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PEEL sir ROBERT (1788-1850)

Fils de l'un des principaux manufacturiers anglais du coton, très tôt destiné à la carrière politique, Robert Peel, député dès 1809, a occupé de nombreux postes ministériels avant d'être appelé à diriger le cabinet de 1841 à 1846. Plusieurs de ses choix politiques ont joué un rôle majeur dans la vie britannique et, étrangement, ont été presque tous le résultat d'un retournement complet. En 1829, il est responsable, dans le gouvernement du duc de Wellington, de la mise au point de l'émancipation des catholiques : deux ans plus tôt, adhérent à la fraction tory la plus réactionnaire, il avait rompu avec Canning, partisan de cette même mesure. En 1834, par son manifeste de Tamworth, il prend acte du caractère irréversible de la réforme de 1832 qu'il avait combattue et, à partir de cette date, s'emploie à transformer le mouvement tory en un parti conservateur ouvert aux aspirations de la bourgeoisie ; en même temps, il plaide pour l'amélioration du système existant par des retouches progressives et réclame une lutte sévère contre les pratiques de la corruption électorale. Après avoir refusé le poste de Premier ministre en 1839, parce que la reine Victoria ne voulait pas se séparer de ses dames d'honneur whigs, il accepte, en 1841, de diriger le cabinet. Parmi les questions essentielles, il choisit de s'occuper surtout des problèmes économiques et financiers. Il fait revivre en 1842 l'impôt sur le revenu, voter en 1844 une loi sur les privilèges de la Banque d'Angleterre et confier à celle-ci le monopole de l'émission de nouveaux billets. Obligé de prendre position sur le maintien ou l'abolition des lois protectionnistes sur le blé, il adopte d'abord la position intransigeante de nombre de ses amis, eux-mêmes propriétaires fonciers et désireux de conserver la garantie de prix élevés ; en 1846, convaincu par les arguments de Cobden et de la Ligue libre-échangiste, il rallie leur camp, dénonce le lien entre protectionnisme et misère populaire, lie progrès et liberté du commerce et fait voter par le Parlement l'abolition, en trois ans, des lois protectionnistes sur les importations de céréales. Il provoque ainsi la scission de son parti : les peelistes, dont Gladstone, seront peu à peu amenés à se joindre aux libéraux et franchiront le pas en 1852, deux ans après la mort de Peel. Ferme partisan de l'ordre et fondateur, en 1829, de la police métropolitaine de Londres, Peel a énergiquement réagi, en particulier en 1842, contre l'agitation chartiste.

— Roland MARX

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Écrit par

  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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