KÜNG HANS (1928-2021)

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Théologien catholique né le 19 mars 1928 à Sursee (Suisse), Hans Küng fait ses études de philosophie et de théologie à l'Université grégorienne de Rome. Il est ordonné prêtre en 1954. Tour à tour assistant à Münster (1959-1960), professeur de théologie fondamentale (1960-1963), puis de théologie dogmatique à Tübingen, il dirige depuis 1980 l'Institut de théologie œcuménique rattaché à l'université de Tübingen. On peut distinguer différentes phases dans sa production.

Plusieurs ouvrages marquants abordent des questions de théologie œcuménique. Dans La Justification. La doctrine de Karl Barth et une réflexion catholique, Küng entend dépasser la polémique et pratiquer le dialogue interconfessionnel. Sa thèse est que pour la justification il n'y a pas de séparation dans la foi, mais différence d'accent et de langage. Appelé en tant qu'expert lors des travaux du IIe concile du Vatican, il y déploie une intense activité autour de questions d'ecclésiologie à incidence œcuménique. Dans Structures d'Église, il expose ses idées sur la structure conciliaire et l'importance des anciens conciles, y compris de conciles médiévaux comme celui de Constance (1414-1418). L'Église (1967) est une vaste synthèse dans laquelle l'auteur vise à faire œuvre de discernement, en dénonçant des déviations intervenues au cours des siècles et en remontant au message originaire du Nouveau Testament. Dans le prolongement de ces réflexions se situe Infaillible ? Une interpellation (1970). Ce livre part d'une objection fondamentale : des promesses d'assistance ont été faites par le Christ à l'Église et, pourtant, des erreurs de l'Église se sont produites. Selon l'auteur, il convient de se placer sur un plan autre que celui de l'alternative « promesses/erreurs ». Il faudrait dire que l'Église demeure dans la vérité, mais, au lieu de parler d'infaillibilité, il est préférable de parler d'indéfectibilité fondée sur la fidélité aux Écritures.

L'ecclésiologie a conduit Hans Küng, tout comme d'autres théologiens de l'époque, à s'intéresser de près à la christologie. En 1974, il publie Christ sein (trad. franç. Être chrétien). Pour répondre à la question de fond : qui est Jésus ?, l'auteur adopte la voie d'approche qu'on nomme la « christologie d'en bas », qui consiste à remonter du Jésus de l'histoire au Christ de la foi. Il souligne l'originalité de la prédication de Jésus sur le Royaume, la portée libératrice de son comportement, le caractère bouleversant de l'expérience des apôtres qui rencontrent Jésus après sa résurrection. Pour traiter d'aspects qu'il n'avait pas abordés, comme la préexistence du Logos et de son rôle dans la création, l'auteur rédigea Dieu existe-t-il ? Il y expose ses vues sur la question de Dieu dans le monde actuel, et sur la théologie trinitaire.

Les thèses de Hans Küng sur l'infaillibilité suscitèrent de vifs débats tout comme la publication d’Être chrétien fut à l'origine d'âpres discussions. Des théologiens allemands publièrent en 1976 Diskussion über Hans Küngs Christ sein. Tout en reconnaissant à l'auteur d'éminentes qualités dans l'art de rédiger dans un style vivant, ils lui reprochaient de donner aux Écritures un statut exclusif et de négliger la tradition de l'Église ; par ailleurs, ils faisaient état de lacunes regrettables. En 1975, une mise en garde fut adressée au théologien par la Congrégation pour la doctrine de la foi ; en 1979, la même Congrégation le sanctionna canoniquement en le privant de son droit d'enseigner. L'institut dirigé par Hans Küng fut détaché de la faculté de théologie catholique et placé directement sous l'autorité de l'université de Tübingen.

Depuis 1980, Hans Küng poursuit ses activités dans le domaine de l'œcuménisme, mais il élargit aussi sa réflexion en cherchant à passer du dialogue interconfessionnel au dialogue interreligieux. Ainsi il publie Le Christianisme et les religions du monde (1984), ouvrage rédigé en collaboration avec des spécialistes de l'islam, de l'hindouisme et du bouddhisme. Puis, c'est l'ouvrage Christianisme et religiosité chinoise (1988). En même temps, il mène [...]

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  • : professeur émérite de théologie, université de Strasbourg

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  • Écrit par 
  • André DUMAS
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Dans le chapitre « Débats contemporains »  : […] Le débat sur la justification n'est plus au premier plan de la réflexion théologique comme il l'a été durant tant de siècles. L'absence du mot justification dans les tables analytiques du second concile du Vatican est déjà un indice. Deux raisons à cela : d'une part l'homme sécularisé et les croyants eux-mêmes sont moins sensibles au jugement final de l'homme envers son prochain et envers le monde […] Lire la suite

Pour citer l’article

Raymond WINLING, « KÜNG HANS - (1928-2021) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hans-kung/