VERKADE JAN PETER WILLIBRORD (1868-1946)

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Nature mystique, adepte de la théosophie (il tenta d'y initier Paul Sérusier) avant sa conversion au catholicisme, à laquelle n'est probablement pas étranger Maurice Denis (le « Nabi aux belles icônes »), le peintre hollandais Verkade (originaire de Zaandam, élève à Amsterdam de H. J. Haverman) a participé activement, dès son entrée au monastère bénédictin Saint-Martin de Beuron, au sud de la Forêt-Noire, au mouvement de rénovation de l'art religieux d'inspiration symboliste fondé sur le courant d'idées néo-platoniciennes alimenté par le père Didier Lenz ; ce dernier était l'auteur des Saintes Mesures (traduit par Paul Sérusier), charte et source théorique des travaux élaborés à partir de modèles égyptiens et grecs par la congrégation des moines peintres, sculpteurs, orfèvres, mosaïstes, architectes qui œuvraient à Beuron depuis les années 1870. Sa forte carrure et sa haute taille lui avaient valu le surnom de « Nabi obéliscal » au temps où, après avoir travaillé à l'académie Julian (le centre d'art vivant où, précisément, il rencontra Maurice Denis), il se trouva associé au groupe des Nabis formé à Paris, en 1889, sous l'impulsion de Sérusier, lequel allait, d'une part, fortement contribuer à sa formation et, d'autre part, l'inciter à retrouver à Pont-Aven (1892) les traces de Gauguin, les théories d'Émile Bernard et le groupe de solitaires (Filiger, Seguin, Laval, Bollin, Ranson, Meyer de Haan, etc.) dont l'expérience communautaire eut, semble-t-il, une incidence sur l'apparition de sa vocation religieuse et sur son départ, en 1893, vers le couvent du haut Danube où il devait, selon les termes mêmes de Maurice Denis, consacrer son talent et sa vie « au culte restauré d'une tradition chrétienne oubliée depuis la Renaissance » (M. Denis, Notes sur la peinture religieuse, 1896 ; Théories (1890-1910), Paris, 1912). Peintre à fresque, il participe à la décoration du monastère de Beuron, d'églises et d'abbayes en Suisse, en Tchécoslovaquie, à Jérusalem. Tout en reconnaissant que « la piété monastique apportait là un élément inattendu », J. K. Huysmans, dans La Cathédrale, émet un jugement toujours actuel à propos de ces œuvres où il identifie un « alliage de l'art français du premier Empire et de l'art anglais moderne ». À l'invitation de Verkade, Paul Sérusier fit plusieurs séjours au couvent de Beuron : en 1897, en 1899 et en 1903. Maurice Denis y passa quelques mois en 1903. C'est là encore que Verkade traduisit les œuvres du théologien mystique brabançon Ruysbroeck l'Admirable.

—  Robert L. DELEVOY

Écrit par :

  • : directeur de l'École nationale supérieure d'architecture et des arts visuels, Bruxelles

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SAINT-SULPICE ART

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Pour citer l’article

Robert L. DELEVOY, « VERKADE JAN PETER WILLIBRORD - (1868-1946) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jan-peter-willibrord-verkade/