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JEAN III VATATZÈS (1193-1254) empereur d'Orient (1222-1254)

Empereur byzantin de Nicée (1222-1254), né en 1193 à Didymotique (Thrace), mort en novembre 1254 à Nymphaion (auj. Kelmapasa, Turquie).

Issu de la noblesse byzantine et époux d'Irène, fille de l'empereur de Nicée Théodore Ier Lascaris, Jean III Vatatzès succède à ce dernier en 1222. Les frères de Théodore Ier Lascaris, Alexis et Isaac, contestent la succession, ce qui déclenche la guerre civile. Jean III Vatatzès, qui en sort victorieux en 1223, les fait emprisonner et leur fait crever les yeux. Il s'engage alors dans une conquête territoriale qui va ouvrir la voie à la reprise de Constantinople sur les empereurs latins et à la reconstitution de l'Empire byzantin. Ainsi, deux ans plus tard, il bat également les troupes latines alliées de ses adversaires et établit sa domination sur l'Asie Mineure. En 1225, la prise de Thessalonique par Théodore Ange, despote d'Épire, et son autoproclamation comme empereur de Byzance, déclenchent un conflit avec Jean Vatatzès, dont l'armée est mise en déroute quelque temps après lorsque celle-ci tente de s'emparer d'Andrinople. Allié du tsar de Bulgarie Jean III Asen II, Jean Vatatzès l'emporte sur Théodore en 1230 et assiège, sans succès, Constantinople en 1235. Cependant, face à la menace potentielle représentée par Nicée, Asen II finit par lui déclarer la guerre. La paix est ménagée en 1237. Lorsque Asen II meurt en 1241, Jean Vatatzès procède à des annexions en Bulgarie. De plus, il attaque le despotat d'Épire et, dès 1242, après l'avoir amputé d'une partie de son territoire, le force à reconnaître la souveraineté de Nicée.

En outre, Jean III Vatatzès contribue à l'isolement de la Constantinople latine en pactisant avec les dirigeants occidentaux. Vers 1250, il s'engage à prêter allégeance à l'empereur germanique Frédéric II, en échange de son concours dans la reconquête de Constantinople. Mais, bien que son remariage avec une fille de l'empereur, Constance, vienne sceller cet accord, les résultats ne sont guère satisfaisants. Par ailleurs, garantissant de mettre fin au schisme entre l'Orient et l'Occident à condition que les Latins restituent Constantinople, il engage des négociations avec la papauté, en vain.

En matière de politique intérieure, Jean III Vatatzès, installé dans sa capitale de Nicée (auj. Iznik, en Turquie), œuvre à l'essor et à l'indépendance économique de l'Empire, aux progrès de l'agriculture et de l'élevage, au renouveau de la vie culturelle, ainsi qu'à la construction d'hôpitaux et d'asiles pour les démunis. Cinquante ans à peine après sa mort, sa générosité notoire et sa popularité auprès de ses sujets lui valent d'être canonisé par l'Église d'Orient.

— Universalis

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Écrit par

  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • BYZANCE - L'Empire byzantin

    • Écrit par Universalis, José GROSDIDIER DE MATONS
    • 13 315 mots
    • 17 médias
    À Nicée régnait depuis 1222 un remarquable homme d'État, Jean Vatatzès. À sa mort, l'Empire, qui avait récupéré presque toutes les conquêtes des Latins dans le nord-ouest de l'Asie Mineure ainsi que les grandes îles de la côte asiatique, de Lesbos à Rhodes, s'étendait désormais sur les deux rives...
  • NICÉE EMPIRE DE

    • Écrit par Universalis
    • 243 mots

    Après la conquête de Constantinople par les croisés en 1204 et le démembrement de l'Empire byzantin, Théodore Ier Lascaris s'enfuit en Anatolie avec d'autres dignitaires et s'établit à Nicée, située à environ 70 kilomètres au sud-ouest. Couronné empereur en 1208, Théodore rétablit...

Voir aussi