MORTLes sociétés devant la mort

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Le monde des morts

Le monde des morts
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Mobilier funéraire, art égyptien, Moyen Empire

Mobilier funéraire, art égyptien, Moyen Empire
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Les croyances apaisantes

Mort-apparence et mort-renaissance

Un des procédés les plus efficaces pour contester les effets annihilants de la mort est d'en faire une néantisation de l'apparence sensible seulement, c'est-à-dire de l'individu. La mort devient alors la médiation de l'individu vers le collectif, considéré dans ce qu'il a de plus solide, la communauté des ancêtres. On pourrait même, dans une perspective de psychanalyse jungienne, se demander si la communauté des ancêtres ne serait pas la forme transcendée, hypostasiée, de la conscience du groupe, une projection dans l'utopie (monde idéal) du désir qu'a le groupe de perdurer sans fin. Encore qu'il faille, à ce niveau, reprendre la distinction entre les ancêtres récents, toujours nommés, susceptibles de se réincarner ou de renaître dans leurs petits-enfants, et les ancêtres lointains, généralement anonymes, si l'on excepte les grands fondateurs. Les « morts-renaissants » reflètent plus directement une dénégation de la mort.

Ainsi entendue, la mort se définit comme transition, passage, changement d'état ; elle est encore épreuve initiatique (pour le défunt qui, cheminant dans l'au-delà, doit vaincre des difficultés multiples et s'efforcer de mériter son statut d'ancêtre) ou, si l'on préfère, renaissance ; enfin, elle devient condition de renouvellement (le vieillard impotent pourra se réincarner dans un enfant) et source de fécondité (mort rituelle de l'animal à fin religieuse ; sacrifice humain, crucifixion du Christ). Tant il est vrai que nous sommes, comme l'a montré Jung, en présence d'un archétype universel qui structure la pensée archaïque (Malaisie, Polynésie, Amérique indienne, Eskimo), hante la conscience onirique, enrichit la création littéraire ou artistique (thèse de M. Guiomar) et donne un sens aux pratiques de l'occultisme, du spiritisme et de la liturgie chrétienne d'aujourd'hui.

De la mort-négation à la négation de la mort

La mort, en tant que négation totale de l'ê[...]

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Écrit par :

  • : professeur de sociologie à l'U.E.R. des sciences sociales de l'université de Paris-V.

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Louis-Vincent THOMAS, « MORT - Les sociétés devant la mort », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mort-les-societes-devant-la-mort/