TOLAND JOHN (1670-1722)

Libre-penseur, John Toland obligea, par sa philosophie rationaliste, à prendre sérieusement en considération les questions que pose le canon biblique.

Né le 30 novembre 1670 dans le comté de Donegal, en Irlande, John Toland est élevé dans la foi catholique, mais se convertit à l'anglicanisme avant l'âge de vingt ans. Il fréquente les universités de Glasgow, d'Édimbourg, de Leiden et d'Oxford entre 1687 et 1695. En 1696, il publie le célèbre Christianity Not Mysterious (Le Christianisme sans mystères), dans lequel il s'efforce de montrer qu'il n'est pas nécessaire de croire dans certaines doctrines bibliques pour les comprendre mais qu'au contraire elles sont parfaitement intelligibles pour la raison humaine sans l'aide d'aucune révélation divine. L'ouvrage déclenche un flot de protestations, et Toland est traduit en justice dans le Middlesex. Après s'être enfui à Dublin, le théologien apprend que le Parlement irlandais à condamné son texte et ordonné son arrestation. Toland se résigne donc à rentrer en Angleterre.

Presque aussitôt, il se lance dans la rédaction de Life of Milton (1698), qui relance la polémique à cause d'un passage semblant mettre en doute l'authenticité du Nouveau Testament. Il publie l'année suivante Amyntor, or a Defence of Milton's Life, dans lequel il tente de se défendre en dressant la liste des textes apocryphes exclus depuis longtemps du canon biblique.

Dans Origines Judaicae (1709, « Origines des Juifs »), Toland prétend que le peuple juif est d'origine égyptienne. Au cours de ses dernières années, passées pour l'essentiel à rédiger des pamphlets politiques en Angleterre, il signe Reasons for Naturalizing the Jews (1713, Raisons de naturaliser les Juifs) et Nazarenus (1718, Le Nazaréen, ou le christianisme des juifs, des gentils et des mahométans), où il discute du rôle de la secte des ébionites aux premiers temps de l'ère chrétienne. Tetradymus (1720) comporte en particulier un essai apportant des explications naturelles aux miracles de l'Ancien Testament, tandis que Pantheisticon (1720, Le Pantheisticon) propose une nouvelle liturgie intégrant des textes païens.

Par sa bibliographie, Toland oblige ses contemporains à se pencher sur le Nouveau Testament. Sa quête d'une religion rationaliste l'amènera à écrire Christianity Not Mysterious, exposition classique de la philosophie déiste. Il exercera ainsi une influence notable sur les Lumières, en particulier sur Diderot. John Toland meurt le 11 mars 1722 à Putney, non loin de Londres.

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SPINOZA BARUCH (1632-1677)

  • Écrit par 
  • Robert MISRAHI
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Dans le chapitre « Spinoza et la naissance du panthéisme en Angleterre et en Allemagne »  : […] et au début du xviiie siècle, l'Irlandais John Toland évoque explicitement dans ses œuvres et le nom et la méthode et la doctrine de Spinoza, disant de celle-ci, pour la louer, qu'elle est « panthéiste ». Il reprend la même critique de la Révélation dans ses Origines judaices (La Haye, 1709), la même […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/baruch-spinoza/#i_45255

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« TOLAND JOHN - (1670-1722) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-toland/