WALD GEORGE (1906-1997)

Georges Wald est mort à Cambridge (Mass.) le 12 avril 1997, à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Du début des années 1930 à sa retraite, en 1977, il a été la figure dominante dans le domaine de la biochimie des photopigments rétiniens, et le prix Nobel de physiologie, qu'il partagea en 1967 avec les neurophysiologistes H. K. Hartline et R. Granit, n'avait fait qu'entériner une réputation solidement établie.

Né à New York le 16 novembre 1906 il y fait toutes ses études, et c'est à l'université Columbia qu'il est initié par Selig Hecht à la physiologie de la vision. Hecht était, dira Wald, « l'un des grands mesureurs de la vision humaine », mais la mesure psychophysique n'était pour lui qu'un moyen de progresser vers l'élucidation des mécanismes moléculaires sous-jacents. En 1877, Boll, en Allemagne, avait montré l'existence, dans la rétine de la grenouille, d'un pigment rougeâtre (rouge visuel) qui se décolore à la lumière et retrouve sa couleur lorsque la rétine est soumise à l'obscurité. Hecht, qui mesure chez l'homme l'augmentation de la sensibilité à la lumière en fonction du temps passé à l'obscurité, en déduit un schéma général dans lequel un pigment photosensible S est dissocié par la lumière en deux éléments P et A, l'un étant responsable de l'excitation nerveuse. Dans l'obscurité P et A se recombineraient pour régénérer S.

Imprégné de cet enseignement, Wald, qui vient, en 1932, d'obtenir son Ph.D., n'a qu'un désir, « mettre la main sur ces molécules », qui ne sont encore que des abstractions dans la théorie de Hecht. Et, pour y parvenir, il ne choisit pas la plus mauvaise voie puisqu'il passe l'année académique 1932-1933 chez trois Prix Nobel européens, Otto Warburg à Berlin-Dalhem, Paul Karrer à Zurich et Otto Meyerhof à Heidelberg. Chez Warburg, il montre la présence de vitamine A dans la rétine, ce que l'on pressentait après avoir observé qu'une carence en vitamine A entraînait une baisse de la vision nocturne chez l'homme et mesuré, dans la rétine du rat carencé, une diminution du taux de rouge ou pourpre visuel que Wald, après Kühne, appellera rhodopsine. À Zurich, il approfondit sa connaissanc [...]


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  • : professeur émérite à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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VISION - Photoréception rétinienne

  • Écrit par 
  • Yves GALIFRET
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Dans le chapitre « La rhodopsine, molécule photosensible »  : […] d'une décomposition du pigment par la lumière suivie d'une régénération à l'obscurité. Wald a montré qu'effectivement la lumière provoquait la décomposition de la rhodopsine en ses éléments opsine et rétinal. Mais son mérite essentiel est d'avoir découvert que le rétinal résultant de la décomposition était l'isomère tout-trans […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vision-photoreception-retinienne/#i_99641

Pour citer l’article

Yves GALIFRET, « WALD GEORGE - (1906-1997) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/george-wald/