HOSSEIN ROBERT (1927-2020)

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Né à Paris le 30 décembre 1927, Robert Hossein – de son vrai nom Abraham Hosseinoff –, est mort le 31 décembre 2020, après avoir mené tambour battant une longue carrière d’artiste populaire et protéiforme, au cours de laquelle il fut tour à tour comédien, réalisateur de films et metteur en scène de superproductions théâtrales.

De cette profusion créatrice reste d’abord le souvenir de son interprétation au cinéma du comte balafré Joffrey de Peyrac dans Angélique, marquise des anges – le premier d’un cycle de cinq films réalisés entre 1964 et 1968 par Bernard Borderie – auprès de Michèle Mercier, partenaire glamour. Gueule virile, voix de rocaille, l’acteur a l’assurance d’un héros romantique populaire jusqu’à la parodie. Le cycle « Angélique » connaîtra une seconde carrière au petit écran, grâce à plusieurs diffusions à partir des années 1970.

Durant son enfance, ses parents, artistes sans le sou installés à Paris – son père est un musicien russe né à Samarcande, et sa mère une comédienne juive, originaire de Bessarabie – ne lui permettent pas de suivre une scolarité régulière, et il passe d’une pension à l’autre. Puis, en autodidacte, il se cultive seul, à l’écart de la nouvelle vague naissante, même s’il croise, dans le Saint-Germain-des-Prés intellectuel, Jean-Paul Sartre, Jean Genet, Boris Vian…

Le passionné se forme au théâtre en suivant le cours Simon, obtient de petits rôles de cinéma. Il écrit et met en scène Les Voyous, en 1949, au Théâtre du Vieux-Colombier. En 1955, il est remarqué au cinéma avec Les salauds vont en enfer, dont il est le coauteur – avec Frédéric Dard –, le metteur en scène et l’interprète auprès de Marina Vlady, sa première épouse. Ce film controversé crée un climat neuf, étrange, violent, érotique et, dans la dizaine de longs-métrages qu’il réalise jusqu’en 1970, Robert Hossein tend à créer le même malaise ambiant. De cette production, lui-même ne retiendra que Toi le venin (1959) et Le Vampire de Düsseldorf (1964), salué par la critique.

Comédien actif, il joue également au côté de Magali Noël dans Du rififi chez les hommes (1955) de Jules Dassin, auprès de Jean Gabin dans Le Tonnerre de Dieu (1965) de Denys de La Patellière, dans les films de son ami Roger Vadim, dont Sait-on jamais… (1957) et, avec Brigitte Bardot, dans Le Repos du guerrier (1962), puis Le Vice et la vertu (1963). Marguerite Duras l’engage dans son premier film, La Musica (1967), coréalisé avec Paul Seban, au côté de Delphine Seyrig – une aventure singulière pour l’acteur, qui est jusque-là resté à l’écart des atmosphères du cinéma d’art et d’essai.

La gloire et le succès de ce « Don Juan de bazar », pour reprendre l’expression de Marguerite Duras, lassent pourtant cette figure généreuse. Depuis sa fréquentation, dans sa jeunesse, des petites salles de quartier, il rêve d’une forme de théâtre qui serait proche de la force spectaculaire du cinéma. En 1971, il dirige une scène subventionnée à Reims, et monte des spectacles populaires classiques, et porteurs d’une émotion bénéfique pour un public peu familier du théâtre : Crime et châtiment d’après Dostoïevski, Les Bas-fonds de Gorki, Roméo et Juliette de Shakespeare. En 1973, il engage Isabelle Adjani pour La Maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca. Elle entrera peu après à la Comédie-Française.

Mais ce « théâtre comme vous n’en voyez qu’au cinéma » se révèle onéreux ; et, n’obtenant plus de subventions publiques, il quitte Reims. À Paris, il se lance dans des superproductions commerciales et grandioses qu’il monte au Palais des Sports et au Palais des Congrès, comme La Prodigieuse Aventure du cuirassé Potemkine (1975) d’après le film d’Eisenstein. Suivront les grands spectacles historiques, Notre-Dame-de-Paris (1978), Danton et Robespierre (1979), Les Misérables (1980), Un homme nommé Jésus (1983), La Liberté ou la mort (1988), Je m’appelle Marie-Antoinette (1993), souvent inspirés de l’émission de télévision « La caméra explore le temps » et conduits en collaboration avec les historiens Alain Decaux ou André Castelot. Ces spectacles réclament producteurs [...]

Robert Hossein

Photographie : Robert Hossein

Le désir de rendre accessible l'univers théâtral au plus grand nombre conduit le comédien et metteur en scène Robert Hossein à se tourner vers des structures inédites, comme le Palais des sports en 1985, pour un Jules César qui marqua les esprits. Par la suite, le goût du spectaculaire... 

Crédits : Picot/ Gamma-Rapho

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ADJANI ISABELLE (1955- )

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  • René PRÉDAL
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Star pour les uns, antistar pour d'autres, Isabelle Adjani a tenu, à sa manière, le devant de la scène médiatique du milieu des années 1970 à la fin des années 1980. Née en 1955 à Gennevilliers d'un père algérien et d'une mère allemande, elle obtient son premier rôle au cinéma à quatorze ans ( Le Petit bougnat , Bernard Toublanc-Michel, 1969), mais c'est au théâtre qu'elle se révèle très précocem […] Lire la suite

Pour citer l’article

Véronique HOTTE, « HOSSEIN ROBERT - (1927-2020) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-hossein/