ARVALES FRÈRES

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Les Romains faisaient remonter la fondation de la sodalité des frères arvales à Romulus : les douze fils de sa nourrice, Acca Larentia, auraient été les premiers arvales, et, à la mort de l'un d'entre eux, Romulus aurait pris sa place. Cette légende témoigne de l'antiquité de ce collège, manifestée aussi par l'archaïsme des cérémonies que les arvales accomplissaient. Ils étaient les prêtres d'une déesse mystérieuse, Dea dia, et étaient chargés de protéger les champs cultivés (arva). Leur rituel, archaïque et compliqué, nous est connu par les fragments de leurs Actes qui ont été retrouvés (ces Actes des frères arvales, qui correspondent aux trois premiers siècles de notre ère, de 14 à 238, ne reproduisent qu'en partie le rituel ancien). Les douze arvales se recrutaient par cooptation à l'époque républicaine, puis furent nommés par l'empereur, et, au mois de mai, élisaient un magister. Tous les ans, au mois de mai, pour apporter la fertilité aux champs, les arvales, portant sur la tête des couronnes d'épis de blé nouées de bandelettes blanches, honoraient Dea dia d'une fête de trois jours ; le deuxième jour, dans le bois sacré (lucus) de Dea dia, près de Rome, sur la via Campana, ils accomplissaient des rites de fécondité : sacrifice de truies pleines et d'une agnelle grasse, chant sacré (ce carmen, au texte très archaïque, est une sorte d'invocation rythmée par la répétition de chaque phrase), danse rituelle à trois temps (tripudium) et courses de chevaux et de chars, destinées sans doute à réveiller les forces telluriques. Ces rites étaient entourés d'un certain nombre de tabous religieux : interdiction d'introduire des objets de fer dans le lucus, vaisselle archaïque en terre (ollae) utilisée pour les consécrations. Outre Dea dia, les arvales invoquaient toute une série de divinités (Janus, Jupiter, Mars « sauvage », Junon, Flora, la Mère des Lares) et, lors du nettoyage du lucus, s'adressaient à des entités en décomposant, selon la tradition religieuse romaine, leurs mouvements : Adolenda, Coinquenda, Commolenda, Deferunda (correspondant aux actions de brûler, d'élaguer, de tailler et d'enlever le bois). Tombée en désuétude à la fin de la République, cette sodalité avait à peu près disparu, mais Auguste la restaura pendant son principat et fut lui-même frère arvale. Elle resta active jusqu'au iiie siècle et inclut dans ses rites des vœux pour le salut de l'empereur et de sa famille.

—  Catherine SALLES

Écrit par :

  • : agrégée de lettres classiques, assistante à l'université de Paris-X

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ROME ET EMPIRE ROMAIN - La religion romaine

  • Écrit par 
  • Pierre GRIMAL
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Dans le chapitre « Les desservants du culte »  : […] S'il est vrai que chaque culte est rendu au service d'une collectivité déterminée, le desservant, qui est le porte-parole du groupe et son intermédiaire en face des dieux, est naturellement le « chef » ( magister ) de celui-ci. Ainsi, le père de famille, chef de la maisonnée, est le desservant obligé du culte domestique ; ainsi, les chefs de curie ( curiones […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rome-et-empire-romain-la-religion-romaine/#i_44477

Pour citer l’article

Catherine SALLES, « ARVALES FRÈRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/freres-arvales/