FRANCEL'année politique 2016

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La gauche en quête d’un second souffle

Les turbulences qui secouent la gauche sont indissociables de celles qui touchent le gouvernement. Le lancement par Emmanuel Macron, en avril, de son mouvement En marche !, présenté comme devant transcender le clivage traditionnel gauche-droite, rendait à brève échéance sa présence au gouvernement difficile à assumer. Après plusieurs mois d’incertitudes, marqués par une opposition sourde à la politique du chef de l’État et des tensions avec le Premier ministre Manuel Valls, le ministre de l’Économie démissionne le 30 août. Auparavant, en février, Laurent Fabius, nommé à la présidence du Conseil constitutionnel, avait cédé sa place au Quai d’Orsay à l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, tandis que les écologistes, avec Emmanuelle Cosse et Jean-Vincent Placé, étaient rappelés au gouvernement, dans l’objectif d’éviter une candidature écologiste autonome à la présidentielle. Mais ces aménagements de l’équipe gouvernementale n’ont pas restauré la popularité du président François Hollande. Les contestations de sa gestion des affaires, de plus en plus vives au sein du PS, les tiraillements gouvernementaux de plus en plus apparents, y compris avec le Premier ministre, une communication jugée souvent inappropriée, en particulier lors de la publication du livre de deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Un président ne devrait pas dire ça, des sondages, enfin, donnant constamment le président distancé en 2017 par les concurrents de son propre camp et dans l’incapacité d’atteindre le second tour de la présidentielle, conduisent François Hollande, le 1er décembre, à annoncer solennellement qu’il ne briguerait pas un second mandat. Sa volonté de passer par la primaire de la gauche a pu contribuer à l’enfermer dans un piège dont il n’a pas pu sortir.

Manuel Valls et François Hollande

Photographie : Manuel Valls et François Hollande

Sortie du Conseil des ministres, le 2 novembre 2016. Depuis quelque temps, la relation entre les deux têtes de l'exécutif est tendue. Le Premier ministre Manuel Valls (à gauche), de moins en moins convaincu des capacités du président de la République François Hollande à mener la gauche... 

Crédits : Chesnot/ Getty Images

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Dans la foulée, le 6 décembre, Manuel Valls démissionne de Matignon, où il est aussitôt remplacé par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, et annonce qu’il participera aux Primaires citoyennes (organisées par le PS et ses alliés au sein de la Belle Alliance populaire) qui auront lieu les 22 et 29 janvier 2017. Ses concurrents seront, pour le PS, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon – l’un et l’autre situés à la gauche du parti – et l’ancien ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon, Sylvia Pinel pour le Parti radical de gauche, Jean-Luc Bennahmias, ancien vice-président du MoDem, et François de Rugy, fondateur en 2015 du Parti écologiste. Pour leur part, Emmanuel Macron et Yannick Jadot, vainqueur de la primaire écologiste qui l’avait opposé à Cécile Duflot (éliminée en octobre dès le premier tour) et à Michèle Rivasi, avaient fait part de leur refus de se soumettre à cette sélection. Si les résultats de la primaire restent largement imprévisibles, les divergences entre les positions de la gauche du PS et celles de Manuel Valls paraissent plus importantes que jamais. Certains s’interrogent aussi sur la capacité de la gauche à être présente au second tour de l’élection présidentielle. Faute d’alliance avec le centre, la multiplication des candidatures opposées à la droite, à l’extrême droite et à l’extrême gauche – représentée notamment par Jean-Luc Mélenchon, finalement adoubé par les adhérents du Parti communiste après un désaveu lors de la conférence nationale du Parti – pourrait être fatale à la gauche. Beaucoup estiment que si trois candidats représentant cette partie de l’opinion publique (le vainqueur de la primaire, Emmanuel Macron et Yannick Jadot), voire quatre (en raison de l’incertitude de la candidature de François Bayrou), participent à l’élection, la gauche et le centre gauche, ainsi qu’une partie du centre droit, pourraient ne pas être représentés au second tour de la présidentielle.

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Manifestation contre la « loi travail », 2016

Manifestation contre la « loi travail », 2016
Crédits : Philippe Lopez/ AFP

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Manuel Valls et François Hollande

Manuel Valls et François Hollande
Crédits : Chesnot/ Getty Images

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Primaire de la droite et du centre en 2016

Primaire de la droite et du centre en 2016
Crédits : Martin Bureau/ Pool/ AFP

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Militaires français au Mali, 2016

Militaires français au Mali, 2016
Crédits : Stringer/ AFP

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  • : président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique

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Nicolas TENZER, « FRANCE - L'année politique 2016 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-l-annee-politique-2016/