SLODTZ LES

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Famille de sculpteurs. Sébastien Slodtz, le père (1655-1726), est d'origine flamande ; il s'établit dans la capitale française à une date inconnue, devient disciple de Girardon et reçoit dès 1686 des commandes importantes pour le parc de Versailles : Annibal comptant les anneaux des chevaliers romains (aujourd'hui au Louvre), Aristée et Protée, le grand vase monumental orné de tournesols de l'allée Royale. Il se classe d'emblée comme l'un des meilleurs praticiens de l'équipe royale, ce qui lui vaut de participer honorablement à la sculpture du dôme des Invalides et de la chapelle de Versailles. À Paris, il décore plusieurs maîtres-autels et travaille pour les Menus Plaisirs, où il prépare la voie à ses fils. Époux de la fille du célèbre ébéniste Cucci, il a de nombreux enfants, dont trois se font un nom dans l'histoire de la sculpture.

L'aîné, Sébastien Antoine (1695-1754), surtout connu comme dessinateur, compte dans l'épanouissement du style rocaille à la cour de France, grâce à son rôle dans les Menus Plaisirs, où il met au point les projets de décors de fêtes, de spectacles et de pompes funèbres, et grâce à sa charge officielle de dessinateur de la chambre et du cabinet du roi, qu'il reçoit à la mort de Meissonnier et qu'il transmet à ses deux frères. Il collabore étroitement avec son frère cadet Paul Ambroise (1702-1758), qui est reçu académicien en 1743 sur présentation de la Chute d'Icare, morceau plein de brio. Il travaille surtout pour les églises parisiennes ; on voit son décor le plus complet à l'église Saint-Merry : le chœur revêtu de pilastres en faux marbre de couleur, qui est doté d'une grande gloire rayonnante, et la chapelle de la Communion, avec deux grands bas-reliefs où deux anges se prosternent devant les symboles de l'Eucharistie. Ses œuvres à Rouen ont été détruites au cours de la dernière guerre, à l'exception de la fontaine du Méridien.

Le plus doué des Slodtz est sans conteste le dernier-né, René Michel, dit Michel-Ange (1705-1764). En 1728, il est pensionnaire de l'Académie de France à Rome, où il se fait remarquer par le directeur, le peintre Nicolas Vleughels, dont il sculpte un buste saisissant de vérité (musée Jacquemart-André, Paris). Complétant sa formation par l'étude de l'Antiquité et des grands baroques, il acquiert à Rome une réputation qui le retient presque vingt ans dans la Ville éternelle, où il exécute une grande partie de son œuvre, d'essence surtout religieuse : La Transverbération de sainte Thérèse, bas-relief dans lequel il transpose le groupe de Bernin (Santa Maria della Scala), des bas-reliefs et des statues à l'église du Saint-Nom-de-Marie, le colossal Saint Bruno à Saint-Pierre du Vatican, remarquable de vigueur et de tension psychologique. Il s'impose rapidement dans le domaine de la sculpture funéraire : monument de Vleughels à Saint-Louis-des-Français, mausolée du marquis Capponi à Saint-Jean-des-Florentins, orné d'une gracieuse figure méditative drapée avec art, et surtout le tombeau des archevêques de Vienne en France, qui est mis en place dans la cathédrale en 1746, deux prélats s'y rencontrent en une entrevue traitée avec un sens aigu du grandiose et du surnaturel. Précédé d'une gloire flatteuse, Slodtz revient au pays natal en 1740, mais se heurte aux intrigues de Caylus, qui soutient Bouchardon son protégé. Michel-Ange, aidé par l'amitié de Cochin, finit par faire reconnaître sa place éminente, mais les commandes affluent trop tard, car sa santé fléchit et il ne peut les honorer. À cette période française se rattachent le grand mausolée de Languet de Gergy, curé de Saint-Sulpice à Paris (œuvre in situ), lutte mystique entre la Mort et l'Immortalité. Les hauts-reliefs du porche de Saint-Sulpice témoignent de son art souple et inventif. Il est aussi l'auteur de quelques bustes de belle venue où s'affirme la parfaite maîtrise du drapé dont on le crédite à juste titre. Il perd beaucoup de temps au titre des Menus Plaisirs et, si les décors qu'il imagine font date en ce domaine, on peut regretter que le temps lui ait manqué pour achever d'autres œuvres, et notamment son morceau de réception : il n'est qu'« agréé » à l'Académie. Avec Guillaume II Coustou, il crée le décor des hôtels de la place Louis XV (Concorde), une de ses dernières [...]

Chapelle Cornaro, Bernin

Photographie : Chapelle Cornaro, Bernin

Sainte Thérèse d'Avila en extase, chapelle funéraire du cardinal Cornaro, conçue par l'Italien Bernin (1598-1680). Église Sainte-Marie-de-la-Victoire, Rome. 

Crédits : Joseph Martin, Bridgeman Images

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  • Marianne ROLAND MICHEL
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Pour citer l’article

François SOUCHAL, « SLODTZ LES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/les-slodtz/