HÔTEL DU ROI

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Ensemble des services domestiques attachés à la personne du roi, l'hôtel du roi est pour les Capétiens ce qu'était le Palais pour les Mérovingiens et les Carolingiens. Il comprend le sénéchal ou dopifer, maître de l'hôtel, qui a la haute main sur l'approvisionnement et sur la bonne marche de l'ensemble ; le connétable, chargé des étables et des écuries (et, par extension, de la cavalerie) et qui est assisté de maréchaux ; le chambrier ou chambellan, responsable de la chambre royale et de son contenu : la garde-robe, les archives et le trésor ; le chancelier, garde du sceau et de la chandelle qui sert à apposer celui-ci. À ces principaux « domestiques », dont l'importance grandit entre le xie et le xiiie siècle, viennent s'ajouter de nombreux serviteurs : bouteiller, responsable des vignobles et caves royales, pannetier, fruitier, services de la bouche et de la cuisine dont le rôle politique demeure effacé. La confusion, d'origine germanique, entre service domestique et fonction publique, a donné à l'hôtel du roi un rôle prépondérant dans l'ascension du pouvoir royal en France tout comme en Angleterre. Au début du xiiie siècle, ces serviteurs sont encore appelés ministeriales, mais ils sont devenus des personnages politiques influents ; ils ont l'oreille du roi, qu'ils suivent dans tous ses déplacements, et lui servent d'agents lors des assemblées de la curia regis où ils siègent. C'est à partir de l'hôtel que se forment les bureaux et services spécialisés qui supplantent peu à peu les barons dans leurs principales prérogatives : le conseil et l'administration de la justice. Laïques issus de la petite noblesse ou clercs d'origine obscure, les gens de l'hôtel servent fidèlement le roi parce qu'ils attendent tout de lui : l'accroissement de leur fortune et de leur puissance est lié au sien.

Mais entre les mains d'ambitieux, certaines fonctions peuvent empiéter sur les prérogatives royales et les Capétiens ont sans doute tiré la leçon de l'usurpation des maires du palais au temps des Mérovingiens. Philippe Auguste se sent assez fort pour supprimer le sénéchalat et retirer la garde du Trésor à son chambellan pour la confier au Temple ; laissée vacante également par Philippe Auguste, la charge de chancelier est rétablie au xive siècle et, seule parmi les services de l'hôtel, elle survivra dans les Temps modernes pour acquérir une importance politique de premier plan.

—  Solange MARIN

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Pour citer l’article

Solange MARIN, « HÔTEL DU ROI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hotel-du-roi/