LIEBERMANN MAX (1847-1935)

Peintre allemand, l'un des représentants, avec Slevogt et Corinth, de ce que l'on appelle à tort l'impressionnisme allemand. Né à Berlin, fils d'une riche famille de fabricants, Liebermann fait ses études, de 1868 à 1872, à l'École des beaux-arts de Weimar. Très impressionné par Mihaly Munkácsy, qu'il rencontre à Düsseldorf, il peint en 1872 ses Plumeuses d'oies (Nationalgalerie, Berlin), grande toile directement inspirée par Les Faiseuses de charpie du peintre hongrois. De 1873 à 1878, il travaille à Paris ; dès cette époque, il prend l'habitude de séjourner pendant les mois d'été en Hollande, où il étudie la peinture de Frans Hals, dont l'influence sur son œuvre est considérable. Il se rend ensuite à Munich, où il fréquente le cercle de Wilhelm Leibl, puis, en 1884, il s'installe définitivement à Berlin. Élu à l'Académie des beaux-arts en 1889, il devient en 1898 président de la Sécession qui vient d'être fondée dans la ville. En 1933, son origine juive l'oblige à se retirer de la vie publique.

Réaliste à ses débuts, tant par le choix de sujets tirés de la vie du peuple que par les tonalités sombres de ses tableaux (inspiration qui se retrouve encore dans les grandes toiles peintes vers 1890, comme La Femme à la chèvre, Nouvelle Pinacothèque, Munich), Liebermann a adopté par la suite une palette plus claire et s'est attaché à la représentation des jeux de la lumière et de l'ombre, dans ses vues de cafés en plein air, d'allées de parcs, de jardins d'orphelinats en Hollande (Le Marchand de perroquets, 1902, musée Folkwang, Essen). S'il est certain que l'exemple des impressionnistes a favorisé, sinon provoqué cette évolution, l'art de Liebermann reste d'un esprit très différent (si l'on pouvait parler d'impressionnisme allemand, ce serait plutôt à propos de peintres comme le Stuttgartois Pleuer). Après 1900, il devient de plus en plus le peintre en vogue de la grande bourgeoisie libérale de Berlin, dont il fut alors le portraitiste attitré.

—  Pierre VAISSE

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  • : professeur d'histoire de l'art à l'université de Genève

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Dans le chapitre « L'opposition à l'impressionnisme »  : […] critères de valeur, lesquels critères, selon lui, reviennent à obtempérer aux goûts de Max Liebermann et à ne défendre que des « artistes vieille mode ». La « jeune génération », précise Nolde, ne supporte plus de voir les tableaux de Liebermann. Elle en est « saturée ». Elle considère que son œuvre, « pas seulement ses travaux actuels, mais pas […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/expressionnisme/#i_31519

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Pierre VAISSE, « LIEBERMANN MAX - (1847-1935) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/max-liebermann/