LES CHÂTIMENTS, Victor HugoFiche de lecture

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« Écoute, je te dois, Sire, un remercîment/Sans toi je n'aurais pas fait ce livre inclément... » Écrivant ces vers des années plus tard, Victor Hugo (1802-1885) avouait, non sans ironie, sa dette envers Napoléon III. C'est en effet à Jersey puis à Guernesey, entre 1852 et 1870, qu'il compose ou achève quelques-unes de ses œuvres maîtresses : Les Contemplations (1856), La Légende des Siècles (1859), Les Misérables (1862), Les Travailleurs de la mer (1866), L'homme qui rit (1869). Mais ce sont Les Châtiments, rédigés en 1852 et publiés l'année suivante, qui restent surtout associés aux circonstances politiques de l'exil de l'écrivain, et ont le plus efficacement contribué à sa légende.

Victor Hugo à Guernesey en 1870

Victor Hugo à Guernesey en 1870

photographie

L'écrivain français Victor Hugo (1802-1885), romancier, auteur dramatique, poète, dans sa maison de Guernesey, à la fin de son exil, en 1870. 

Crédits : Hulton Getty

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« Et j'ajoute à ma Lyre une corde d'airain » (Les Feuilles d'automne).

Député conservateur depuis juin 1848, Hugo s'est peu à peu rapproché de la gauche républicaine, lorsque Louis-Napoléon Bonaparte est élu à la présidence de la République. D'abord favorable au programme social du « prince-président », il ne tarde pas à réprouver la dérive autoritaire du régime, et s'oppose farouchement au coup d'État du 2 décembre 1851. Le 11, il quitte Paris pour Bruxelles. Là, il entreprend un récit des événements, Histoire d'un crime, qu'il interrompt bientôt pour un pamphlet beaucoup plus virulent, Napoléon-le-petit, publié le 5 août 1852. Indésirable en Belgique, il s'installe à Jersey, où il poursuit la dénonciation, mais en vers cette fois, et sur un mode beaucoup plus ambitieux. Après avoir hésité entre plusieurs titres, dont Les Vengeresses, il opte finalement pour Châtiments. L'ouvrage paraît officiellement à Bruxelles le 21 novembre 1853 dans une version expurgée, tandis qu'une autre, intégrale, circule clandestinement. À dire vrai, les deux variantes passent relativement inaperçues. Ce n'est qu'en 1870, au retour du proscrit, que Les Châtiments

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Dans le chapitre « Le grand combat »  : […] La première œuvre qui naît, dans le dernier trimestre de 1852, les Châtiments, parus fin novembre 1853, révèle cette seconde naissance à laquelle on doit le plus grand Hugo. Deux fois, Hugo a été visé au cœur : la mort de sa fille fait du père un demi-fantôme, un être dont la vie se fonde sur la mort, en qui la mort est comme l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/victor-hugo/#i_30693

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Guy BELZANE, « LES CHÂTIMENTS, Victor Hugo - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-chatiments/