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EGMONT LAMORAL comte d' (1522-1568)

Membre de la maison d'Egmont originaire des Pays-Bas, Lamoral comte d'Egmont est surtout connu aujourd'hui par le drame que Goethe a écrit sur lui et par l'ouverture et la musique de scène composées par Beethoven pour ce drame. Dans l'histoire des Pays-Bas, il est l'un des premiers à souhaiter soustraire son pays à la tutelle étrangère. Il a servi loyalement l'Espagne au début de sa carrière. Il a même accompagné l'empereur Charles Quint dans son expédition contre Alger. Nommé, en raison des services rendus, capitaine général de la cavalerie royale, puis chevalier de la Toison d'or, il est l'un des protégés et des favoris de Charles Quint, dont il sait servir les intérêts et les ambitions. On le voit à la tête des armées espagnoles lancées contre la France à Saint-Quentin en 1557 et à Gravelines en 1558. Philippe II d'Espagne lui est reconnaissant d'avoir négocié avec Granvelle son mariage avec Marie Tudor et le nomme capitaine général des Flandres. Egmont espère que sa fidélité sera récompensée et que les Pays-Bas obtiendront au sein de l'Empire espagnol une place privilégiée. Il entend surtout que soient respectées les franchises locales et les libertés nationales de son pays. Or, Philippe II répond à ces espérances en installant des tribunaux d'inquisition qui mènent contre les calvinistes une lutte implacable. Déçu, le comte d'Egmont refuse alors de servir l'Espagne et il participe au soulèvement des Flandres en 1563, ce qui entraîne la disgrâce de Granvelle. L'année suivante, malgré une mission de conciliation du comte d'Egmont auprès de Philippe II, ce dernier durcit sa position et envoie aux Pays-Bas en 1567, le duc d'Albe, connu pour son fanatisme et ses méthodes expéditives. Egmont est arrêté en 1567, emprisonné pendant neuf mois et finalement décapité à Bruxelles avec le comte de Hornes pour complot et crime de lèse-majesté. La mort du comte d'Egmont, considéré par ses compatriotes comme un héros de la résistance à l'oppression étrangère et comme le premier martyr de l'indépendance des Pays-Bas, donnera le signal d'une révolution. Mais déjà, tel un symbole, la puissante famille d'Egmont avait en 1551 donné en mariage Anne d'Egmont, comtesse de Buren, à Guillaume le Taciturne, d'où est issue l'actuelle famille royale hollandaise. Ce prince, à son tour, a combattu pour faire reconnaître l'indépendance des Provinces-Unies.

— Joël SCHMIDT

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Écrit par

  • : diplômé d'études supérieures d'histoire, directeur de collections historiques

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • BELGIQUE - Histoire

    • Écrit par Guido PEETERS
    • 20 670 mots
    • 16 médias
    ...déferla sur tout le pays ; les iconoclastes appartenaient à toutes les classes de la population. Ce fut un choc pour la haute noblesse et la régente. Les comtes d'Egmont et de Hornes ainsi que Guillaume d'Orange conclurent des accords avec la petite noblesse en vue de rétablir l'ordre dans le pays....
  • GUEUX LES

    • Écrit par Raoul VANEIGEM
    • 949 mots
    • 1 média

    Né de l'opposition sociale, politique et religieuse à l'autorité de Philippe II dans les Flandres et les Pays-Bas du xvie siècle, le mouvement des « gueux » exprime à la fois le mécontentement populaire, responsable de la flambée d'iconoclasme, et les revendications des nobles...

  • HORNES ou HOORN PHILIPPE II DE MONTMORENCY-NIVELLE comte de (1524 env.-1568)

    • Écrit par Joël SCHMIDT
    • 251 mots

    Fils de Joseph de Montmorency-Nivelle et d'Anne d'Egmont, le comte de Hornes, qui a hérité de son beau-père, le second mari de sa mère, le comté de Hornes et porte son nom, appartient à la riche noblesse des Pays-Bas, et il sert loyalement l'Espagne au cours de la majeure partie...

Voir aussi