MINES, Antiquité gréco-romaine

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L'importance des métaux dans les civilisations antiques peut se mesurer aux symboles qu'ils représentent dans la succession des temps, depuis le mythe des races – d'or, d'argent, de bronze, de fer – chez Hésiode (viiie siècle av. J.-C.) jusqu'aux grandes périodes – Âges du cuivre, du bronze, du fer – que les archéologues intercalent entre la préhistoire et l'histoire. Sans les métaux en effet, l'humanité ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui, avec tout ce qu'ils lui ont apporté de bon et de mauvais, à l'image du fer, qui est à la fois, selon Pline l'Ancien (Histoire naturelle, XXXIV, 138), la meilleure et la pire des choses : on en fabrique des armes aussi bien que des socs de charrue. L'utilisation des métaux est générale : villes et campagnes, soldats et paysans, États et simples particuliers, chacun en a besoin. Et cela est vrai dès l'Antiquité. Après que la révolution néolithique eut stabilisé les groupes humains, il fallut définir des territoires, les cultiver, les défendre. Parallèlement, les techniques évoluaient ; avec la maîtrise croissante de la matière, on abandonne la pierre pour les métaux. Bientôt ce sera, par le commerce ou par la force, l'appropriation des champs métallifères, où l'on passera vite de la collecte superficielle aux mines profondes.

Les mots metallon, en grec, et metallum, en latin, désignent la mine, mais le latin emploie aussi fodina, appliquant ce terme à une excavation minière. L'histoire des metalla a d'abord été un commentaire des auteurs anciens, ce que montre par exemple l'ouvrage de J. von Bethe, Commentatio de Hispaniae antiquae re metallica ad locum Strabonis lib. III, Göttingen, 1808. Puis les découvertes ponctuelles, et parfois spectaculaires, dues au boom minier du xixe siècle l'ont illustrée, comme on le voit par l'article d'E. Ardaillon au début du xxe. Aujourd'hui, l'archéologie minière et métallurgique, souvent unie aux sciences de la Terre et aux disciplines regroupées sous le vocable commode d'« archéométrie », a totalement renouvelé nos connaissances sur les premières étapes de ces techniques.

Entre le Ve et le IIIe millénaire avant notre ère, la recherche du silex dans les terrains crayeux de l'Europe ou celle des minéraux colorés destinés à la parure ont permis à la fois de développer des techniques d'exploitation souterraine et d'ouvrir la voie à la quête des minerais. Les premières mines métalliques ont eu pour objet la recherche du cuivre, dès le Ve millénaire avant notre ère dans le sud-est de l'Europe, un peu plus tard en Europe occidentale. La morphologie des travaux miniers rappelle celle des exploitations de silex, et, même s'il est difficile d'établir des unes aux autres une filiation directe, on ne peut nier que la tradition minière remonte à ces dernières. Certes, les régions et les conditions de gisement sont différentes, mais techniques et mineurs ont voyagé, à l'image des « pains de beurre » (silex de couleur jaune) du Grand-Pressigny (Indre-et-Loire). Les techniques se sont ensuite perfectionnées au fur et à mesure du développement de l'art des mines autour du bassin méditerranéen (Sinaï, Égypte, Italie, Gaule, péninsule Ibérique principalement).

La découverte et l'exploitation des gîtes métallifères ont d'abord dépendu des conditions géographiques : les plus proches des grands foyers de civilisation ont été mis en valeur les premiers, puis les voyages d'exploration ont fait connaître les plus lointains. C'est le cas, dès le viiie siècle et peut-être, selon la tradition, dès le xiie siècle avant notre ère, des mines de Tartessos, dans le sud-ouest de l'Espagne, aux confins du monde habité, où iront s'approvisionner les marins phéniciens. De même, on ira chercher l'étain (kassiteros) loin dans l'Ouest, aux îles Cassitérides. Mais l'exploitation des gîtes métallifères dépend aussi du niveau des techniques : un minéral ne devient minerai qu'à partir du moment où on sait qu'il contient du métal et où on connaît la façon de le traiter pour obtenir ce dernier. Ainsi les gîtes de galène argentifère de l'Est méditer [...]

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Écrit par :

  • : professeur émérite d'archéologie, université de Toulouse-Le Mirail

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  • André DAUBARD
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Claude DOMERGUE, « MINES, Antiquité gréco-romaine », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mines-antiquite-greco-romaine/