WEBER JACQUES (1949- )

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Acteur imposant par sa stature comme par la force de ses convictions, Jacques Weber milite pour un théâtre populaire et décentralisé. Ses mises en scène cherchent d'abord à « dépoussiérer » les classiques.

Né le 23 août 1949 à Paris, il entre à seize ans, au centre des Arts du spectacle de la rue Blanche. L'année suivante, il s'inscrit au Conservatoire national supérieur d'art dramatique et joue, en 1970, au côté de Pierre Brasseur dans Tchao de Marc-Gilbert Sauvajon, puis dans Un ange passe. Sorti du Conservatoire en 1971 avec le prix d'excellence décerné à l'unanimité, il décline la proposition de Pierre Dux d'intégrer la Comédie-Française et rejoint la compagnie de Robert Hossein à Reims. Sous sa direction, il interprète notamment le rôle de Raskolnikov dans Crime et châtiment (1975) et il joue dans Les Bas-Fonds de Gorki. L'année suivante, il mettra en scène Les Fourberies de Scapin puis, en 1975, Le Neveu de Rameau.

Nommé en 1979 directeur du Centre dramatique national de Lyon où il restera jusqu'en 1985, il monte Le Mariage de Figaro, il retrouve son ancien camarade de lycée, Francis Huster, pour un spectacle autour des Amours de Jacques le Fataliste, d'après Diderot, et convainc Ettore Scola d'adapter au théâtre Une journée particulière.

En 1982, Jacques Weber tente une expérience qu'il intitule Plateau libre, où il affronte seul en scène le public au cours de longues improvisations préparées. Il convie d'autres acteurs ou musiciens, dont Philippe Léotard, Francis Huster, Patrick Chesnais, Michel Duchaussoy, à se prêter à l'exercice. « Pour la première fois au théâtre, explique-t-il, personne n'aura la moindre idée de ce qui se passera, personne n'aura de repère... Triple péril pour vous, pour l'organisateur, pour l'acteur. Vous ne serez plus le spectateur ému de votre propre choix (pièce gaie ou triste, classique ou moderne, etc.), mais le témoin brutal d'un accident entre un acteur et sa liberté. »

En 1983, avec Cyrano de Bergerac, commence une expérience théâtrale intense ; Jacques Weber donnera plus de deux cents représentations de cette pièce au théâtre du Mogador. Mise en scène par Jérôme Savary, l'œuvre d'Edmond Rostand, à la charnière du xixe et du xxe siècle, marque une rupture dans la tradition : elle est comme l'ultime flamboiement du drame romantique classique. En 2001 puis en 2006, après avoir remporté le césar du meilleur second rôle pour son interprétation de De Guiche dans la version cinématographique que donne de la pièce Jean-Paul Rappeneau en 1990, Jacques Weber modernise la mise en scène : « Monter un classique, explique-t-il, c'est l'adapter à notre époque. »

De 1986 à 2001, Jacques Weber occupe le poste de directeur du Centre dramatique national de Nice, un théâtre comportant deux salles, l'une de 1 000 places, l'autre de 380 places. Il met alors en scène de grosses productions : Monte-Cristo d'Alexandre Dumas en 1987 (repris en 1988), Nocturnes de Stefan Zweig en 1988, Le Misanthrope en 1989, qui affichera 110 représentations et ne comptera pas moins de 100 000 spectateurs, ou encore Le Tartuffe en 1994.

En 1996, avec La Tour de Nesle d'après Alexandre Dumas et dans une mise en scène de Roger Planchon, Jacques Weber campe avec Buridan son premier rôle comique. L'année suivante, il propose un dialogue imaginaire entre Flaubert et son jardinier Eugène (Gustave et Eugène). En 1999, il joue dans La Controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière, dans une mise en scène de Jacques Lassalle.

Au printemps de 2000, Jacques Weber a lu le Roman de Monsieur de Molière, de Boulgakov, dans chacun des vingt arrondissements de Paris, créant ainsi une sorte d'événement théâtral dans des lieux qui a priori ne s'y prêtaient pas.

Parallèlement à sa carrière théâtrale, il se produit régulièrement dans des productions cinématographiques (Faustine et le bel été, N. Companeez, 1972 ; État de siège, Costa-Gavras, 1973 ; Lacenaire, F Girod, 1990 ; Don Juan, J. Weber, 1998) et télévisées. Il a également publié un récit, Des petits coins de paradis (2009).

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Pour citer l’article

Yves KIRCHNER, « WEBER JACQUES (1949- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jacques-weber/