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JAMAÏQUE

Nom officiel

Jamaïque (JM)

    Chef de l'État

    Le roi Charles III (Royaume-Uni), représenté par le gouverneur général Patrick Allen (depuis le 26 février 2009)

      Chef du gouvernement

      Andrew Holness (depuis le 3 mars 2016)

        Capitale

        Kingston

          Langue officielle

          Anglais

            Unité monétaire

            Dollar jamaïcain (JMD)

              Population (estim.) 2 749 000 (2023)
                Superficie 10 991 km²

                  Histoire

                  L'occupation espagnole

                  L' occupation espagnole débute peu après la découverte de la Jamaïque en 1494. Elle se heurte à la population indigène, estimée à environ 600 000 personnes. Ces habitants sont apparentés aux insulaires d'Haïti et parlent la même langue. La conquête de l'île, entreprise en 1509 par un groupe de conquistadores ayant à sa tête Juan de Esquivel et Panfilo de Narváez, provoqua la résistance acharnée des indigènes sous la direction des caciques jamaïcains, dont Ameyro et Huareo. Cet affrontement entraîna comme partout ailleurs aux Caraïbes un effondrement démographique qui s'accélère avec la traite amérindienne. Le gouverneur Francisco de Garay entreprend en 1516 l'exportation d'une main-d'œuvre indigène vers les îles voisines. La découverte de gisements d'or en 1518 – plus tardivement que dans les territoires voisins – pose des problèmes d'exploitation, faute de travailleurs indigènes. Attirée par la proximité de la Terre ferme et de ses richesses naturelles, la population espagnole ne s'y fixe pas. De 1550 à 1650, la population totale de la Jamaïque se maintient autour de 1 500 habitants. Au début du xviie siècle, la Jamaïque compte 558 esclaves, 523 Espagnols, 173 enfants, 107 Nègres, 75 étrangers et 74 Indios (indigènes). Quarante ans plus tard, une épidémie de variole la réduit à 800 personnes seulement. Il n'est donc pas étonnant que, pendant plus d'un siècle, de 1520 à 1635, la Jamaïque espagnole vive au ralenti, avec un seul ingenio (moulin à sucre) en 1570, et n'exportant que des cuirs, des plantes médicinales (gaïac) et du gingembre (appelé faux poivre). Le siège de la colonie, fondé par Esquivel en 1534, se trouve à Santiago de la Vega – plus tard Sevilla la Nueva – près de St. Ann's Bay. Deux autres localités ont été créées au début de la colonisation : Melilla, au voisinage de Port Maria, sur la côte nord, et Oristan, sur la côte sud-ouest, près de Bluefields. Après sa mise à l'écart du grand courant commercial axé sur Séville, en 1634-1636, la Jamaïque attire les Anglais qui débarquent en mai 1655 et occupent la capitale après le lamentable échec de la tentative de conquête de Santo Domingo par l'armada envoyée par Cromwell (Western Design). Spanish Town devient alors capitale de la colonie anglaise jusqu'en 1872. L'île est reconnue possession anglaise par les Espagnols au traité de Madrid en 1670. Les Nègres esclaves s'étant désolidarisés de leurs maîtres espagnols à l'arrivée des Anglais poursuivent une résistance acharnée dans la région du Cockpit. Avec eux débute la première guerre des Marrons qui ne prend fin qu'avec le traité de Trelawny (1738).

                  L'armée anglaise, tenue en échec par ces « Maroons », doit reconnaître liberté et autonomie aux établissements créés par les communautés de « Nègres marrons » ayant à leur tête Cudjoe, Accompong, Nanny, Quao et Cuffee.

                  Colonisation anglaise et résistances

                  Sous la domination anglaise, l'industrie sucrière se développe le long des côtes grâce à l'apport considérable d'une main-d'œuvre acquise par la traite négrière. Le nombre des esclaves en augmentation constante et l'exportation des sucres font la fortune des propriétaires de plantations. Quelques colons opulents, « absentéistes », se font connaître dans la société londonienne tandis que leurs gérants s'occupent de leurs terres et de leurs Nègres. La résistance des Nègres marrons se maintient, irréductible, jusqu'à la fin du système esclavagiste au xixe siècle. Elle est menée par des chefs dont les archives judiciaires ont parfois conservé les noms, tels Tacky, Kofi au xviiie siècle, ou Sam Sharpe en 1831, deux ans avant le vote de l'Abolition Bill par le Parlement britannique.[...]

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                  Écrit par

                  • : professeur d'histoire, directeur du Centre de recherches Caraïbes-Amériques
                  • : agrégé de géographie, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne
                  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

                  Classification

                  Pour citer cet article

                  Universalis, Oruno D. LARA et Jean Marie THÉODAT. JAMAÏQUE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

                  Médias

                  Jamaïque : carte physique - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Jamaïque : carte physique

                  Jamaïque : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

                  Jamaïque : drapeau

                  Baie de Port Antonio, Jamaïque - crédits : Rick Elkins/ Moment/ Getty Images

                  Baie de Port Antonio, Jamaïque

                  Autres références

                  • AMÉRIQUE LATINE - Les religions afro-américaines

                    • Écrit par Roger BASTIDE
                    • 3 175 mots
                    • 1 média
                    ...nègres (les Orisha et leurs correspondants catholiques ne sont plus alors que les généraux qui commandent, dans le monde éthéré, les phalanges des morts). À la Jamaïque, le myalisme a cédé la place à un culte extatique où l'on entre bien toujours en communication avec les esprits des morts, mais aussi avec...
                  • Bam, bam, CHAKA DEMUS & PLIERS

                    • Écrit par Eugène LLEDO
                    • 613 mots
                    • 1 média

                    Avec Shabba Ranks (Rexton Rawlston Fernando Gordon), les Jamaïcains Chaka Demus, le DJ qui toaste, et le chanteur Pliers sont sans doute les artistes les plus populaires du reggae digital, une des formes actuelle du reggae, apparue vers 1985.

                    Chaka Demus (John Taylor) commence sa carrière au sein...

                  • BENNETT LOUISE (1919-2006)

                    • Écrit par Universalis
                    • 246 mots

                    Folkloriste et poète, Louise Bennett fut considérée par beaucoup comme la «  mère de la culture jamaïcaine » en raison de ses efforts pour mieux faire connaître la langue créole et la vie des gens ordinaires de son île natale.

                    Louise Bennett naît le 7 septembre 1919 à Kingston (Jamaïque)....

                  • DEKKER DESMOND (1942-2006)

                    • Écrit par Universalis
                    • 156 mots

                    Chanteur jamaïcain de reggae. De son véritable nom Desmond Dacres. Leslie Kong, un des propriétaires du label jamaïcain de reggae, de ska et de rocksteady Beverley, lui fait enregistrer en 1968 le morceau de ska Israelites, qui connaît un succès mondial. La mort de Kong, en 1971, le conduit à...

                  • Afficher les 19 références

                  Voir aussi