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MIAMI

États-Unis : carte administrative

États-Unis : carte administrative

Ville portuaire située sur la baie de Biscayne, au sud-est de la Floride, abritée de l’océan par un chapelet d’îlots (les keys), Miami (453 000 habitants en 2016) est à la tête de la septième agglomération des États-Unis (6,15 millions d’habitants) et s’étale sur 200 kilomètres le long de la côte atlantique, principalement vers le nord de la ville jusqu’à North Palm Beach. Capitale du tourisme balnéaire et de croisière à l’échelle internationale, Miami, première ville hispanique du pays, est également un centre économique et culturel de premier ordre et la plaque tournante des liaisons entre les États-Unis et l’Amérique latine.

Occupé par les Indiens tequesta, le site de la baie de Biscayne, à l’embouchure de la Miami River, est exploré par les Espagnols dès le xvie siècle. Il faut toutefois attendre la cession de la Floride aux États-Unis en 1819 pour que les premiers colons s’installent, à la fois sur les îles fermant la baie, mais également sur le continent : Anglais, Espagnols venus de Saint Augustine, située plus au nord, et autres rescapés des nombreux naufrages qui surviennent régulièrement dans cette région des keys particulièrement dangereuse pour la navigation. Mais le site est également convoité par les Indiens séminoles. Leur défaite à la suite de la guerre avec les États-Unis (1835-1842), la plus dévastatrice pour les Indiens dans l’histoire américaine, permettra l’installation permanente d’un premier village, nommé Miami, mot indien qui signifie « eau douce » ; il comptait quatre-vingt-seize âmes en 1844. Le développement piétine jusqu’à la fin du xixe siècle, malgré l’implantation de nouveaux villages sous l’impulsion de l’État fédéral : Coconut Grove, Biscayne…

Grâce à la volonté de la femme d’affaires Julia Tuttle, la « mère de Miami », la cité est desservie par le chemin de fer en 1896, ce qui entraîne un premier essor et la fondation officielle de la ville. Dès 1913, un pont est construit entre Miami et l’île qui l’abrite de l’océan : Miami Beach y est édifiée, propulsée par le laxisme des autorités locales face à la prohibition, qui attire une population nombreuse. La cité passe de 5 000 à 110 000 habitants entre 1910 et 1930 et peine à intégrer l’afflux d’arrivants. L’ouragan meurtrier de 1926 et la crise économique de 1929 freinent la frénésie immobilière, qui reprend dans les années 1930, période de l’édification du quartier Art déco de Miami Beach.

L’attaque de la Navy par les sous-marins allemands lors de la Seconde Guerre mondiale impose Miami comme base de défense et d’entraînement pour l’ensemble du golfe du Mexique, amenant après la guerre un nouvel afflux de population dans l’agglomération.

Mais les plus fortes croissances de la cité interviennent à partir des années 1960. Privés de leurs biens par la mise en place du régime castriste dans leur pays, 400 000 Cubains s’installent dans le comté de Dade entre 1960 et 1973, tout particulièrement à Little Havana – à l’ouest de Downtown Miami –, considéré comme la deuxième ville cubaine après La Havane. Les tensions raciales des années 1960, communes à toutes les grandes villes américaines, n’épargnent pas Miami, attisées ici par cette arrivée massive de populations hispaniques, à nouveau nourrie en 1980 par l’exode depuis le port de Mariel (le Mariel Boatlift), amenant quelque 150 000 Cubains supplémentaires (une population pauvre, cette fois, et souvent sortie des prisons et des hôpitaux psychiatriques cubains). L’arrivée des réfugiés haïtiens dans les années 1980, fondant le quartier de Little Haïti au nord de Downtown, et de nombreux immigrants du monde entier (d’Amérique latine, d’Asie, d’Europe) entraîne le départ massif vers les banlieues des populations blanches non hispaniques – on parle alors du white flight[...]

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

États-Unis : carte administrative

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Autres références

  • ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Le territoire et les hommes) - Géographie

    • Écrit par Jacqueline BEAUJEU-GARNIER, Catherine LEFORT, Laurent VERMEERSCH
    • 19 922 mots
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  • TOURISME

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Voir aussi