LOCUTEUR

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Dans le schéma de communication, on donne le nom de locuteur à la personne qui parle ; on l'appelle aussi parfois émetteur ou destinateur. Le locuteur s'oppose alors à l'auditeur ou, dans ces autres terminologies, au récepteur ou destinataire. La notion de locuteur a l'avantage de cerner une fonction mobile dans la situation de parole, ce qui a des implications à la fois psycho-linguistiques et sémiotiques. Ainsi, chacun est alternativement locuteur et auditeur, ce qui suppose une attitude différente en face du code, selon que le message est encodé en vue de la production ou décodé en vue de la reconnaissance. Mais c'est aussi en fonction du locuteur que se constitue le réseau complexe des aspects ; on a alors affaire à deux perspectives possibles selon que le procès est contemporain ou non de l'acte de parole, discours ou récit, sans compter les cas où peut se produire une « énonciation seconde », c'est-à-dire le discours rapporté. Le référent advient de l'exclusion des partenaires de la communication, ce que la langue traduit par le recours à la troisième personne. Autre fonction dévolue au locuteur, la quantification des unités qu'il pose dans l'univers du discours. Mais des limitations existent en contrepartie : notamment, le locuteur ne peut s'adresser d'injonction, car le rapport pragmatique du sujet à lui-même n'obéit pas aux mêmes règles que lorsque la communication met en jeu un autre, fût-ce dans l'introspection.

Une autre dissymétrie repose sur l'aperception immédiate de sa propre pensée par le sujet, même si l'on introduit dans le schéma les distorsions de la censure : celles-ci restent alors bien en deçà des difficultés rencontrées à percer la pensée d'autrui, et le cogito cartésien, quelles que soient ses approximations sur le plan de la définition du sujet, demeure néanmoins une expérience strictement personnelle. Il s'ensuit qu'on doit reconnaître le poids non négligeable, sur l'ordre [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  LOCUTEUR  » est également traité dans :

CATÉGORIES LINGUISTIQUES

  • Écrit par 
  • Robert SCTRICK
  •  • 286 mots

Malgré les fréquents glissements que l'on constate dans l'usage et qui tendent à confondre l'emploi de ce mot avec celui de classe, on peut, au sens étroit, assigner au terme de catégories un rôle essentiellement métalinguistique : en effet, alors que la classe est l'ensemble des éléments de la langue présentant telle ou telle propriété, ce qui les rend mutuellement substituables, catégorie renvoi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/categories-linguistiques/#i_9669

CHOMSKY NOAM (1928- )

  • Écrit par 
  • Jean-Yves POLLOCK
  •  • 4 011 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le savoir linguistique »  : […] L'ensemble des travaux linguistiques de Chomsky depuis 1955 se laisse décrire comme une tentative constamment reprise pour répondre aux deux questions suivantes : 1. Comment caractériser le savoir linguistique d'un locuteur – Pierre, John, Mamuro, etc. – maîtrisant la langue de sa communauté ? 2. Comment ce savoir linguistique, cette « langue interne » (LI) est-elle acquise ? Un examen même super […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/noam-chomsky/#i_9669

COMPÉTENCE & PERFORMANCE, linguistique

  • Écrit par 
  • Louis-Jean CALVET
  •  • 388 mots

Dans la terminologie de la grammaire générative, le comportement linguistique d'un locuteur est défini par un couple de concepts : compétence, ou savoir linguistique du locuteur, et performance, ou réalisation concrète de ce savoir linguistique dans des actes de communication, qu'il s'agisse d'émission (le sujet fait des phrases) ou de réception (le sujet comprend des phrases). Si la compétence pe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/competence-et-performance-linguistique/#i_9669

DIALOGUE

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD, 
  • Robert MISRAHI
  •  • 4 420 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Du dialogisme au dialogue »  : […] À l'inverse de l'habitude, il convient donc de définir le dialogue à partir du dialogisme du discours. Les tentatives constructivistes renouent fort heureusement avec la synthèse médiévale de la logique et de la rhétorique. C. Perelman et N. Rescher montrent dans la dispute rationnelle une méthode pour conduire systématiquement une controverse, et pas seulement pour susciter la persuasion. L'écol […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/dialogue/#i_9669

ÉNONCIATION

  • Écrit par 
  • Oswald DUCROT
  •  • 7 982 mots

Dans le chapitre « Terminologie »  : […] Dire qu'une suite linguistique produite par un locuteur constitue un énoncé , c'est dire d'abord que celui-ci s'est présenté, en la produisant, comme ayant eu pour but de dire ce qui est dit en elle. Supposons que quelqu'un pose la question : « Est-ce que Pierre est venu pour voir Jean ? » Le nom Pierre ne constitue pas, ici, un énoncé à lui tout seul : […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enonciation/#i_9669

ETHNOMÉTHODOLOGIE

  • Écrit par 
  • Louis QUÉRÉ
  •  • 2 353 mots

Dans le chapitre « L'analyse de conversation »  : […] L'analyse de conversation étudie comment les interlocuteurs organisent séquentiellement leur conversation. Parmi les aspects étudiés, on peut relever : les ouvertures, les clôtures, l'initiation d'un premier thème de conversation, le passage d'un thème à un autre, ainsi que la gestion des tours de parole. Des études ont aussi été consacrées à la manière dont se font les enchaînements dans les cas […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ethnomethodologie/#i_9669

FOUS LITTÉRAIRES

  • Écrit par 
  • Jean-Jacques LECERCLE
  •  • 5 640 mots

Dans le chapitre « Situations du locuteur »  : […] Si le fou littéraire se laisse aller à quelque excès langagier, on voit qu'il ne fait que suivre l'exemple de la langue. La différence avec le locuteur « normal » est que celui-ci s'arrête plus tôt, résiste mieux aux sollicitations de son langage. Cela montre cependant la fragilité de la maîtrise du locuteur sur sa parole. Cette perte de maîtrise n'est pas le propre du fou littéraire, et l'on peu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fous-litteraires/#i_9669

FRANCE (Arts et culture) - Les langues régionales

  • Écrit par 
  • Jean SIBILLE
  •  • 3 695 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Nombre de locuteurs »  : […] Le nombre de locuteurs des différentes langues n'est pas connu avec précision. Les langues des D.O.M.-T.O.M. sont encore largement majoritaires dans les sociétés concernées, et leur transmission familiale s'avère encore vivace. Les créoles à base lexicale française comptent plus de 1 500 000 locuteurs. Le tahitien est parlé par quelque 150 000 personnes. D'autres langues de Nouvelle-Calédonie, de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-arts-et-culture-les-langues-regionales/#i_9669

LANGAGE PHILOSOPHIES DU

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre COMETTI, 
  • Paul RICŒUR
  •  • 23 532 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Le recours au langage ordinaire »  : […] La philosophie du langage ordinaire a en commun avec le positivisme logique la conviction que les énoncés métaphysiques sont dénués de sens. Mais elle poursuit le même but thérapeutique par un travail de clarification appliqué au langage naturel ; il résulterait de ce travail que celui-ci fonctionne correctement aussi longtemps qu'il reste contenu dans les bornes de son usage propre. Les fondatio […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philosophies-du-langage/#i_9669

LINGUISTIQUE & LITTÉRATURE

  • Écrit par 
  • Pierre KUENTZ
  •  • 5 324 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Poétiques »  : […] C'est une combinaison assez différente de linguistique et de littérature qui s'est organisée dans le domaine de la poétique, sur un système d'échanges plus que de complémentarité. On suppose ici que la réponse à la question « qu'est-ce qui fait qu'un texte littéraire est un texte littéraire ? » doit pouvoir être obtenue à l'aide de critères formels dont la linguistique est censée fournir les princ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/linguistique-et-litterature/#i_9669

LITTÉRATURE ÉPISTOLAIRE

  • Écrit par 
  • Alain VIALA
  •  • 6 820 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La communication épistolaire »  : […] Certes, la lettre présente avec la conversation des similitudes fondamentales. La situation de base est la même : dans les deux cas, il y a communication par un message verbal, auquel le destinataire peut répondre. Dans les deux cas, l'énoncé constitue un discours au sens scientifique du terme, c'est-à-dire un acte de communication privilégiant la relation entre celui qui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-epistolaire/#i_9669

MÉTAPHORE

  • Écrit par 
  • Jean-Yves POUILLOUX
  •  • 6 356 mots

Dans le chapitre « Sémantique et logique de la métaphore »  : […] Ces glissements témoignent bien qu'il fallait envisager une autre façon de considérer le terme, et en particulier qu'il était aberrant de réduire la métaphore à une substitution d'un mot à un autre. Il fallait donc reprendre la question du « sens propre » (dont Aristote dit qu'il est κ́υριος : maître...). C'est ce qu'a tenté I. A. Richards dans The Philosophy of Rhetorics (1 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/metaphore/#i_9669

NORME ET USAGE (linguistique)

  • Écrit par 
  • Catherine FUCHS
  •  • 1 201 mots

Il n'est pas de langue qui ne donne lieu à une diversité d'usages, comme en témoigne l'observation des pratiques langagières des locuteurs. Les façons de parler sont diversifiées selon le temps (changements diachroniques résultant de l'évolution de la langue), l'espace (variations géographiques dites diatopiques – dialectes et patois), les caractéristiques sociales des locuteurs (variétés dites di […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/norme-et-usage/#i_9669

DISCOURS

  • Écrit par 
  • Barbara CASSIN
  •  • 383 mots

Le terme de discours (du latin discurrere , « courir çà et là ») n'est pas à l'origine directement lié au langage. Quand, dès la fin de la latinité (cf. Codex Theodosianus , IX, xxiv , 1), discursus prend le sens de discours, c'est d'abord comme chemin hasardeux de la conversation et de l'entretien, avant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/discours/#i_9669

PERSONNE GRAMMATICALE

  • Écrit par 
  • Robert SCTRICK
  •  • 399 mots

Modalité portée, explicitement ou implicitement, par le verbe dans l'énoncé et renvoyant aux différents cas du schéma de communication. Si l'on envisage la phrase nominale, et sans tenir compte de certains éléments isolés qui peuvent à eux seuls fournir un énoncé complet (« déjà ? », « interdiction de prendre des photos »), plusieurs configurations sont possibles. On trouve d'abord le cas où l'éno […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/personne-grammaticale/#i_9669

PLURILINGUISME

  • Écrit par 
  • Penelope GARDNER-CHLOROS, 
  • Andrée TABOURET-KELLER
  •  • 9 199 mots

Dans le chapitre « Des systèmes bouleversés : alternances et langues nouvelles »  : […] Le modèle du contact interlinguistique appliqué jusqu'ici présuppose que chaque système en présence est distingué sans ambiguïté tant par les locuteurs qui l'emploient que par les linguistes qui le décrivent comme une entité aux limites précises. Un tel modèle est largement redevable au type d'objet que définissent les théories scientifiques : ici l'objet structural de la linguistique moderne ; i […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/plurilinguisme/#i_9669

PRAGMATIQUE

  • Écrit par 
  • Francis JACQUES
  •  • 6 532 mots

Dans le chapitre « Le grand bond »  : […] Avec le souci des interlocuteurs, on pouvait s'attendre à voir entrer en jeu la notion d' interaction verbale . Longtemps la question ne fut même pas posée. Et puis elle s'avança enfin à pattes de colombe, transformant notre idée du contexte. Un certain silence travaille, en effet, le discours pragmatique, dont on détermine peu à peu les contours. Que le contexte langagier so […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pragmatique/#i_9669

PROBLÈMES DE LINGUISTIQUE GÉNÉRALE II, Émile Benveniste - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Gabriel BERGOUNIOUX
  •  • 662 mots

Dans le chapitre « « L'homme dans la langue » »  : […] Tel est le cas de sa théorie de l'énonciation. Benveniste distingue deux types d'usage de la langue : cognitif (comme en logique, la langue est utilisée pour émettre des jugements indépendants du locuteur) et énonciatif. Alors que la proposition « Socrate est un homme » a une valeur universelle, la valeur de vérité de la proposition « Je suis une femme », à cause du « je » qu'elle contient, dépen […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/problemes-de-linguistique-generale-ii/#i_9669

RHÉTORIQUE

  • Écrit par 
  • Françoise DOUAY-SOUBLIN
  •  • 6 015 mots

Dans le chapitre « Perspectives »  : […] La conjoncture actuelle paraît assez favorable au retour de la rhétorique, puisque, dans trois autres disciplines au moins, la philosophie du langage, l'anthropologie culturelle et la linguistique générale, resurgissent des concepts comme discours , genres , circonstances , moment , dialogue […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rhetorique/#i_9669

STRUCTURALISME

  • Écrit par 
  • Jean-Louis CHISS, 
  • Michel IZARD, 
  • Christian PUECH
  •  • 24 036 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Principes généraux »  : […] Les écoles structuralistes en linguistique se développent à partir des années 1920 essentiellement à Prague, Copenhague et aux États-Unis. Genève et Paris (les deux villes où Saussure enseigna) donnèrent plutôt naissance à des personnalités originales, informées, mais relativement isolées. Le point de vue structural, dans ses différentes versions, dominera l'avant-garde des recherches linguistique […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/structuralisme/#i_9669

PRODUCTION SYNTAXIQUE

  • Écrit par 
  • F.-Xavier ALARIO
  •  • 1 513 mots

Dans le chapitre « La production de lapsus en situation naturelle »  : […] La production verbale est habituellement à ce point fluide et rapide qu’il n’est pas possible, à la simple audition d’un locuteur, de comprendre quels sont les mécanismes à l’œuvre dans sa production verbale. Mais des observations intéressantes peuvent être extraites des situations où les locuteurs éprouvent des difficultés et produisent des erreurs particulières comme les lapsus. Il existe de no […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/production-syntaxique/#i_9669

Pour citer l’article

Robert SCTRICK, « LOCUTEUR », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/locuteur/