SERVET MICHEL (1511-1553)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Né en Espagne, à Villanueva de Sigena (province de Huesca) — et, à ce titre, connu aussi sous le nom de Michel de Villeneuve —, Servet fit ses études à Saragosse et à Toulouse, puis gagna l'Italie ; secrétaire du confesseur de Charles Quint, il suivit ce dernier à Augsbourg et dès lors, en différentes villes d'Allemagne, rencontra plusieurs des réformateurs : Melanchthon, Bucer, Œcolampade, Capiton. À vingt ans, sa pensée religieuse est déjà polarisée par le dogme de la Trinité, qu'il rejette. Son De Trinitatis erroribus (Haguenau, 1531) heurte même ses amis protestants. Venu à Paris pour y étudier la médecine, il publie un ouvrage (1537) où s'amorce la découverte ultérieure de Harvey sur la circulation du sang. Devenu correcteur typographique chez un imprimeur de Lyon, il s'attache ensuite (1540) comme médecin à Pierre Paulmier, archevêque de Vienne. S'étant lié à Paris avec Calvin, il entretient avec lui une correspondance théologique, dont le dogme de la Trinité est l'objet principal ; les objections et réfutations de Calvin n'entament pas ses convictions. La Christianismi restitutio qu'il publie anonymement à Vienne en 1553 apparaît, dans son titre même, comme une réplique à l'Institution de Calvin. La divinité du Christ y est niée en même temps que le dogme trinitaire. Un ami de Calvin dénonce Servet à l'Inquisition comme auteur du livre qui fait scandale. Arrêté et emprisonné, Servet est condamné à Vienne le 7 juin 1553 ; mais il n'est brûlé qu'en effigie, s'étant évadé deux mois plus tôt. Il finit par se cacher à Genève, où il a des amis ; mais il est vite reconnu et arrêté par les calvinistes, le 13 août. Le procès dont il est l'objet donne lieu à un tel affrontement entre adversaires et partisans de Calvin qu'il est difficile à celui-ci d'empêcher l'exécution de l'ami dont sans hésiter il dénonce les erreurs doctrinales. Michel Servet est donc brûlé comme hérétique à Champel, près de Genève, le 26 octobre 1553.

—  André DUVAL

Écrit par :

Classification


Autres références

«  SERVET MICHEL (1511-1553)  » est également traité dans :

ASTROLOGIE

  • Écrit par 
  • Jacques HALBRONN
  •  • 13 309 mots

Dans le chapitre « Autour de l'almanach »  : […] L'astrologie a souvent été intimement liée au calendrier et s'est parfois confondue avec lui. Elle a été évidemment affectée – dans ses formulations les plus primaires (correspondance jour de la semaine-planète) – par la réforme du calendrier grégorien, en 1582, qui modifiait les correspondances entre jours et phénomènes cosmiques ou météorologiqu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/astrologie/#i_11276

CALVIN JEAN (1509-1564)

  • Écrit par 
  • Jean CADIER, 
  • André DUMAS
  •  • 5 315 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Lutte sur deux fronts »  : […] Au cours des années (1541-1564) que Calvin a consacrées à Genève, il n'a guère connu que des luttes. Son labeur était considérable. Il assurait chaque jour une prédication à la cathédrale Saint-Pierre, plus un enseignement théologique. Peu à peu, par ses écrits, il donnait une structure à la doctrine de la Réforme, en précisait les données. Sa corr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-calvin/#i_11276

CIRCULATOIRES (SYSTÈMES) - Appareil circulatoire humain

  • Écrit par 
  • Claude GILLOT, 
  • Jean PAUPE, 
  • Henri SCHMITT
  • , Universalis
  •  • 16 940 mots
  •  • 13 médias

Dans le chapitre « Description »  : […] La notion d'appareil circulatoire est une acquisition relativement récente, puisque le terme « artère » consacre de nos jours encore l'erreur des anciens auteurs qui croyaient, avec Hippocrate, que l'air pulmonaire était conduit dans le corps par les vaisseaux. Claude Galien fut le premier à y reconnaître la présence du sang, mais c'est seulement e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/circulatoires-systemes-appareil-circulatoire-humain/#i_11276

UNITARISME

  • Écrit par 
  • Bernard ROUSSEL
  •  • 1 631 mots

Dans le chapitre « Les options doctrinales »  : […] À Nicée (325) et à Chalcédoine (451), des assemblées avaient adopté, quant au statut divin du Christ et à son identité, des formules reçues ensuite comme normatives par la quasi-totalité des Églises occidentales : « vrai Dieu de vrai Dieu [...] consubstantiel au Père » ; « un seul et même Fils vraiment Dieu et vraiment homme [...]  ; un seul et mêm […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/unitarisme/#i_11276

Pour citer l’article

André DUVAL, « SERVET MICHEL - (1511-1553) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-servet/