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MIHALOVICI MARCEL (1898-1985)

Compositeur français originaire de Roumanie, Marcel Mihalovici comptait parmi les quelques figures du monde musical qui ont traversé le xxe siècle en conservant une indépendance artistique totale, sans rester pourtant en marge des grands courants créateurs.

Né à Bucarest le 22 octobre 1898, il fait des études générales approfondies dans sa ville natale et commence à composer dès l'âge de onze ans. Il travaille le violon avec Franz Fischer et Bernard Bernfeld, un élève de Georges Enesco, puis l'harmonie et le contrepoint avec Dimitri Cuclin et Robert Cremer, deux disciples de Vincent d'Indy. Sa rencontre avec Enesco va décider de la suite de sa carrière. Sans jamais compter parmi ses élèves, il deviendra son héritier spirituel au travers d'une longue amitié, particulièrement renforcée lors des dernières années de la vie d'Enesco à Paris. Suivant les conseils de son aîné, Mihalovici vient à Paris en 1919, où il s'inscrit à la Schola cantorum, travaillant le violon avec Nestor Lejeune, l'harmonie avec Léon Saint-Réquier, le chant grégorien avec Amédée Gastoué et la composition avec Vincent d'Indy. Ces six années d'études cultivent une ouverture intellectuelle et une curiosité naturelle qui vont l'amener à s'intéresser à la plupart des nouvelles tendances de la création musicale, alors foisonnante. Dès 1921, il reçoit en Roumanie le deuxième prix de composition Georges Enesco pour sa Sonate pour violon et piano no 1 qui, remaniée en 1927, sera créée deux ans plus tard par Georges Enesco et Clara Haskil. En 1928, il fonde, autour de l'éditeur Michel Dillard (La Sirène musicale), l'école de Paris, qui réunit d'autres compositeurs étrangers fixés à Paris, le Tchèque Bohuslav Martinů, le Suisse Conrad Beck et le Hongrois Tibor Harsányi. Peu après viendront se joindre à eux le Polonais Alexandre Tansman, les Russes Alexandre Tcherepnine et Igor Markevitch et l'Autrichien Alexandre Spitzmüller. Aucun lien esthétique ne rapprochait ces musiciens, unis seulement par leur exil et une solide amitié.

Infatigable animateur, Mihalovici participe, en 1932, à la fondation du Triton, une société de musique contemporaine qui allait réunir les compositeurs les plus en vogue de l'époque : Darius Milhaud, Jacques Ibert, Jean Rivier, Pierre-Octave Ferroud, Henri Tomasi, Serge Prokofiev, Arthur Honegger, Tibor Harsányi... Le Triton occupera, pendant les années1930, une place essentielle dans la vie musicale parisienne, devenant une sorte de vitrine de la nouvelle musique. L'expérience ayant tourné court après quelques années, Mihalovici s'engage dans une nouvelle voie, fondant l'A.M.C. (Association de musique contemporaine), qui donnera des concerts pendant la saison 1939-1940. Durant l'Occupation, Mihalovici se réfugie dans le Midi et revient à Paris à la Libération, où il s'impose rapidement comme l'une des figures marquantes du monde musical. Il épouse la pianiste Monique Haas. En 1955, il reçoit la nationalité française et le prix Ludwig Spohr à Brunswick. De 1959 à 1962, il enseigne la morphologie musicale à la Schola cantorum. En 1964, il devient membre correspondant de l'Institut de France. Deux ans plus tard, il reçoit le prix Georges Enesco de la S.A.C.E.M., qui lui attribue son Grand Prix en 1979 pour l'ensemble de son œuvre.

La diversité de la production de Mihalovici interdit de le cataloguer dans quelque mouvement que ce soit. Ce « jeune loup » de l'entre-deux-guerres n'est jamais devenu un nostalgique du passé. Hostile aux expériences de l'avant-garde, il savait détecter chez les compositeurs des générations montantes les qualités fondamentales susceptibles d'assurer un avenir à certains d'entre eux. Cette lucidité se retrouve dans son œuvre, qui est restée fidèle à ses origines, même si la langue utilisée a naturellement évolué.[...]

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Écrit par

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • HAAS MONIQUE (1909-1987)

    • Écrit par Alain PÂRIS
    • 505 mots

    Le grand-père de Monique Haas était natif du Palatinat, mais c'est dans une famille française qu'elle voit le jour, à Paris, le 20 octobre 1909. Attirée très tôt par la musique, elle fait ses études au Conservatoire national supérieur de Paris, où elle est l'élève de Lazare-Lévy (piano), ...

Voir aussi