MUSIQUE ET CINÉMA, LE MARIAGE DU SIÈCLE ? (exposition)

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Bernard Herrmann, Michel Legrand, Nino Rota...

Le visiteur baigne d’emblée dans la musique, tandis qu’une disposition technique astucieuse et intelligente évite la cacophonie ou la bousculade : on regarde les notes écrites, les extraits de films, les portraits, les génériques évocateurs et, quand un lieu d’écoute se libère, on s’y installe ; rien que pour soi, les compositeurs de musique de films y murmurent des confidences, se laissent surprendre au travail, se confient. Balisés par de superbes dessins de Maxime Rebière qui remplacent un fléchage et un étiquetage trop désincarnés, des documents inestimables, provenant d’archives du monde entier, ou des témoignages précieux recueillis pour l’occasion défilent comme si c’était uniquement pour soi.

Alexandre Desplat, Jacques Audiard et Vincent Segal

Photographie : Alexandre Desplat, Jacques Audiard et Vincent Segal

Photographie

Séance d'enregistrement de la musique d'Un prophète, au studio Guillaume Tell de Suresnes, en avril 2009 : on voit le compositeur Alexandre Desplat à gauche, le cinéaste Jacques Audiard au fond et le musicien Vincent Segal au violoncelle électrique. 

Crédits : X. Forcioli

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On voit une scène du Rideau déchiré (1966) d’Alfred Hitchcock sans musique, telle qu’elle est dans le film ; une simple manipulation numérique permet de revoir la scène, cette fois avec la partition de Bernard Herrmann que le cinéaste refusa, mettant ainsi fin à un des plus beaux mariages entre musique et cinéma. Et à l’intérieur du vaisseau spatial de 2001 : l’Odyssée de l’espace (1968), le stylo flotte en apesanteur, accompagné, comme le sait notre mémoire, du Beau Danube bleu de Johann Strauss, mais également, à l’aide d’une simple commande, de la superbe partition demandée par le studio inquiet (M.G.M.) à Alex North, et que Stanley Kubrick évita. L’équipe technique a en effet su mettre le numérique le plus sophistiqué au service de la sensibilité et de la poésie.

On apprend que Michel Legrand composa une partition ininterrompue pour L’Affaire Thomas Crown (1968), laissant à Norman Jewison le loisir d’utiliser les morceaux de son choix ; quand le réalisateur entendit la musique, non seulement il l’utilisa intégralement, mais il conçut sa propre mise en scène en fonction d’elle : d’où l’extraordinaire montage de la séquence érotique de la partie d’échecs qui alterne les plans fixes sur Steve McQueen et Faye Dunaway.

L’exposition [...]


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Le Narcisse noir, de M. Powell et E. Pressburger

Le Narcisse noir, de M. Powell et E. Pressburger
Crédits : Collection Joel Finler/ The Archers/ Carlton International Media

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Alexandre Desplat, Jacques Audiard et Vincent Segal

Alexandre Desplat, Jacques Audiard et Vincent Segal
Crédits : X. Forcioli

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Écrit par :

  • : historien du cinéma, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, membre du comité de rédaction de la revue Positif

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Pour citer l’article

Christian VIVIANI, « MUSIQUE ET CINÉMA, LE MARIAGE DU SIÈCLE ? (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/musique-et-cinema-le-mariage-du-siecle/