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DE VRIES HUGO (1848-1935)

Après des études à Leyde où il obtint son doctorat en 1870, et un séjour en Allemagne, De Vries fut nommé professeur de botanique à l'université d'Amsterdam (1878-1918). En 1866, il isola des variétés sauvages de l'herbe aux ânes (Œnothera lamarckiana) qui différaient considérablement de l'espèce cultivée. Considérant ces variétés comme un exemple de l'évolution dynamique continuelle susceptible d'être étudiée de façon expérimentale, il conçut l'évolution comme une série de variations brusques et discontinues, suffisamment radicales pour engendrer de nouvelles espèces. À ce phénomène il donna le nom de mutation, et l'opposa à la variabilité « fluctuante » postulée par Darwin.

Rejoignant Darwin, De Vries estime que la sélection naturelle joue un rôle capital : elle justifie la survie du plus apte, alors que la mutation en justifie l'apparition. Cette théorie est appelée « mutationnisme ». Les néo-darwinistes, qui rejetèrent d'abord cette hypothèse, se réconcilièrent avec elle lorsqu'ils s'aperçurent que le plus souvent les mutations sont imperceptibles. C'est pourquoi cette théorie n'est pas complètement abandonnée. La notion de mutation, ainsi mise en évidence, allait se préciser et jouer un rôle important dans le développement de la génétique.

Les recherches de De Vries sur la nature des mutations, résumées dans son ouvrage Die Mutationstheorie (1901-1903), l'amenèrent à entreprendre une série d' expériences de reproduction des plantes en 1892, et, huit ans plus tard, il redécouvrit (en même temps que les botanistes Karl Correns et Éric von Tschermak) la loi de « disjonction des caractères » qui avait été formulée par Mendel. C'est en passant en revue la littérature consacrée à ce sujet qu'il découvrit l'article du moine autrichien publié en 1866 sur la reproduction des petits pois.

De Vries contribua aussi de façon considérable à la connaissance du rôle joué en physiologie végétale par l'osmose, et, en 1883-1885, il démontra l'existence d'une relation entre la pression osmotique et le poids moléculaire des substances contenues dans les cellules végétales. Les résultats obtenus par De Vries, puis, à partir de 1916, par Ursprung, sur l'osmose dans les cellules ont redonné à la notion d'absorption, de circulation végétale, d'ascension de l'eau dans le corps végétal toute l'importance que lui attribuait Dutrochet.

— Universalis

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Écrit par

  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • MUTATIONS ET SPÉCIATION

    • Écrit par Nicolas CHEVASSUS-au-LOUIS
    • 209 mots

    Botaniste comme Gregor Mendel (1822-1884), le Néerlandais Hugo De Vries (1848-1935) s'intéresse à la formation des espèces, dans un contexte d'intenses discussions autour du darwinisme. Il étudie l'apparition de nouveaux caractères dans les populations de fleurs à croissance rapide,...

  • ÉVOLUTION

    • Écrit par Armand de RICQLÈS, Stéphane SCHMITT
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    ...évolutifs pouvaient intervenir. Ce « saltationnisme » trouva de nombreux défenseurs, et sa version la plus aboutie fut le « mutationnisme » énoncé par Hugo De Vries en 1901. C'est en partie au sein de cette école de pensée que naquit la génétique, dont l'acte fondateur correspond à la « redécouverte...
  • MUTATIONNISME

    • Écrit par Cédric GRIMOULT
    • 2 220 mots
    Dès 1901, De Vries a découvert les mutations génétiques, ces variations héréditaires aléatoires, que l'on sait aujourd'hui être des changements dans la séquence des nucléotides. C'est dans un champ d'Hilversum, près d'Amsterdam, qu'il observe des transformations héréditaires de la plante ...

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