KĀMA

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le « Kāmasūtra »

Le Kāmasūtra de Vātsyāyana est le plus ancien texte de l'Érotique indienne qui nous soit parvenu. Mais il est l'aboutissement d'une tradition multiséculaire, illustrée par de nombreux maîtres, dont Vātsyāyana reprend, systématise et parfois critique la doctrine. Vātsyāyana, d'autre part, a eu des successeurs dont le plus notable est Kokkoka, auteur du Ratirahasya (« Les Mystères de la volupté », xiie s.). Le principal commentaire au Kāmasūtra est la Jayamaṅgalā de Yaśodhara (xiiie s.).

Comme tant d'autres textes de l'Inde ancienne, le Kāmasūtra lui-même ne peut être daté avec certitude. Du moins sommes-nous sûrs qu'il est antérieur au viiie siècle de l'ère chrétienne, puisqu'il en est fait état, dans le drame Mālatīmādhava de ce Bhavabhūti qui fut un des poètes de la cour du roi de Kanauj, Yaśovarman, aux environs de 740. Nous pouvons affirmer, d'autre part, qu'il est postérieur à l'Arthaśāstra de Kauṭilya, auquel il emprunte beaucoup de traits de contenu et de structure. (Mais comme la date de l'Arthaśāstra est elle-même incertaine – quelque part entre le iiie siècle avant et le ive siècle après le début de l'ère chrétienne – cette indication n'a guère de valeur pour la chronologie absolue.)

Rédigé en une prose sèche et dense, beaucoup plus cursive, cependant, que celle des « aphorismes » de la grammaire ou même du Dharma (malgré ce que donne à croire le titre, qui signifie « aphorismes sur le Désir »), le Kāmasūtra, comme l'Arthaśāstra, comporte une double division : chacun de ses sept livres (adhikaraṇa) est fait, d'une part, d'une succession de chapitres (adhyāya), eux-mêmes divisés en sūtra ; d'autre part, d'un enchaînement continu de « motifs » (prakaraṇa) ; les chapitres, qui sont deux au minimum, dix au maximum, par livre, se terminent tous par une ou plusieurs formules en vers.

Un autre trait imité de l'Arthaśāstra est que le dernier livre est aupaniṣadika (« ésotérique ») ; ce n'est pas qu'il enseignerait des voluptés secrètes : il traite des moyens artificiels, voire magiques, auxquels l'homme peut rec [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages

Médias de l’article

Peinture érotique, école rajput

Peinture érotique, école rajput
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Mariage au Népal

Mariage au Népal
Crédits : David Hanson/ The Image Bank/ Getty Images

photographie


Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section)

Classification

Autres références

«  KAMA  » est également traité dans :

INDE (Arts et culture) - L'art

  • Écrit par 
  • Raïssa BRÉGEAT, 
  • Marie-Thérèse de MALLMANN, 
  • Rita RÉGNIER
  •  • 49 132 mots
  •  • 62 médias

Dans le chapitre « Quelques traits propres à l'esthétique indienne »  : […] Sous des dehors naturalistes, l'art indien est foncièrement intellectuel. La création artistique commence par la projection à l'extérieur de soi de ce que l'on connaît des êtres et des choses. Par la concentration spirituelle, l' artiste s'égale au mystique et s'identifie au divin, ce qui lui permet de « penser » un type idéal, aux proportions et aux attitudes conformes aux canons, compte tenu des […] Lire la suite

TANTRISME

  • Écrit par 
  • André PADOUX
  •  • 9 466 mots

Dans le chapitre « Rites et pratiques ; la « kuṇḍalinī » »  : […] Le tantrisme hindou ou bouddhique a ajouté à ces deux religions une dimension supplémentaire par l'extrême développement d'un rituel lié à des pratiques corporelles, mentales et de yoga particulières. La pratique tantrique « opérante et efficace » ( sādhana , de la racine sanskrite sādh , accomplir, effectuer) implique l'homme entier, corps et esprit, dans l'acte qu'il accomplit ou, plus exactemen […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Charles MALAMOUD, « KĀMA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/kama/