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KENNEDY JOHN FITZGERALD (1917-1963)

Parce que, trois ans après avoir été élu, il est mort assassiné à Dallas dans des conditions encore mal éclaircies, et avant d'avoir atteint aucun des objectifs qu'il avait proposés à l'Amérique ; parce que son frère Robert, décidé à briguer à son tour la candidature du parti démocrate à la présidence des États-Unis, a lui aussi été assassiné moins de cinq ans plus tard, John Fitzgerald Kennedy, trente-cinquième président des États-Unis – du 20 janvier 1961 au 22 novembre 1963 –, est devenu et demeure pour beaucoup d'Américains un personnage de légende. Fascinant à bien des égards de son vivant même, il a été vite transfiguré par la mort. La haine qu'il avait suscitée est devenue plus difficile à exprimer ; l'admiration s'est atténuée ; mais pour un grand nombre de personnes, surtout dans la jeune génération, il reste la tristesse d'avoir perdu un homme politique qui essayait de comprendre leurs aspirations. Et à chaque nouvelle crise la question surgit : comment Kennedy aurait-il agi ? Pourquoi était-il, contrairement à ses successeurs, capable d'apprendre, de tirer de ses échecs et surtout de ses fautes des enseignements utiles ?

La personnalité du premier catholique élu président des États-Unis reste quelque peu énigmatique. L'abondante littérature qui lui a été consacrée (en particulier les très minutieux et éclairants récits de deux des plus proches collaborateurs du président, T. Sorensen et A. Schlesinger) ne répond pas à toutes les questions posées à son sujet, et l'évolution des États-Unis depuis 1963 rend l'objectivité difficile.

Une personnalité exceptionnelle

Plus sans doute que des objectifs précis, c'est le goût de la politique, l'ambition personnelle et le désir de voir son pays exercer dignement les responsabilités découlant de sa prospérité et de sa puissance qui expliquent la volonté de John Fitzgerald Kennedy d'accéder à la présidence. Encouragé par son père et par toute sa famille, le « clan Kennedy », très influent à Boston, servi par une fortune considérable, il a dû néanmoins faire preuve d'une intelligence, d'une ténacité et d'un charme hors de pair pour se faire élire en 1952, à 35 ans, sénateur du Massachusetts, et s'imposer en 1960 comme candidat démocrate à la présidence des États-Unis. Il succédait à Dwight Eisenhower, président républicain (1953-1961).

Auteur de plusieurs livres à succès, doté d'une exceptionnelle capacité d'assimilation, il se sent parfaitement à l'aise parmi les intellectuels et les spécialistes des sujets les plus divers, et les impressionne par l'étendue de sa curiosité et par la conscience très nette qu'il a de ses propres limites. L'équipe qu'il rassemble est brillante et lui est dévouée.

Pour le public américain, l'image de cet homme jeune et gai, ayant à maintes reprises prouvé son courage physique, appelant son pays à faire des sacrifices pour retrouver l'équilibre et la fierté, a peut-être plus d'importance que les mesures qu'il préconise en vain, ou que les crises qu'il règle. Mais, en dehors d'une conception volontariste du pouvoir et de la présidence, Kennedy, élu à une très faible majorité, savait-il avec précision ce qu'il voulait ? Moins bien, sans doute, que lui-même ne le croyait – encore qu'il faille se rappeler l'humour avec lequel il se considérait, et que son aversion à l'égard du style idéologique l'ait peut-être conduit à ne pas donner à ses sentiments la force qu'ils avaient parfois. Réagissant contre l'immobilisme de l'administration républicaine, il cherche avant tout à « remettre l'Amérique en mouvement » pour qu'elle règle ses problèmes sociaux et économiques, et à la rendre capable non seulement de protéger ses alliés du danger soviétique, mais aussi de stabiliser la situation internationale pour éloigner[...]

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Écrit par

  • : ancien directeur scientifique de la Fondation nationale des sciences politiques.

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Prisonniers anticastristes, 1961 - crédits : Sovfoto/ Universal Images Group/ Getty Images

Prisonniers anticastristes, 1961

Retrait des fusées soviétiques de Cuba, 1962 - crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

Retrait des fusées soviétiques de Cuba, 1962

Crise de Cuba, 1962 - crédits : Central Press/ Getty Images

Crise de Cuba, 1962

Autres références

  • ALLIANCE POUR LE PROGRÈS

    • Écrit par Universalis
    • 928 mots

    Créée le 13 mars 1961 à Washington, l'Alliance pour le progrès (Alianza para el progreso) est lancée en août par la conférence de Punta del Este qui définit ses objectifs et ses organes d'exécution. L'effort entrepris s'inscrit dans la ligne politique inaugurée par les États-Unis, en 1895, lors...

  • BRAUN WERNHER VON (1912-1977)

    • Écrit par Hubert CURIEN
    • 1 859 mots
    • 5 médias
    ...l'espace à bord de Vostok-1. L'Amérique ne peut plus tergiverser, elle a perdu trop de temps ; la presse des États-Unis est formelle, le Congrès aussi ; le 25 mai 1961, le président Kennedy déclare au Congrès : « Je crois que cette nation devrait se donner pour but, avant la fin de cette décennie, de faire...
  • CONSPIRATIONNISME

    • Écrit par Emmanuel TAÏEB
    • 6 436 mots
    • 2 médias
    ...eux, car ils attestent du mensonge et d’une certaine impréparation des comploteurs, malgré leur puissance. C’est ainsi que des témoignages différents sur un événement, typiquement l’assassinat duprésident Kennedy en 1963, sont censés prouver que les connaissances sur son déroulement sont erronées.
  • CUBA CRISE DE (1962)

    • Écrit par Olivier COMPAGNON
    • 192 mots
    • 1 média

    Au milieu du mois d'octobre 1962, des avions espions nord-américains découvrent que des rampes de missiles menaçant directement l'intégrité des États-Unis ont été installées par l'U.R.S.S. sur l'île de Cuba, tombée dans le camp de la révolution socialiste depuis...

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Voir aussi