ECKHART MAÎTRE (1260 env.-env. 1327)

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Le théologien de la mystique

L'œuvre d'Eckhart est difficile à aborder. Les écrits latins sont de caractère très métaphysique, et la forme scolastique y est assez déconcertante. Pourtant, la pensée d'Eckhart n'y est point purement spéculative : elle est hantée de préoccupations spirituelles et cherche à rejoindre et à intégrer les bases mêmes de l'expérience mystique. À cet égard, Eckhart est souvent mal servi par la langue trop technique de la théologie de son temps. Quant aux écrits allemands, ils utilisent une langue encore en formation, très concrète et peu faite pour l'expression des réalités spirituelles.

Pour traduire les données de l'expérience mystique, Eckhart use peu du symbole, familier à tant de ses émules. Il a plus volontiers recours à des formules violemment paradoxales qui, en isolant et majorant l'un des aspects de la réalité, deviendraient dangereuses et fausses si on les prenait au pied de la lettre et sans les corriger par le contexte, comme le fit notamment la bulle de condamnation.

De la déité à Dieu

Sa doctrine consiste en des spéculations sur l'être, lequel, pris absolument, s'identifie à Dieu. Eckhart distingue, d'une manière formelle et non réelle, la déité et Dieu. La déité, c'est l'essence divine absolue, isolée en son aséité, au-dessus de tout nom, de tout rapport, et dont nous ne pouvons rien affirmer, sinon qu'elle est unité. On ne peut donc en parler qu'en termes de théologie apophatique négative, de telle sorte que même les termes d'être et de bonté, tels qu'ils sont dans le langage humain, ne sauraient lui convenir. Dieu, au contraire, c'est la déité en tant qu'elle entre en rapport. Elle s'engage d'abord dans un premier rapport interne et nécessaire avec elle-même, qui aboutit à la procession des personnes divines de la Trinité. Les personnes s'écoulent sans cesse de l'essence divine et y refluent éternellement. En outre, la déité devi [...]

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ANALOGIE

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SUSO (entre 1296 et 1302-1366)

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  • Maurice de GANDILLAC
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Comme Suso et dans le même milieu que lui, les couvents et les paroisses citadines de Rhénanie, Tauler fut avant tout prédicateur et directeur de conscience. Avec Suso, il fut l'un des plus célèbres disciples et continuateurs de Maître Eckhart. Néanmoins, estimé de Luther, Tauler échappera aux méfiances de Bossuet à l'égard des mystiques de l'école dionysienne. Après avoir été condamné en 1329, l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/johann-tauler/#i_39033

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Pour citer l’article

Louis COGNET, « ECKHART MAÎTRE (1260 env.-env. 1327) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/maitre-eckhart/