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NEUROSCIENCES COGNITIVES ET THÉORIE DE L'ESPRIT

Le concept de théorie de l’esprit renvoie à nos connaissances sur la manière dont l’esprit humain fonctionne. Ces connaissances sont utilisées de manière plus ou moins explicite pour attribuer des états mentaux (émotions, désirs, intentions, croyances et connaissances) à soi-même et à autrui afin d’adapter nos comportements lors de nos interactions sociales. Par exemple, si une personne vous demande de la rejoindre à une soirée qu’elle organise, le fait de vous y rendre ou pas dépendra en partie des intentions que vous attribuez à cette personne (vous invite-t-elle simplement par politesse ?), des croyances que vous avez au sujet des autres invités (seront-ils sympathiques, ennuyeux ? Y aura-t-il des gens que vous voulez éviter ?) et de l’anticipation des états affectifs que cette soirée risque de générer chez vous (éprouverez-vous du plaisir, de l’ennui, ou de l’anxiété ?).

Régions cérébrales impliquées dans la théorie de l’esprit

Régions cérébrales impliquées dans la théorie de l’esprit

Le réseau cérébral qui sous-tend la théorie de l’esprit est très étendu et comprend le cortex préfrontal médian, le cortex préfrontal latéral, les pôles temporaux, la jonction temporo-pariétale et le cortex cingulaire postérieur. Ce réseau est activé dans toute situation qui demande de traiter des états mentaux. Chaque fois que nous essayons de prendre un autre point de vue (celui d’une autre personne ou le nôtre à un autre moment dans le temps), nous nous appuyons sur nos connaissances de théorie de l’esprit pour donner un contenu au nouveau point de vue que nous considérons. La théorie de l’esprit est aussi mobilisée pour établir la responsabilité morale d’une personne (un acte qui a causé du tort à quelqu’un a-t-il été commis de manière intentionnelle ?). Enfin, la théorie de l’esprit est étroitement liée à l’empathie : c’est ce que nous pensons être les états mentaux d’une autre personne (son embarras, sa douleur, etc.) qui nous permet de ressentir de l’empathie à son égard.

Les sections qui suivent résument l’état actuel des connaissances en neurosciences cognitives concernant les différents traitements sous-jacents à l’attribution d’états mentaux et leurs substrats neuronaux.

Le décodage des états mentaux

Par essence, les états mentaux ne sont pas visibles et, lorsqu’ils concernent d’autres personnes que nous-mêmes, ils ne sont pas directement accessibles par introspection. Si une personne fait l’expérience d’un état mental particulier, son expression faciale et corporelle, l’orientation de son regard, le ton de sa voix et ses gestes peuvent nous servir d’indices. Ces indices sont traités par les aires perceptives du cerveau et le résultat de ce traitement perceptif servira d’entrée au réseau cérébral de théorie de l’esprit qui tentera d’apparier les indices traités aux états mentaux qui y sont habituellement associés. Ainsi, l’intégration de l’information qu’une personne sourit et qu’elle regarde vers un objet X peut être utilisée pour inférer que cette personne désire l’objet X. Et il suffit parfois d’observer l’expression d’un regard pour en inférer que la personne est rêveuse ou inquiète.

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Écrit par

  • : docteure en psychologie, professeure, université catholique de Louvain (Belgique)

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Régions cérébrales impliquées dans la théorie de l’esprit

Régions cérébrales impliquées dans la théorie de l’esprit

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