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LE ROY JULIEN DAVID (1724-1803)

Julien-David Le Roy, dernier professeur de l'Académie d'architecture supprimée en 1793, appartenait à une célèbre famille de scientifiques. Connu surtout pour son ouvrage Les Ruines des plus beaux monuments de la Grèce, il fut un des plus importants théoriciens de l'architecture du xviiie siècle et le principal lien entre l'enseignement de l'Académie d'architecture et celui de l'École des beaux-arts.

Une famille des Lumières

La famille Le Roy se composait de Julien Le Roy (1686-1759), horloger du roi, et de ses quatre fils : Pierre (1717-1785), horloger du roi et membre de l'Académie d'Angers ; Jean-Baptiste (1720-1800) membre des Académies des sciences et de la marine, de la Royal Society, de l'American Philosophical Society et de l'Institut de France ; Julien-David (1724-1803), membre des Académies d'architecture, des inscriptions et belles-lettres et de la marine, de l'Institut de Bologne, de l'American Philosophical Society, de la Society of Antiquaries of London et de l'Institut de France ; et Charles (1726-1779), conseiller du roi, professeur de médecine à l'université de Montpellier, agrégé de la faculté de Médecine de Paris, membre de l'Académie des sciences, de la Royal Society, de la Société royale de médecine et des Académies de Montpellier, Nîmes et Toulouse. C'est donc avec justesse qu'un contemporain avait noté qu'on « n'avait peut-être jamais vu tant de titres académiques dans quatre personnes d'une même famille. »

Les travaux des Le Roy étaient très divers. Ils participaient pleinement aux principaux débats scientifiques des Lumières et s'intéressaient à la technologie appliquée aux problèmes d'utilité publique. Julien Le Roy était exemplaire de ces tendances ; il fut reconnu de son vivant comme celui qui avait redonné la première place à l'horlogerie française. Il était un des fondateurs et le directeur de l'éphémère Société des arts au début des années 1730, établissement s'occupant de recherches en rapport avec la navigation et le perfectionnement d'instruments de précision. Les travaux de Julien Le Roy exigeaient des connaissances d'astronomie et de physique très étendues et son œuvre fut poursuivie avec génie par son fils aîné. Le nom de Pierre Le Roy est étroitement lié au perfectionnement des montres marines permettant de déterminer les longitudes, et ses recherches furent couronnées par l'Académie des sciences en 1769. La physique fut également cultivé par Jean-Baptiste Le Roy, auteur d'une centaine d'articles sur les arts mécaniques pour l'Encyclopédie. Ses intérêts divers s'étendaient à la détermination de la meilleure manière d'éclairer les rues de Paris et à l'organisation hygiénique des hôpitaux. Il fut un ami proche de Benjamin Franklin et le plus important partisan en France de ses idées sur l'électricité. Il étudiait l'utilisation des paratonnerres sur les bâtiments et les navires ainsi que l'application de l'électricité à l'étude des phénomènes de la vision. Charles Le Roy partageait cet intérêt pour la fonction des organes des sensations, publiant des mémoires sur la manière dont l'œil s'adapte pour apprécier les distances. Cette évocation de son milieu familial est indispensable car c'est par rapport à celui-ci que se situent les expériences conduites sur la propulsion et les voilures de navires par Julien-David Le Roy entre 1763 et 1787, ainsi que les idées théoriques qu'il élabora dans ses principaux écrits sur l'architecture.

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Écrit par

  • : diplômé en architecture de l'université de Toronto, Master of Philosophy de l'université Columbia, New York

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • DUFOURNY LÉON (1754-1818)

    • Écrit par Christopher Drew ARMSTRONG
    • 1 287 mots

    Fils d'un marchand de tissus parisien qui fit fortune en investissant dans une forge au début de la guerre de Sept Ans, Léon Dufourny bénéficia du patrimoine familial pour se livrer à ses recherches architecturales avec une liberté quasi absolue durant toute sa vie. Il occupa une position importante...

Voir aussi