BRASSAÏ (expositions)

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Mort en 1984, Brassaï aurait eu cent ans en 1999. Deux institutions lui ont rendu hommage en 2000. Le musée Picasso, du 2 février au 1er mai 2000, et le Centre Georges-Pompidou, du 19 avril au 26 juin 2000. Ces deux expositions ont su partager l'œuvre du photographe pour en donner simultanément deux approches différentes.

Parmi les nombreux photographes qui ont pu approcher Picasso et donner leur vision du peintre et de son œuvre, Brassaï occupe une place singulière. L'exposition du musée Picasso, Brassaï/Picasso. Conversations avec la lumière, a fait apparaître le parcours croisé des deux artistes en montrant les travaux de l'un et de l'autre, nés de leur rencontre ou du hasard. En 1932, l'éditeur d'art Tériade (Efstratios Eleftheriades) propose à Brassaï de photographier l'atelier de Picasso, rue La Boétie, à Paris, et ses sculptures de plâtre conservées au château de Boisgeloup, en Normandie. Plusieurs de ces photographies paraîtront en 1933 dans le premier numéro de la revue Minotaure. Brassaï oublie une plaque vierge dans l'atelier de la rue La Boétie. Intéressé par ce matériau, Picasso grave à la pointe sèche l'émulsion tendre couchée sur plaque de verre, il exécute un portrait de son modèle Marie-Thérèse Walter. Ce qui, pour le peintre, ne représentait qu'un essai allait avoir une suite féconde pour les deux artistes.

Picasso continuera de graver des « négatifs » sur des plaques de verre peintes, destinées au tirage d'épreuves photographiques. Brassaï, chez qui l'incident suscite le retour au dessin, qu'il a étudié dans ses années de jeunesse, commence alors sa série des Transmutations, par lesquelles il grave non pas des plaques vierges mais des négatifs originaux, transformant par son intervention manuelle la représentation mécanique en une nouvelle forme d'expression. Quatre salles restituaient les points forts des Conversations avec la lumière. Autour des sculptures de Picasso, la salle 1 exposait les photographies de Brassaï réalisées en 1932 pour la revue Minotaure, ou celles faites à la demande de Picasso en 1943, dans l'atelier de la rue des Grands-Augustins où le peintre s'était installé en 1937. Les clichés-verre de Picasso, les épreuves qui pouvaient marquer jusqu'à sept états d'intervention et quelques gravures sur film photographique occupaient la salle 2. La suivante était réservée aux Transmutations de Brassaï, plaques de verre, contact, épreuves gélatino-argentiques également en plusieurs états de travail, tirages et quelques études de dessin au crayon. La dernière salle confrontait les sculptures en papier déchiré de Picasso, pour la plupart photographiées par Brassaï dans l'atelier de Dora Maar qui les avait reçues en cadeaux. Enfin, le long de la rampe d'accès du musée, quarante et une planches contacts étaient accrochées, photographies des sculptures de Picasso prises par Brassaï entre 1946 et 1949.

Le Centre Georges-Pompidou devait réaliser à son tour une évocation exhaustive du parcours de Brassaï, photographe, mais aussi dessinateur, sculpteur, écrivain et cinéaste. Le circuit proposé aux visiteurs s'ouvrait sur une salle consacrée aux Graffiti, photographiés par Brassaï peu après son arrivée à Paris en janvier 1924. En 1933, Brassaï fit une première publication de ces signes « éphémères et sauvages » dans la revue Minotaure. L'exposition du Centre Georges-Pompidou reprenait le classement en neuf chapitres voulu par Brassaï en 1956 au Museum of Modern Art de New York, notamment « La Naissance de l'homme », « L'Amour », « La Mort ».

Une salle de l'exposition regroupait une partie des dessins et des sculptures, réalisés par Brassaï depuis sa rencontre avec Picasso en 1932. Un espace entier était consacré à la collaboration de Brassaï à la revue Minotaure. Malgré la volonté d'André Breton de compter dans les rangs des surréalistes le photographe que la publication de Paris de nuit avait fait connaître en 1933, Brassaï a toujours tenu à marquer une distance par rapport au groupe, même s'il acceptait d'assister à ses réunions. Après la commande de 1932 sur Picasso, Minotaure acceptera toujours de publier des photographies de Brassaï, telles qu'il les proposait en toute indépendance créatrice.

Au centre de l'exposition, une salle présentait les photographies sélectionnées en 1951 par Edward Steichen pour l'exposition Five French Photographs, montée au Museum of Modern Art de New York, où les tirages de Brassaï [...]

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Pour citer l’article

Hervé LE GOFF, « BRASSAÏ (expositions) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/brassai/