IMMUNITÉ INTESTINALE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Organisation tissulaire de la muqueuse intestinale

L’immunité intestinale repose sur une organisation tissulaire fonctionnelle au sein de laquelle interviennent ses différents acteurs. L’intestin grêle et le côlon présentent une organisation générale commune, les deux étant formés de quatre ensembles concentriques de tissus, encore appelés tuniques : au-delà de la muqueuse intestinale en contact direct avec la lumière de l’intestin, on trouve successivement la sous-muqueuse, la musculeuse et enfin la séreuse. L’organisation de la muqueuse intestinale elle-même est classiquement divisée en trois compartiments histologiquement et fonctionnellement distincts : l’épithélium intestinal stricto sensu, en contact avec le contenu luminal, tapissant la lamina propria, le tout reposant sur la lamina muscularis mucosae, une fine couche de fibres musculaires capable de légers mouvements. Les acteurs de l’immunité intestinale se retrouvent principalement au sein des deux couches les plus externes de la muqueuse, l’épithélium intestinal et la lamina propria.

Structure de l’intestin

Dessin : Structure de l’intestin

L'intestin est constitué de couches concentriques, elles-mêmes en associations complexes de différents tissus. Cette anatomie très particulière, très polarisée, assure la circulation des substances et des molécules informatives entre la lumière intestinale, au centre, et le reste de... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

La monocouche de cellules épithéliales tapissant la muqueuse représente la première ligne de défense du tractus intestinal car elle joue un rôle de barrière à la fois physique et chimique. Les cellules composant cet épithélium sont produites de manière constante au fond des cryptes de Lieberkühn, où sont localisées les cellules souches de l’épithélium intestinal. Les cellules ainsi générées se différencient et colonisent, pour la grande majorité d’entre elles, les villosités intestinales lors d’un processus de migration actif et continu dans l’épithélium, avant d’être éliminées en s’exfoliant dans le lumen au bout d’une semaine. Ce processus d’autorenouvellement rapide assure ainsi une couverture totale et constante de la muqueuse.

Les cellules de l’épithélium intestinal

Dessin : Les cellules de l’épithélium intestinal

L'épithélium intestinal est replié en villosités, bordées par une monocouche cellulaire issue de l'association de nombreux types cellulaires. Ces cellules sont classiquement regroupées en cellules immunitaires et en cellules de l'épithélium stricto sensu, mais toutes participent à la... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

Villosités intestinales

Photographie : Villosités intestinales

Les villostiés intestinales sont des replis de la muqueuse de l'intestin. Ce cliché endoscopique montre leur densité à la surface de l'intestin grêle. 

Crédits : Science Picture Co/ Getty Images

Afficher

L’épithélium intestinal est composé de différents types cellulaires spécialisés dans plusieurs fonctions. Les entérocytes forment la population cellulaire la plus représentée dans l’intestin grêle. Ils assurent l’absorption des nutriments. Les cellules entéro-endocrines sécrètent des hormones digestives et des neuropeptides tels que le glucagon-like peptide (GLP), la cholécystokinine et la sérotonine, respectivement impliqués dans la régulation de la glycémie, des sécrétions biliaires et la communication avec les fibres des neurones entériques. Les cellules M (M pour microfold, terme qui illustre leurs nombreux replis) sont présentes à la surface d’îlots de cellules immunitaires communément appelés plaques de Peyer. Contrairement aux ganglions, distants de l’intestin, les plaques de Peyer sont intégrées dans la muqueuse. La fonction des cellules M est de transférer certaines particules antigéniques de la lumière intestinale pour les présenter aux cellules de l’immunité innée telles que les cellules dendritiques. De manière importante ici, la fonction de barrière chimique (composée de molécules actives et non de cellules) est portée par les cellules dites caliciformes, du fait de leur forme, et les cellules de Paneth, ces dernières assurant la production et la sécrétion de protéines fortement glycosylées – les mucines protectrices – et de peptides antimicrobiens comme le lysozyme. Les cellules tuft forment finalement un lignage épithélial relativement peu représenté, dont le rôle de sentinelle dans l’immunité mucosale est de découverte récente.

Sous la monocouche épithéliale, la lamina propria est un tissu conjonctif se distinguant par une composition cellulaire complexe, incluant des fibres nerveuses, des capillaires sanguins et lymphatiques, de nombreuses cellules immunitaires, ainsi qu’une matrice assurant la cohésion de la muqueuse. Les populations immunes de ce compartiment et des tissus lymphoïdes associés sont regroupées sous le terme de GALT, acronyme de gut-associated lymphoid tissue (tissu lymphoïde associé à l’intestin). La lamina propria ainsi que l’épithélium sont définis, d’un point de vue immunologique, comme sites « effecteurs » de la réponse, car les cellules immunitaires, telles que les lymphocytes qui s’y trouvent, ont déjà été activées au niveau des tissus lymphoïdes associés à l’intestin. Par opposition, les ganglions mésentériques et les îlots lymphoïdes des plaques de Peyer sont qualifiés de sites « inducteurs » car ils participent à l’« éducation » de cellules immunitaires encore naïves car n’ay [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Médias de l’article

Structure de l’intestin

Structure de l’intestin
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Les cellules de l’épithélium intestinal

Les cellules de l’épithélium intestinal
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Villosités intestinales

Villosités intestinales
Crédits : Science Picture Co/ Getty Images

photographie

Cellule tuft au sein de la muqueuse intestinale

Cellule tuft au sein de la muqueuse intestinale
Crédits : Institut de génomique fonctionnelle

photographie

Afficher les 7 médias de l'article


Écrit par :

  • : chargé de recherche CNRS, Institut de génomique fonctionnelle, Montpellier
  • : docteure, postdoctorante, Kennedy Institute, Oxford University, Oxford (Royaume-uni)

Classification

Autres références

«  IMMUNITÉ INTESTINALE  » est également traité dans :

IMMUNITÉ, biologie

  • Écrit par 
  • Joseph ALOUF, 
  • Michel FOUGEREAU, 
  • Dominique KAISERLIAN-NICOLAS, 
  • Jean-Pierre REVILLARD
  •  • 21 522 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Le concept d'immunité locale »  : […] La réponse immunitaire d'un organisme à un antigène de l'environnement dépend de la voie d'introduction de la substance antigénique. Injectée par voie sous-cutanée, une molécule protéique pourra déclencher la production d'anticorps spécifiques. Introduite dans la peau par voie intradermique, cette même protéine induira une réaction d'hypersensibilité de type retardé. Enfin, administrée par voie o […] Lire la suite

MICROBIOME HUMAIN

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 3 817 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Conséquences du déséquilibre entre populations bactériennes »  : […] Dans une optique darwinienne simple, on peut penser que, puisque le microbiote intestinal (dont il va surtout être question ici) est différent des divers mondes bactériens (du corps et de l’environnement) qui l’entourent, c’est qu’il a été sélectionné d’une façon ou d’une autre sur la base de sa relation avec l’hôte et des conditions propres à cet écosystème. S’il en est ainsi, à quoi sert-il ? D […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

François GERBE, Emmanuelle SIDOT, « IMMUNITÉ INTESTINALE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/immunite-intestinale/