BRASSAÏ GYULA HALÁSZ dit (1899-1984)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Bien de son époque, celle des années 1930, le Hongrois Brassaï, artiste complet, est surtout reconnu comme un grand photographe, et célébré comme le maître de la vue nocturne.

Photographie, écriture, dessin, sculpture : l'artiste refuse toute spécialité. « Le problème, quand on a plusieurs dons, est de savoir lequel vous exprime le plus totalement », confie-t-il à Yves Bourde, dans Le Monde, en 1974. Tous ces moyens d'expression procèdent d'un même regard, d'une même vision. Ceux qui l'on connu ont souligné le caractère étrange de ses yeux, comme prêts à sortir de leurs orbites. Brassaï fixe l'évidence des choses et des formes, dans ce qu'elles ont de plus archaïque, de plus brut, comme une vérité crue.

Paris, la nuit et la photographie

Né Gyula Halász, en 1899 à Brassó, ville de Transylvanie alors hongroise (elle deviendra roumaine à la suite du traité de Trianon en 1920), l'artiste aura pour ville d'adoption Paris. Il y effectue un premier séjour en famille, en 1903-1904. Son père, professeur de littérature française, ayant obtenu un an de congé, y suit alors des cours à la Sorbonne. Le petit garçon en gardera un souvenir émerveillé, certainement entretenu par la passion de son père pour cette ville.

Après avoir servi dans l'armée austro-hongroise, en 1917-1918, le jeune homme fréquente l'Académie des beaux-arts de Budapest, et part pour Berlin en 1921. Il y côtoie un premier cercle d'artistes, où figurent Moholy-Nagy, Kandinsky et Kokoschka, et s'essaye au journalisme, tout en suivant de façon irrégulière des cours à l'Académie des beaux-arts de Charlottenburg. Il n'a pas prévu de devenir photographe, il veut être peintre.

En 1924, Gyula Halász s'installe à Paris, livrant des chroniques et des caricatures à des journaux français et étrangers. Il signe ces travaux alimentaires Gyula Brassaï (originaire de Brassó), et fera de ce seul nom son pseudonyme d'artiste. Pour répondre aux demandes de la presse illustrée alors en pleine expansion, il agrémente bientôt ses articles de photographies réal [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages




Écrit par :

  • : diplôme de l'École Louis-Lumière, diplôme de recherche de l'École du Louvre, responsable du fonds de photographie à la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Paris

Classification


Autres références

«  BRASSAÏ GYULA HALÁSZ dit (1899-1984)  » est également traité dans :

BRASSAÏ (expositions)

  • Écrit par 
  • Hervé LE GOFF
  •  • 1 008 mots

Mort en 1984, Brassaï aurait eu cent ans en 1999. Deux institutions lui ont rendu hommage en 2000. Le musée Picasso, du 2 février au 1er mai 2000, et le Centre Georges-Pompidou, du 19 avril au 26 juin 2000. Ces deux expositions ont su partager l'œuvre du photographe pour en donner simultanément deux approches différentes.Parmi les nombreux photographes qui ont pu approcher P […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/brassai/#i_14823

GRAFFITI

  • Écrit par 
  • Glen D. CURRY, 
  • Scott H. DECKER, 
  • William P. MCLEAN
  • , Universalis
  •  • 5 872 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un art populaire »  : […] L'intérêt et la valeur esthétique de certains des graffiti littéraires sont indiscutables. Il en est de même pour bon nombre de graffiti figuratifs, qui ont su inspirer des artistes tels que Picasso et Cocteau. C'est pourtant le poète Apollinaire qui comprit le mieux – comme le démontrent ses Calligrammes  – que cette expression constitue un véritable art populaire, rivalisan […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/graffiti/#i_14823

GRENIER ROGER (1919-2017)

  • Écrit par 
  • Yves LECLAIR
  •  • 994 mots

Journaliste, homme de radio et écrivain français, Roger Grenier fut un incomparable témoin de notre xx e  siècle littéraire. L'exergue malicieux de ses Brefs Récits pour une longue histoire (2012), emprunté à Valery Larbaud, en dit long sur la posture paradoxale de leur auteur dont l'œuvre abondante et limpide est constitué […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/roger-grenier/#i_14823

PHOTOGRAPHIE (art) - Le statut esthétique

  • Écrit par 
  • Gérard LEGRAND
  •  • 5 133 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Les tendances suivantes »  : […] Après le reflux de la « photographie pure », une simplification commode consistait à classer les photographies en « abstraites » et « réalistes ». Mais cette simplification violait la relation phénoménologique inévitable : il n'y a pas deux rapports différents de l'œil (ou de l'objectif) à un objet quel qu'il soit. Tout au plus se vit-il supplanté par sa propre image à raison de la « déformation » […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/photographie-art-le-statut-esthetique/#i_14823

Voir aussi

Pour citer l’article

Anne de MONDENARD, « BRASSAÏ GYULA HALÁSZ dit (1899-1984) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gyula-halasz-dit-brassai/