NICE

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Provence-Alpes-Côte d'Azur : carte administrative

Provence-Alpes-Côte d'Azur : carte administrative
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Nice

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Nice : la Promenade des Anglais

Nice : la Promenade des Anglais
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Nice est la capitale d'une région urbaine qui couvre le département des Alpes-Maritimes et s'étend, au nord, sur une partie de celui des Alpes-de-Haute-Provence. Elle est aussi la cinquième ville de France par la taille (346 250 habitants en 2013). C'est un pôle culturel et touristique dont l'influence est internationale, ce qui explique l'importance de l'aéroport, le troisième de France, et des structures hôtelières. La cité azuréenne a une image de ville d'accueil pour les touristes internationaux et les retraités fortunés, les fêtes (le carnaval, depuis la fin du xixe siècle, par ex.) et les festivals. Mais, depuis les années 1960, elle a réussi à attirer des industries liées aux nouvelles technologies, à se doter d'une université dont le rayonnement scientifique est de plus en plus étendu, à étoffer ses fonctions de service et d'administration des entreprises, à étendre son rôle de pôle de rencontre pour les entrepreneurs et les dirigeants politiques, économiques et sportifs de l'Europe tout entière.

Provence-Alpes-Côte d'Azur : carte administrative

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Carte administrative de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. 

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Le centre-ville historique de Nice et le front de mer, vus depuis la colline du Château (Alpes-Maritimes, France). 

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Une ville attractive

Le site, lieu d'implantation d'une cité grecque, Nikaïa (Victoire), est celui d'une vaste baie dont la courbe harmonieuse est célèbre (Promenade des Anglais). La plaine littorale d'un fleuve côtier (le Paillon) est dominée par un amphithéâtre de collines, dont les pentes orientées au sud, couvertes d'oliviers, constituent aujourd'hui un lieu de résidence (pavillons et petits immeubles collectifs avec vue sur la mer) pour les populations aisées.

Nice : la Promenade des Anglais

photographie : Nice : la Promenade des Anglais

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La Promenade des Anglais fut créée sur l'initiative d'un révérend anglais, Lewis Way, en 1820-1821, pour servir de promenade à ses compatriotes, propriétaires de grandes villas qui s'étendaient jusqu'à la grève. Au départ simple chemin large de 2 mètres, appelé «Camin dai Inglès»,... 

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Les Phocéens, qui ont fondé Massalia (Marseille), établissent, vers 350 avant J.-C., un comptoir commercial qu'ils baptisent Nikaïa, en hellénisant le toponyme ligure pré-existant. Conquise par les Romains au cours du ier siècle, la ville devient une place de commerce importante. Elle est tenue par les comtes de Provence durant le xe siècle puis, en 1388, elle passe sous la protection des comtes de Savoie, et le reste jusqu’en 1860, avec quelques interruptions ponctuelles dues à plusieurs invasions des Français. Elle devient une place forte chargée de défendre les possessions savoyardes au sud et leur accès à la mer. Le traité de Turin (1860) remet la Savoie et Nice à la France.

L'agglomération a connu une très forte croissance démographique (doublement depuis le milieu du xxe siècle). Elle rassemble aujourd'hui plus des quatre cinquièmes de la population des Alpes-Maritimes, soit 943 690 habitants (2012). D'importants flux migratoires, venant de toutes les régions françaises et de l'étranger, expliquent la dynamique démographique, qui ne doit rien au solde naturel, négatif en raison du nombre important des retraités. Aux résidences permanentes, il faut ajouter les résidences secondaires (principalement localisées dans l'aire urbaine de Nice).

Organisation spatiale de la ville

La ville s'organise en demi-cercles concentriques depuis le littoral.

Dans la première couronne, la vieille ville (qui s'est édifiée du xiiie siècle jusqu'aux Temps classiques) est dominée, à l'est, par la colline du château, qui conserve les vestiges d'un donjon médiéval (castrum) et d'une cathédrale construite au xve siècle. Dans le vieux Nice, on rencontre de hautes maisons de style génois aux façades colorées, des rues en lacis tortueux, parfois des escaliers autour de la cathédrale et du palais Lascaris, joyau d'époque baroque, et du marché aux fleurs du cours Saleya.

La ville moderne et contemporaine s'est développée en arrière de la Promenade des Anglais, célèbre pour ses hôtels prestigieux de la Belle Époque (le Negresco, classé monument historique) et le palais de la Méditerranée. Le cœur en est la place Masséna, achevée au milieu du xixe siècle.

Au nord, les collines niçoises, aménagées en terrasses, sont aujourd'hui des sites de constructions pavillonnaires. Plus loin encore, la périurbanisation a gagné les communes rurales de l'arrière-pays, dans un rayon de vingt à trente kilomètres. La construction d'un nouveau quartier d'habitations et d'un centre administratif et des affaires dans la basse vallée du Var, l'extension de l'aéroport sur un terre-plein conquis sur la mer, la mise en service du marché d'intérêt national, l'aménagement de zones industrielles en amont de la vallée, la desserte de l'autoroute vers l'Italie, la réalisation du technopôle de Sophia-Antipolis dans la commune de Valbonne : autant de faits qui expliquent le développement de la ville vers le sud-est et dans la vallée du Var.

Une ville dynamique : tourisme et pôle technologique

L'économie urbaine a connu une mutation profonde à partir des années 1950. Au xixe siècle, la ville était déjà un lieu de tourisme international après le rattachement à la France (1860) et surtout l'arrivée du chemin de fer (1864). À la fin du xxe siècle, la villégiature d'hiver est celle des retraités de la France entière. En revanche, les flux touristiques correspondant aux loisirs de masse se concentrent désormais du printemps à l'automne. Les mois d'été atteignent des records de fréquentation qu'expliquent de nombreux facteurs : l'attrait de la mer, du soleil, des paysages ; la bonne accessibilité par route, rail et air ; l'image de faste et de fête ; l'offre hôtelière ; le patrimoine artistique (musées, églises, chapelles, palais) ; l'urbanisme. La moitié des estivants sont des étrangers et le tourisme reste toujours le premier moteur de développement.

À partir de 1960, Nice devient également une ville industrielle tournée vers la recherche et les nouvelles technologies. Environnement de qualité, réseau autoroutier et présence de l'aéroport international favorisent l'implantation de grandes entreprises françaises et étrangères. Sophia-Antipolis, le plus important pôle technologique d'Europe, regroupe des instituts universitaires, des laboratoires de recherche, des établissements de création et d'innovation, des firmes de services aux entreprises. L'essor de la « nouvelle économie technologique » soutient une diffusion générale de l'industrie dans tout le département des Alpes-Maritimes et dans l'agglomération niçoise (zone industrielle de Carros dans la vallée du Var).

Le tertiaire demeure cependant largement prépondérant (près de 80 p. 100 des actifs), dans le domaine des services (aux ménages et aux entreprises), dans celui de la recherche et de la formation et dans l'animation et l'accueil touristique (congrès, festivals, découverte du patrimoine monumental).

En dépit de l'implantation à Marseille des services régionaux de l'État, Nice est devenue, au début du xxie siècle, une métropole à part entière. L'aire métropolisée, de Menton à Grasse et à Cannes, rassemble environ 1,3 million d'habitants. Elle équilibre, à l'est, celle de Marseille.

—  Lucien TIRONE, Universalis

Bibliographie

L. Tirone & V. Ellerkamp, « La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur à l'aube du xxie siècle », in Méditerranée, no spéc., t. 101, nos 3-4, Institut de géographie de l'université de Provence, 2003.

Écrit par :

  • : maître de conférences honoraire, agrégé de géographie, université de Provence

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Pour citer l’article

Lucien TIRONE, « NICE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nice/