COLOMBE MICHEL (1430 env.-env. 1512)

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Sculpteur français, probablement frère puîné de l'enlumineur berrichon Jean Colombe, Michel Colombe s'établit à Tours. Sa première œuvre connue est une médaille frappée de Louis XII, offerte à ce prince en 1500 par la ville de Tours et pour laquelle il a collaboré avec Jean Chapillon. Il est presque septuagénaire lorsqu'il devient sculpteur d'Anne de Bretagne qui lui commande le tombeau monumental de son père François II, duc de Bretagne et de Marguerite de Foix, femme de celui-ci, pour l'église des Carmes à Nantes. L'ouvrage a été exécuté par Colombe, de 1502 à 1507, à partir d'un dessin de Jean Perréal avec l'aide de son neveu Guillaume Regnault et de son élève Jean de Chartres. Sauvé durant la Révolution, le monument se trouve actuellement dans la cathédrale de Nantes où il a été reconstitué. Il est de forme quadrangulaire. Les gisants sont couchés sur une dalle de marbre noir. Des statuettes d'apôtres dans des niches ornent le pourtour du tombeau. Aux angles se trouvent de grandes statues des Vertus qui constituent le chef-d'œuvre de Colombe. Celui-ci est encore l'auteur, en 1508-1509, d'un relief en marbre, un Saint Georges terrassant le dragon franchement italianisant, pour la chapelle du château de Gaillon ; il est aujourd'hui au Louvre.

Lorsque, devenue veuve, Marguerite de Savoie commanda pour l'église de Brou un tombeau destiné à son mari Philibert II le Beau, Jean Perréal, qui en avait fait le dessin, voulut s'adresser encore à Michel Colombe, mais le sculpteur, octogénaire, ne paraît pas même avoir exécuté la maquette pour laquelle il s'était engagé.

Michel Colombe symbolise parfaitement, malgré le petit nombre de ses œuvres connues, la fin de l'art gothique et l'avènement de l'italianisme en France.

—  Pierre DU COLOMBIER

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  • Alain ERLANDE-BRANDENBURG
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Pour citer l’article

Pierre DU COLOMBIER, « COLOMBE MICHEL (1430 env.-env. 1512) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-colombe/