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HANCHE

Caractéristiques fonctionnelles

Rôle statique

Le rôle statique de la hanche s'illustre dans la station debout, uni ou bipodale. L'existence d'un très long col, caractéristique humaine, impose l'orientation des ligaments et l'axe des mouvements.

Le col fémoral, long de trois à quatre centimètres, unit la tête à la diaphyse et aux tubérosités fémorales, le grand et le petit trochanter.

L'axe du col dessine, avec l'axe de la diaphyse, un angle d'inclinaison ouvert en dedans de 1300. Lorsque l'angle est plus ouvert, le col tend à devenir vertical et à se mettre dans le prolongement de la diaphyse, c'est la coxa valga. Un angle plus fermé horizontalise le col et correspond à la coxa vara. L'axe du col est également décalé en avant selon un angle de déclinaison de 150 environ.

L'architecture du col reflète sa situation « stratégique » au carrefour des forces transmises par la hanche du tronc vers le membre inférieur, ou vice versa. En effet, la condensation osseuse corticale de la diaphyse fémorale, très épaisse du côté interne, se continue le long du bord inférieur du col, et émet des travées osseuses qui irradient vers la tête fémorale, dessinant l'éventail de sustentation de P. Delbet. Inversement, à la limite externe du col se situe un point faible, zone de raréfaction des travées osseuses. La décalcification des sujets âgés rend davantage fragile cette zone de moindre résistance, qui est le siège de prédilection des fractures du col fémoral.

Rôle dynamique

La flexion de la hanche rapproche la cuisse du tronc ; elle met en jeu, pour les faibles amplitudes de la marche (300-450), les muscles adducteurs de la cuisse ; à partir de 450 interviennent les muscles psoas-iliaque, couturier et droit antérieur de la cuisse. Au-delà de 900, la flexion simultanée du genou est nécessaire, pour détendre les muscles postérieurs de la cuisse. Au total, la flexion active atteint 1300.

L' extension est faible, 100 à 150 au-delà de la rectitude ; elle met en jeu les muscles ischio-jambiers : biceps crural, demi-membraneux et demi-tendineux.

La latéralité en dehors, ou abduction, atteint 450, sous l'influence des muscles moyen et petit fessiers. On peut, au prix d'une bascule simultanée du bassin, la porter à 900, comme dans le grand écart latéral.

La latéralité en dedans, ou abduction, n'est pas possible dans la station debout pieds joints ; elle nécessite une flexion préalable ; l'abduction la plus utilisée s'observe dans la station assise, jambes croisées, où elle atteint une amplitude de 300. Les muscles actifs sont les adducteurs de la cuisse. L'action très particulière du muscle couturier se reflète dans la position « en tailleur ».

La rotation externe est de 400 dans l'extension du genou, de 900 dans la flexion simultanée de la hanche et du genou ; interviennent dans ce mouvement : psoasiliaque, muscles fessiers, adducteurs de la cuisse, obturateurs...

La rotation interne est de l'ordre de 300 ; elle dépend du seul muscle tenseur du fascia lata.

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Écrit par

  • : professeur à la faculté de médecine de Paris
  • : membre de l'Académie de chirurgie
  • : membre de l'Académie de chirurgie, président honoraire de l'Académie de chirurgie, professeur au Collège de médecine des Hôpitaux de Paris

Classification

Pour citer cet article

Claude GILLOT, Henri JUDET et Jean JUDET. HANCHE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Os coxal et cavité cotyloïde - crédits : Encyclopædia Universalis France

Os coxal et cavité cotyloïde

Hanche droite : coupe frontale - crédits : Encyclopædia Universalis France

Hanche droite : coupe frontale

Autres références

  • ARTICULATIONS

    • Écrit par Claude GILLOT, André-Paul PELTIER
    • 6 073 mots
    • 4 médias
    ...tendu d'une épiphyse à l'autre. Élastique, résistante, elle maintient les os en place ; elle peut s'insérer au ras du cartilage (épaule) ou à distance (hanche). Mince et perforée au niveau de l'épaule, elle permet un jeu articulaire de grande amplitude, ce qui l'expose à la rupture en cas de luxation...
  • COXALGIE

    • Écrit par Didier LAVERGNE
    • 148 mots

    Ostéoarthrite tuberculeuse de la hanche, la coxalgie est une maladie de l'enfant et de l'adulte jeune. Elle se caractérise par la douleur au niveau de l'articulation de la hanche, avec limitation des mouvements et syndrôme de périarthrite (contracture, atrophie musculaire). Le diagnostic est essentiellement...

  • LUXATION CONGÉNITALE DE LA HANCHE

    • Écrit par Jean-Pierre ABOULKER
    • 493 mots

    Affection héréditaire de répartition géographique très inégale. En France, la Bretagne et, à un moindre degré, le Massif central sont des foyers où l'incidence de l'affection est relativement élevée. La luxation congénitale est rare ou absente dans certaines régions, mais sa fréquence tend à...

  • MEMBRES

    • Écrit par Claude GILLOT, Armand de RICQLÈS
    • 15 056 mots
    • 13 médias
    Dans le cas du membre inférieur, le fémur, os de la cuisse, est uni au bassin par une énarthrose, la hanche. Son rôle est d'orienter le pied dans la plupart des rayons de l'espace. Articulation du milieu du membre, le genou mobilise le tibia sur le fémur : elle fonctionne comme une trochléenne...

Voir aussi