HONGRIE

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quelques données-clés.
Nom officielHongrie (HU)
Chef de l'ÉtatJános Áder (depuis le 10 mai 2012)
Chef du gouvernementViktor Orbán (depuis le 29 mai 2010)
CapitaleBudapest
Langue officiellehongrois
Unité monétaireforint (HUF)
Population9 672 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)93 023

Du postcommunisme à l'intégration euro-atlantique

Les transformations systémiques que va connaître la Hongrie jusqu'à son entrée dans l'O.T.A.N. le 12 mars 1999, puis dans l'Union européenne le 1er mai 2004, sont à l'image de sa sortie du communisme : progressives, graduelles, bref, parfaitement maîtrisées par une classe politique rompue au compromis et une société dont la relative placidité, mais aussi la morosité, s'expliquent pour beaucoup par les souffrances du passé. Il n'y a pas d'autre révolution pour les Hongrois que celle de 1956, une révolution violemment réprimée qui, dans la conscience nationale, symbolise les débuts de la rupture « mentale » avec le communisme. La sortie de ce système, en Hongrie, a été un processus linéaire, arrivé comme à maturité à la veille de la chute du Mur de Berlin en novembre 1989 ; la période 1990-2004 s'inscrit dans une dynamique identique, l'adhésion aux structures euro-atlantiques apparaissant, somme toute, comme l'aboutissement logique d'une entrée dans la « normalité » de la démocratie parlementaire et de l'économie de marché.

Pourtant, derrière cette linéarité due en grande partie à une trajectoire économique indéniablement moins tourmentée que dans les pays voisins, la classe politique et la société connaissent des tensions qui, sans aboutir jamais à des situations d'instabilité, révèlent un état de violence contenue, parfois inquiétant. D'abord, les interrogations récurrentes, d'une part, sur l'identité d'une nation magyare toujours traumatisée par les conséquences du traité de Trianon (1920), et, d'autre part, sur le degré de compromission de ses élites durant la période communiste ; ensuite, les dérives populistes d'une partie de la classe politique ; enfin, la crispation du débat public sur la question du sort des minorités magyares vivant à l'extérieur des frontières amènent à examiner l'évolution de ce pays avec une certaine circonspection.

Outre la rapide polarisation du jeu politique autour de quelques formations clés et le caractère souvent jugé exemplaire des transformations économiques facilitées par une large et précoce ouverture aux capitaux étrangers, les dirigeants hongrois successifs s'emploient, à partir de 1990, à relever un double défi. La Hongrie veut intégrer aussi rapidement que possible l'O.T.A.N. et l'U.E., et entretenir avec les pays voisins où résident d'importantes minorités magyares (1 434 377 personnes en Roumanie en 2001, soit 6,6 p. 100 de la population ; 520 528 en Slovaquie en 2002, soit 9,7 p. 100 ; 345 376 en Serbie en 1995 dont 95 p. 100 sont installées dans la province de Voïvodine) les relations bilatérales les meilleures possibles, du moins les plus profitables aux communautés en question. Tel fut, dans les premières années de la Hongrie postcommuniste, le fil conducteur de la politique extérieure ; cependant, la nouvelle donne créée par l'intégration européenne amène peu à peu certains repositionnements au regard de cette question éminemment sensible des minorités magyares.

Un jeu politique bien rodé

L'issue des différentes élections législatives intervenues depuis 1989 illustre la rapidité avec laquelle la Hongrie est entrée dans le jeu de l'alternance démocratique propre aux régimes parlementaires occidentaux. Le pouvoir exécutif a ainsi changé régulièrement de majorité. Le pays a tout d'abord connu, avec le gouvernement de József Antall (1990-1993), leader du Forum démocratique (M.D.F.), une majorité de centre droit de sensibilité conservatrice. Le jeu politique s'est déroulé entre cette majorité parlementaire et une opposition libérale de centre gauche composée de l'Alliance des démocrates libres (SzDSz) et de l'Alliance des jeunes démocrates-Parti civique hongrois (FiDeSz), opposition soutenue, selon les circonstances, par les réformistes du Parti socialiste hongrois (ex-communiste, MSzP). À la droite de cet échiquier politique, les forces conservatrices du Parti des petits propriétaires (FKgP, très influent durant l'entre-deux-guerres) et du Parti populaire chrétien-démocrate encore appelé Parti catholique (K.D.N.P.) ont joué le rôle de forces d'appoint pour le M.D.F., qui s'est trouvé aux prises, en son sein, avec une fraction nationaliste radicale animée par Istvan Csurka ; celui-ci, exclu en 1993 du M.D.F., a fondé le Parti de la justice et de la vie qui parviendra à remporter quatorze sièges au Parlement aux élections de 1998.

Le Parti socialiste h [...]

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Parlement à Budapest, Hongrie

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Hongrie : économie

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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : professeur à l'université de Londres (Royaume-uni)
  • : professeur honoraire à la faculté des lettres de Budapest
  • : directeur de recherche au C.N.R.S.
  • : chargée de cours à l'Institut d'études européennes de l'université de Paris-VIII, analyste-rédactrice aux éditions de la Documentation française
  • : directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales
  • : professeur des Universités

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Pour citer l’article

Jean BÉRENGER, Lorant CZIGANY, Albert GYERGYAI, Pierre KENDE, Edith LHOMEL, Marie-Claude MAUREL, Fridrun RINNER, « HONGRIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hongrie/