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ANATOLIE

Signifiant en grec « l'Est, l'Orient », le mot Anatolie est utilisé depuis le xe siècle, comme synonyme d'Asie Mineure, après avoir désigné une province byzantine. Actuellement, pour les Turcs, Anadolu s'applique à toute la partie asiatique du pays, après avoir été rapporté par eux, aux temps ottomans, à la partie occidentale, puis centrale, de la péninsule. Dans la littérature scientifique européenne, il est plutôt réservé à la péninsule proprement dite, à l'ouest d'une ligne allant approximativement d'Iskenderun (anciennement Alexandrette) à Trébizonde, à l'exclusion de la partie située à l'est de cette ligne, désignée encore par le nom d'Arménie turque.

Dans la terminologie géographique actuelle, le terme d'Anatolie est surtout usité dans l'expression Anatolie centrale (steppe centre-anatolienne). Le haut plateau de l'Anatolie centrale constitue, en effet, une unité géographique bien caractérisée, notamment par son déboisement quasi total. La forêt claire, qui occupait primitivement la moitié au moins du triangle AnkaraKonyaKayseri, a dû disparaître dès le Néolithique, en liaison avec l'installation de communautés agricoles qui furent parmi les plus anciennes du Proche-Orient. Densément peuplée dans l'Antiquité, et encore florissante aux premiers temps ottomans, l'Anatolie centrale a connu une régression marquée aux xviie et xviiie siècles. Des émigrés (muhacir), revenus des Balkans ou d'Asie centrale, la recolonisèrent en partie à l'époque contemporaine. Entre les noyaux d'agriculture irriguée des oasis, aux cultures variées, la steppe centre-anatolienne est essentiellement une grande région de production céréalière en culture pluviale, bien que les conditions climatiques y soient aux limites de la rentabilité. De grandes fermes d'État, établies sur les bords mêmes du lac Salé (Tuz gölü), distribuent des semences sélectionnées dans toute l'Anatolie intérieure. La surface cultivée en blé y a plus que doublé depuis les années 1920.

— Xavier de PLANHOL

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Écrit par

  • : professeur à l'université de Paris-Sorbonne, membre de l'Academia Europaea

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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