PÉRISTALTISME

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Activité motrice de l'intestin qui assure la progression du chyme le long du grêle, du pylore à la valvule iléo-cæcale, et qui contribue au cheminement des matières dans le gros intestin. L'onde péristaltique est un phénomène complexe qui coordonne et propage l'activité contractile des deux couches musculaires de l'intestin : l'une, externe, est formée de fibres longitudinales, l'autre, interne et plus épaisse, de fibres circulaires. Les mouvements de l'intestin peuvent être étudiés in vitro par la technique de l'intestin isolé de Magnus, qui consiste à conserver en vie un fragment d'intestin grêle dans un liquide nutritif convenablement oxygéné et chauffé à 37 0C. In vivo, ces mouvements peuvent être enregistrés, grâce aux possibilités qu'offre l'endoscope, et traduits sous forme de graphique. L'analyse du graphique révèle que la contraction des fibres longitudinales coïncide avec le relâchement des fibres circulaires et vice versa. De plus, chaque mouvement péristaltique comprend la contraction de la musculature en amont du point où l'onde est née, et son relâchement en aval de ce point. Ces activités coordonnées font progresser le contenu intestinal dans le sens unique oral → aboral ; cela prouve l'existence non seulement d'une coordination des activités musculaires en cause, mais également d'une polarisation de leur effet propulseur.

Au niveau du grêle, ce péristaltisme se combine, pour l'accomplissement des fonctions intestinales, à deux autres activités motrices : segmentation rythmique (fragmentation et brassage) et mouvement pendulaire (homogénéisation). Il n'existe pas d'antipéristaltisme physiologique dans l'intestin grêle.

Au niveau du duodénum, le péristaltisme n'a pu être observé qu'aux rayons X, du fait de la mobilité très réduite de ce segment intestinal. Poussé par la pression due aux éjaculations pyloriques successives, le contenu du bulbe duodénal est saisi par les ondes péristaltiques duodénales très intenses (vingt contractions par minute). En quelques secondes, l'angle duodéno-jéjunal est atteint. Les mouvements antipéristaltiques sont très fréquents dans le duodénum ; ils provoquent le reflux duodéno-gastrique s'ils trouvent le pylore ouvert. Cet antipéristaltisme survient lorsque l'éjaculation pylorique est trop volumineuse, trop froide, trop acide et, surtout, trop grasse. Il constitue donc un dispositif de protection duodéno-pylorique contre l'arrivée d'aliments dangereux pour le grêle.

Au niveau du gros intestin, péristaltisme et antipéristaltisme se combinent, assurant au contenu intestinal un mouvement de va-et-vient qui favorise la résorption d'eau dans le côlon transverse et le côlon ascendant. À intervalles très éloignés (2 à 3 fois par jour), surviennent des contractions péristaltiques intenses du côlon transverse, qui chassent les matières dans le côlon descendant.

Persistant in vitro et in vivo après l'énervation complète du tube digestif, les mouvements péristaltiques sont dits automatiques. Ils trouvent leur cause dans l'allongement des fibres musculaires (circulaires et longitudinales) de la couche musculeuse. L'intégration des automatismes de ces fibres musculaires dans l'exécution de l'acte musculaire qui assure le transit intestinal serait le fait d'un réflexe intrapariétal, dont les neurones afférents (sensibles) seraient contenus dans le plexus de Meissner, et dont les neurones efférents (moteurs) seraient les cellules multipolaires du plexus d'Auerbach. De plus, l'allongement des fibres musculaires lisses libérerait la sérotonine (5-hydroxytryptamine) stockée dans les cellules chromargentaffines de la muqueuse intestinale, ce qui aurait pour effet d'abaisser le seuil d'excitabilité des neurones récepteurs sous-muqueux. Ce fonctionnement neuromusculaire intrinsèque est placé sous le contrôle de l'innervation extrinsèque. Celle-ci est double et antagoniste. D'une part, les nerfs pneumogastriques (éléments parasympathiques cholinergiques) sont moteurs : leur excitation accélère et amplifie les mouvements ; d'autre part, les nerfs splanchniques (éléments sympathiques adrénergiques) sont inhibiteurs : leur excitation supprime momentanément les mouvements. Les centres intestino-moteurs sont bulbaires, sauf pour les segments distaux du gros intestin pour lesquels ils sont médullaires sacrés. Les centres intestino-inhibiteurs sont médullaires. Ces centres sont sensibles à la pression qui inhibe le péristaltisme, à l'ingestion des aliments qui d [...]

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Pour citer l’article

Geneviève DI COSTANZO, « PÉRISTALTISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/peristaltisme/