part de ses recherches. De 1967 à 1974, il passe de longues périodes comme professeur invité au laboratoire Cavendish de Cambridge, puis devient professeur à Princeton, à mi-temps de 1975 à 1984, à plein temps ensuite, jusqu'à sa retraite en 1996. Anderson partage le prix Nobel de physique en 1977 avec Nevill Mott et John H. Van Vleck pour leurs contributions théoriques sur l'étude des systèmes magnétiques ou désordonnés.

En 1958, Anderson démontre qu'un électron peut être attaché à une position particulière d'un solide. Il montre que dans le cas unidimensionnel, une onde diffusée par un réseau désordonné donne lieu à un système d'interférences tel que l'objet quantique se trouve localisé. Dans le cas tridimensionnel, l'analyse se révèle beaucoup plus complexe mais il apparaît que certains électrons – ceux de la partie basse de la bande d'impureté d'un semi-conducteur par exemple – obéissent à cette « localisation d'Anderson » et ne peuvent se déplacer que par sauts vers d'autres états localisés. Les expériences suggérées par Anderson firent véritablement naître un nouveau domaine de recherche en physique des milieux désordonnés.

Homme de convictions, Anderson a toujours refusé de participer à des recherches couvertes par le secret militaire et exprima fortement son opposition à la guerre du Vietnam puis, dans les années 1980, à l'Initiative de défense stratégique (plus connue sous son sobriquet de « guerre des étoiles ») du président Reagan. Partisan de la « petite science » par opposition aux grands projets, il fut un des instigateurs de l'abandon du projet américain de supercollisionneur de particules.

Anderson, auteur en particulier de Concepts of Solids (1963) et de Basic Notions of Condensed Matter Physics (1984), est l’un des physiciens dont les travaux sont les plus cités. C’est aussi un maître au jeu de go.

—  Bernard PIRE

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Écrit par :

  • : directeur de recherche au CNRS, centre de physique théorique de l'École polytechnique, Palaiseau

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Bernard PIRE, « ANDERSON PHILIP WARREN (1923-   ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 août 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/philip-warren-anderson/