BROEDERLAM MELCHIOR (mort apr. 1409)

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Le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, entré en possession du comté de Flandre en 1384, garda à son service Melchior Broederlam, qui avait été peintre et valet de chambre de Louis de Mâle, père de son épouse, la duchesse Marguerite de Flandre. Les articles de comptes nous présentent surtout Broederlam comme un décorateur, chargé de peindre sur étendards, bannières, gonfanons et harnois de joute les armoiries et la devise du duc. De 1389 à 1391, Broederlam fut occupé au fabuleux château de Hesdin en Artois à orner le pavillon de la « gloriette » et les « galeries d'esbattements ». Il ne reste aucune trace de ces travaux décoratifs. Broederlam est cependant connu comme auteur des panneaux de l'un des deux retables de la chartreuse de Champmol sculptés par Jacques de Baerze, qu'il peignit à Ypres de 1393 à 1399 : ces œuvres constituent d'importants jalons de la peinture pré-eyckienne. Au revers des volets du Retable de la Passion, conservé au musée des Beaux-Arts de Dijon, sont représentées quatre scènes de l'enfance du Christ, aux couleurs vives rehaussées de l'éclat des ors, caractéristiques du « style gothique international » des environs de 1400. Comme sur les enluminures de Jacquemart de Hesdin, la recherche de la profondeur fait s'échelonner en perspective montante dans les paysages de la Visitation et la Fuite en Égypte une nature encore conventionnelle, dominée par des pics rocheux que couronnent des châteaux forts, se profilant sur un ciel d'or où volent des anges. L'architecture crénelée du temple de la Présentation de même que l'oratoire de l'Annonciation vu en diagonale sont empruntés, avec leur teinte rose, à la peinture siennoise. La Vierge, sur son âne, tout de bleu vêtue, enveloppe tendrement l'Enfant Jésus de son manteau, dont l'élégant jeu de courbes se rattache à la tradition des enlumineurs parisiens du xive siècle ; auprès d'elle saint Joseph fait figure de paysan lourdaud et boit à la régalade : on attribue généralement au tempérament réaliste du peintre flamand le pittoresque de ce geste.

—  Pierre QUARRÉ

Écrit par :

  • : conservateur en chef des musées de Dijon, chargé de cours à la faculté des lettres et sciences humaines de Dijon, vice-président de la Commission régionale des monuments et richesses artistiques de Bourgogne

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BAERZE JACQUES DE (fin XIVe s.)

  • Écrit par 
  • Alain ERLANDE-BRANDENBURG
  •  • 299 mots

Le sculpteur sur bois Jacques de Baerze est connu par la commande que lui passa Philippe le Hardi en 1390. Le duc de Bourgogne avait en effet pu admirer deux retables, l'un dans l'église de Termonde placé près du grand autel, l'autre à l'abbaye de la Biloke à Gand, et manifesta le désir d'en obtenir une reproduction identique pour le maître-autel de la chartreuse qu'il venait de faire construire à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/baerze-jacques-de/#i_48449

Pour citer l’article

Pierre QUARRÉ, « BROEDERLAM MELCHIOR (mort apr. 1409) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/melchior-broederlam/