STRAUB JEAN-MARIE (1933- )

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Le nom de Jean-Marie Straub, né le 8 janvier 1933 à Metz, doit être associé à celui de Danièle Huillet (1936-2006), qui fut coauteur de tous ses films, et qu'il épousa en 1959. Son enfance se déroule sous le signe des cultures française et allemande. Après la Libération et un passage chez les Jésuites, il entreprend des études de lettres et aspire à la carrière d'écrivain. Straub est d'abord marqué par le cinéma de Grémillon et de Carné. Mais, en 1950, Les Dames du bois de Boulogne, de Robert Bresson, va déterminer son évolution. À Paris, en 1954, il se lie avec Jacques Rivette (il collabore à son premier court-métrage, Le Coup du berger) et le groupe de la Nouvelle Vague, en particulier François Truffaut. Assistant de Gance, Renoir, Astruc et Bresson, il refuse, en 1958, de combattre en Algérie et se réfugie en Allemagne, ce qui fait de lui un cinéaste allemand ou français (une fois amnistié), puis italien, puisqu'il s'installe à Rome en 1969.

Il se fait connaître, dans la vague du « jeune cinéma allemand » des années 1960, par deux adaptations de Heinrich Böll, un court-métrage, Machorka Muff (1963), et un long-métrage, Nicht versöhnt (Non réconciliés ou Seule la violence aide là où la violence règne, 1965), qui inscrivent d'emblée son œuvre sous le signe de l'opposition au pouvoir dans ce qu'il a de plus dévastateur (le nazisme). Le réalisateur se signale déjà par un style d'une intransigeance rare, d'où est exclue toute concession à la séduction spectaculaire, où règnent la concentration et l'ellipse. Mais c'est avec le « Bach-Film » que Straub est enfin reconnu, et déchaîne haines et passions. En effet, Chronique d'Anna-Magdalena Bach (1967) met définitivement en place le système straubien : confrontation d'un texte (entre autres, les « Chroniques » d'Anna-Magdalena) et d'une matière (la musique de Bach).

Après un court-métra [...]

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « STRAUB JEAN-MARIE (1933- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-marie-straub/