VILLA-LOBOS HEITOR (1887-1959)

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L'éducateur et la période universelle

Rentré au Brésil en 1930, Villa-Lobos va jouer un rôle prépondérant dans le développement des structures musicales de son pays, stimulant l'enseignement musical, créant des ensembles de chant choral, dirigeant des concerts où la musique française tient une large place. En ces temps de néo-classicisme succédant aux « années folles », il élabore le Guide pratique, recueil d'intérêt didactique pour piano et chœurs, la série des Bachianas brasileiras, le Cycle brésilien, pièce maîtresse de sa production pianistique dont le dernier volet, la Danse de l'Indien blanc, lui fera dire « C'est mon portrait ! », et des partitions épiques comme La Découverte du Brésil, née de sa collaboration avec le cinéaste Humberto Mauro, ou la cantate Mandu Carara, légende pour enfants.

L'accueil chaleureux rencontré par Villa-Lobos aux États-Unis à partir de 1945, où il dirige des concerts, et est considéré comme le plus grand musicien du temps, marque le début de sa consécration mondiale et du genre d'activité qu'il va mener au cours des dernières années de sa vie, faite de commandes et de tournées incessantes. Il partage son temps entre le Brésil, les États-Unis et la France, pays qui le revoit chaque année depuis 1948, et où ses concerts s'accompagnent d'enregistrements phonographiques avec l'Orchestre national. « Son pouvoir créateur continue avec toute son intensité », écrit le New York Times en 1957. En réalité, la gloire ultime de Villa-Lobos fut le fruit d'un dur combat contre la maladie et une situation financière précaire. Mais son art s'épanouissait en architectures toujours plus claires et généreuses, son inspiration fluviale lui permettait, comme au temps de sa jeunesse, de fertiliser toutes les formes : le quatuor à cordes – il en écrivit dix-sept –, les chœurs a cappella, le poème symphonique, la symphonie – la douzième date de 1957 – et l'opéra, dont Yerma, d'après García Lorca. Ce n'était plus le « grand fauve » d'antan, aux déclarations intempestives, mais un homme plein de bonhomie, travaillant dans un climat de relative sérénité à peine troublée par les questions que l'âge le poussait à se poser sur la valeur de son œuvre devant l'éternité. Sa pensée restait élevée. Hanté par l'âme primitive, il se réfère encore aux temps géologiques et à l'atmosphère légendaire amérindienne. Si le foisonnant Genesis ou la merveilleuse épure qu'est Érosion, ou l'Origine de l'Amazone, nous renvoient à l'esprit de ses premiers poèmes symphoniques, les Forêts de l'Amazone, fresque pour soprano, chœurs et orchestre, avec toute la richesse de ses trouvailles poétiques et instrumentales, nous invite une dernière fois à contempler les beautés sublimées du monde qui l'a vu naître. Et le destin arrête son bras, le 17 novembre 1959, à Rio de Janeiro, au moment où son catalogue dépasse les mille titres.

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  • : musicologue, critique musical, président du Groupe des Sept

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Pour citer l’article

Pierre VIDAL, « VILLA-LOBOS HEITOR - (1887-1959) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/heitor-villa-lobos/