TOURNIER MICHEL (1924-2016)

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Arrivé sur le tard à la littérature, Michel Tournier s'est imposé comme un des romanciers contemporains les plus populaires. Son premier roman Vendredi ou les limbes du Pacifique (1967) s'est vendu à plus de sept millions d'exemplaires, Le Roi des Aulnes (1970) à plus de quatre millions et ses textes sont traduits dans une quarantaine de pays. Saluée par la critique, étudiée à l'école et à l'université, son œuvre occupe une place singulière dans la littérature contemporaine. À une époque où le Nouveau Roman se définit par ses expérimentations formelles, Michel Tournier opte pour une forme résolument classique. « Mon propos, écrit-il, n'est pas d'innover dans la forme, mais de faire passer au contraire dans une forme aussi traditionnelle, préservée et rassurante que possible une matière ne possédant aucune de ces qualités. » (Le Vent Paraclet, 1977)

Écrivain par compensation

Michel Tournier naît à Paris le 19 décembre 1924 dans une famille aisée. Son éducation est profondément marquée par la culture allemande, la musique et la religion catholique. Son père est directeur général du Bureau international des éditions de musique (BIEM) chargé de la gestion des droits d'auteur de la musique enregistrée et sa mère est une ancienne universitaire germaniste. Il fait ses études au collège Saint-Eremberg de Saint-Germain-en-Laye de 1935 à 1937 puis, pendant un an, chez les pères d'Alençon qui lui inspireront les personnages d'Abel Tiffauges dans Le Roi des aulnes et d'Alexandre Surin dans Les Météores (1975). Plus tard, au lycée Pasteur, il a comme condisciples Roger Nimier et Gilles Deleuze. Il découvre la philosophie grâce aux cours de Maurice de Gandillac et à la lecture des œuvres de Gaston Bachelard. Il s'inscrit à la faculté de droit et lettres de la Sorbonne et prépare un DES de philosophie. En 1946, il est un des premiers chercheurs à retourner en Allemagne. Jusqu'en 1949, il étudie la philosophie allemande à l'université de Tübingen.

Michel Tournier

Michel Tournier

photographie

Optant pour une forme résolument classique, Michel Tournier renoue, dans ses grands ouvrages, avec le roman de formation et les archétypes mythiques propres au conte. 

Crédits : Philippe Matsas/ Opale/ Leemage

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De retour en France, il prépare en 1950 l'agrégation. Son échec au concours est pour lui un choc profond. Il décide de renoncer à la carrière d'enseignant. « Je suis devenu écriva [...]

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CRÉATION LITTÉRAIRE

  • Écrit par 
  • Gilbert DURAND
  •  • 11 585 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre «  Genèse du mythe, génie du lieu »  : […] » est, dans Le Roi des Aulnes de Michel Tournier, l'odyssée d'Abel Tiffauges qui, parti d'un garage parisien, trouve son lieu propre dans cette « Napola » située dans un Burg perdu dans les tourbières de Poméranie. Comme si le personnage de l'ogre, et son modèle français Gilles de Rais – que Tournier […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/creation-litteraire/#i_80190

LE ROI DES AULNES, Michel Tournier - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Philippe DULAC
  •  • 1 004 mots
  •  • 1 média

Dans Vendredi, ou les Limbes du Pacifique, son premier roman paru en 1967, Michel Tournier avait « réécrit » l'histoire de Robinson Crusoé, donnant au mythe forgé par Daniel Defoe une dimension philosophique et l'ajustant à des interrogations plus […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-roi-des-aulnes/#i_80190

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Pour citer l’article

Frédéric MAGET, « TOURNIER MICHEL - (1924-2016) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-tournier/