BECKMANN MAX (1884-1950)

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L'œuvre de Max Beckmann occupe une place exceptionnelle dans l'art du xxe siècle. Dans un contexte largement dominé par le développement de l'abstraction, il est resté tout au long de sa carrière un fervent partisan de la figuration. Témoin privilégié d'une époque qui aura connu le désastre de deux guerres mondiales, Beckmann n'a jamais cessé de vouloir représenter la condition humaine universelle, thème central de son œuvre, tout en rendant compte du présent historique. Les rapports qu'il entretient avec la tradition picturale européenne, comme avec les avant-gardes de son époque, sont complexes. Figure isolée au sein de l'histoire de l'art moderne, la réception de son œuvre ne fut pas aisée et son interprétation longtemps problématique, notamment en raison d'un style jugé parfois agressif et dérangeant, et d'une iconographie combinant différents registres dans un syncrétisme personnel déroutant. Le regard qu'il pose, dans ses représentations d'un monde en plein bouleversement, sur l'existence humaine et sur la nature conflictuelle de l'être humain, demeure cependant, aujourd'hui encore, d'une intensité inégalée.

Formation et affirmation de soi

Né le 12 février 1884 à Leipzig, Max Beckmann montre très tôt une forte personnalité, ainsi qu'une vocation précoce. Il entre à l'âge de seize ans à l'École des beaux-arts de Weimar où il reçoit, sous le professorat de Carl Frithjof Smith, une solide formation classique. Il s'intéresse alors à la peinture moderne récente, à l'œuvre de Munch, de Cézanne, de Van Gogh et des impressionnistes. En 1903, il séjourne à Paris. Opposé au formalisme des imitateurs de l'impressionnisme, il lui préfère un art « qui donne directement accès à ce qu'il y a d'atroce, de vulgaire, de grandiose, d'ordinaire, de banal et de grotesque dans la vie. Un art qui puisse nous être toujours immédiatement présent dans ce que la vie a de plus réel ». Durant son séjour en France, il se rend à Colmar où il voit le retable d'Issenheim peint par Matthias Grünewald qui aura une profonde influence sur son œuvre, [...]

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Écrit par :

  • : D.E.A. en esthétique et sciences de l'art de l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, doctorante à l'École des hautes études en sciences sociales, Centre d'histoire et théorie de l'art

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Autres références

«  BECKMANN MAX (1884-1950)  » est également traité dans :

MAX BECKMANN. UN PEINTRE DANS L'HISTOIRE (exposition)

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  • Jean-François POIRIER
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En organisant une superbe exposition consacrée à Max Beckmann (1884-1950) au Centre Georges-Pompidou (10 septembre 2002-6 janvier 2003), la France rendait pour la première fois hommage à un peintre allemand qui, avant de rompre définitivement avec l'Europe en 1945, avait éprouvé une forte attirance pour Paris au point d'y louer un atelier en 1929. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/max-beckmann-un-peintre-dans-l-histoire/#i_15653

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  • Lionel RICHARD
  •  • 2 142 mots

Dans le chapitre « L'objet et la technique »  : […] exception d'un Suisse, Niklaus Stoecklin, les trente-deux peintres retenus par lui étaient allemands. Pour la plupart, ils étaient assez bien connus : Max Beckmann, Otto Dix, George Grosz, Alexander Kanoldt, Carlo Mense, Georg Scholz, Georg Schrimpf, entre autres. En majorité, ils avaient été plus ou moins liés au mouvement expressionniste. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nouvelle-objectivite/#i_15653

Pour citer l’article

Aurelia ELIS, « BECKMANN MAX - (1884-1950) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 octobre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/max-beckmann/