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OFFSHORE Démantèlement des plates-formes pétrolières

Les différentes options possibles

Dans une installation pétrolière classique, il convient de distinguer la superstructure et le support, qui ne subissent pas nécessairement le même sort.

Tout démantèlement commence par le bouchage des puits, le nettoyage sur place des installations et l'élimination des produits les plus dangereux (produits chimiques, par exemple). Si les installations de surface ont généralement été en contact avec les hydrocarbures, les supports, eux, sont constitués de matériaux inertes qui n'ont pas été pollués par les matières dangereuses (à l'exception des installations de stockage).

Les principales options pour le démantèlement et le devenir des installations nettoyées sont alors les suivantes :

– Le recyclage. Tout ou partie de l'installation est ramené à terre. Les parties métalliques, ferraillées, sont ensuite fondues et recyclées.

– Le stockage en site agréé. Tout ou partie de l'installation, ramené à terre, est mis dans une décharge agréée, et est stocké.

– Le basculement sur place. Tout ou partie de l'installation est basculé sur place, en s'assurant que la hauteur d'eau libre est suffisante (55 m selon les prescriptions de l'OMI).

– L'élimination en eaux profondes. L'installation est remorquée au large et immergée dans un site autorisé (à plus de 150 milles marins des côtes et à plus de 2 000 mètres de profondeur, en conformité avec les dispositions de l'ancienne convention d'Oslo).

– L'abandon sur place. L'installation, mise en sécurité, est laissée sur place, ce qui suppose certaines dispositions de signalisation et d'entretien.

– Le réemploi dans l'industrie pétrolière. Tout ou partie de l'installation est réutilisé sur un nouveau site, à des fins d'exploitation d'autres ressources pétrolières, présentant des caractéristiques compatibles.

– Le réemploi en récif artificiel. L'installation est laissée à sa place ou déposée au fond de la mer, à un endroit prédéfini où elle est agglomérée à d'autres installations similaires. Un récif artificiel est ainsi constitué et est destiné au développement ou à la protection de la faune et de la flore marines.

Il est également possible d'imaginer d'autres réemplois : par exemple comme support de phare ou d'éoliennes, module de formation à la lutte anti-incendie, centre de recherche marine ou matériel de consolidation des jetées.

En règle générale, les modules qui composent la superstructure sont ramenés à terre pour en parfaire le nettoyage et récupérer ce qui peut l'être. C'est le reste de l'installation, c'est-à-dire le support, resté à sa place, qui est susceptible d'être traité selon les options qui viennent d'être décrites.

Pour bien des raisons, le réemploi ou le recyclage complet des installations a eu la faveur des écologistes. Cependant, le bénéfice environnemental du recyclage complet n'est pas aussi évident qu'il peut sembler à première vue : démonter des installations de grande taille, sises au milieu d'une mer tourmentée comme la mer du Nord, nécessite de recourir à des techniques lourdes, dangereuses (découpe à l'explosif des jambages de plus de 1 mètre de diamètre, en acier de plusieurs centimètres d'épaisseur) et coûteuses. De plus, que faire des matériaux ramenés à terre ? Les quantités sont énormes, les installations portuaires capables de les accueillir extrêmement rares, la fonte des matériaux est grande consommatrice d'énergie (comparable à celle qui est nécessaire à la fonte du minerai d'origine), et le transport mer-terre n'est pas sans risque. Par ailleurs, la réutilisation de modules de traitement ou de supports sur d'autres gisements n'est que très exceptionnellement envisageable, car les installations ont été spécialement dessinées et construites pour une profondeur[...]

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Écrit par

  • : ingénieur, conseiller en environnement, Elf EP, chargé de mission à Elf

Classification

Pour citer cet article

Emmanuel GARLAND. OFFSHORE - Démantèlement des plates-formes pétrolières [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Installations pétrolières en mer : répartition - crédits : Encyclopædia Universalis France

Installations pétrolières en mer : répartition

Installations pétrolières - crédits : Encyclopædia Universalis France

Installations pétrolières

Installations pétrolières en mer du Nord - crédits : Encyclopædia Universalis France

Installations pétrolières en mer du Nord

Autres références

  • CATASTROPHES INDUSTRIELLES - (repères chronologiques)

    • Écrit par Universalis
    • 2 485 mots

    1794 Explosion, le 1er septembre, de la poudrerie de Grenelle à Paris, faisant près de 1 000 morts. La prise de conscience des risques technologiques entraînée par cette catastrophe passe pour être à l'origine de la réglementation française marquée par le décret impérial de 1810 sur les établissements...

  • CONGO RÉPUBLIQUE DU

    • Écrit par Philippe DECRAENE, Universalis, Roland POURTIER, Patrick QUANTIN, Gilles SAUTTER
    • 12 374 mots
    • 10 médias
    ...% du pétrole congolais, le reste se partageant entre l'autre opérateur historique, Agip, et les nouveaux venus, américains et chinois. L'exploitation offshore met le secteur pétrolier à l'abri des violences politiques continentales. En 1996, l'installation de la plate-forme de Nkossa, ancrée à 60 kilomètres...
  • DÉCOUVERTE D'HYDROCARBURES EN MER DU NORD

    • Écrit par Bernard BENSAID, Guy MAISONNIER
    • 486 mots
    • 1 média

    La mer du Nord est divisée en cinq secteurs biens distincts qui appartiennent respectivement au Royaume-Uni, à la Norvège, au Danemark, aux Pays Bas et à l'Allemagne. Les zones britannique et norvégienne concentrent à elles seules 90 p. 100 des réserves pétrolières et gazières de la région....

  • EKOFISK ACCIDENT PÉTROLIER D' (22 avril 1977)

    • Écrit par Yves GAUTIER
    • 492 mots

    En fin de journée du 22 avril 1977, la plate-forme Bravo du champ pétrolier d'Ekofisk, au centre de la mer du Nord, entrait en éruption, libérant sans retenue le gaz et le pétrole du gisement exploité.

    Située dans le secteur norvégien, la plate-forme Bravo appartient à un consortium...

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Voir aussi