FÉODALITÉ

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Hors d'Europe

Il faut définir la féodalité comme un aspect particulier à l'évolution de la civilisation de l'Europe occidentale, dont elle marque un moment déterminé. On ne retrouve, en effet, jamais dans l'Antiquité, dans l'histoire de l'Asie, ou, aujourd'hui, dans les structures de certaines sociétés africaines un ensemble juridique, économique et social analogue à celui qu'elle constitua, mais seulement certains de ses éléments. Un seul pays, le Japon, a connu des formes de relations comparables : une haute aristocratie, fondée sur la possession de la terre et sur l'exploitation du travail paysan ; une chaîne d'engagements personnels, rétribués par la concession, souvent héréditaire, d'offices ou de biens fonciers ; des liens de parenté très astreignants ; un code de l'honneur qui réglait, dans les grandes maisons seigneuriales, le comportement des guerriers domestiques ; l'intrusion de tels rapports de subordination dans les cadres de l'État, qui tentait de les utiliser pour se raffermir, mais laissait libre cours, dans ses moments de fléchissement, aux puissances privées. Encore manque-t-il à la féodalité japonaise un trait qui caractérise celle de l'Occident européen : le Japon ignora la réciprocité des obligations mutuelles qui liaient le vassal et le seigneur ; celui-ci ne devait rien à son dépendant dont la fidélité était inconditionnelle.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  FÉODALITÉ  » est également traité dans :

ALLEMAGNE (Histoire) - Allemagne médiévale

  • Écrit par 
  • Pierre-Roger GAUSSIN
  •  • 14 149 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Les structures féodales à la fin du XIIe siècle »  : […] Les pratiques féodo-vassaliques, nées entre Loire et Meuse, se répandirent en Francia orientalis avec un certain décalage dans le temps, qu'accentua encore la séparation entre les deux royaumes. Mais le champ d'application de ces pratiques s'était étendu aux fonctions publiques, notamment à la plus importante, celle des comtes qui, après avoir tenu du roi des biens en bénéfice, en vinrent, dès le […] Lire la suite

ANCIEN RÉGIME

  • Écrit par 
  • Jean MEYER
  •  • 19 084 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La réaction seigneuriale »  : […] La pression seigneuriale a été pratiquement constante tout au long de l'époque moderne, et les mesures de limitation de la noblesse, de recherches de faux nobles sont anciennes. Mais ces habitudes, ces mesures, d'ailleurs plus ou moins observées, se forment à la fin du xviii e  siècle en une espèce de corps de doctrine, d'autant plus insupportable que les circonstances s'y prêtent moins. Les mots […] Lire la suite

ANGEVIN EMPIRE

  • Écrit par 
  • Roland MARX
  •  • 1 508 mots
  •  • 4 médias

De 1154 au début du xiii e siècle, sous l'égide des rois d' Angleterre issus de la maison d' Anjou, un « empire », fait en réalité de la juxtaposition de terres de pleine souveraineté et de fiefs tenus de princes étrangers, paraît dominer l'ouest de l'Europe . Ce Channel State est aussi remarquable par sa puissance d'un moment que par la relative rapidité de son érosion. […] Lire la suite

AUBAIN

  • Écrit par 
  • Jean GAUDEMET
  •  • 434 mots

Terme qui, dans l'ancien droit français, désigne l'étranger. Dans le morcellement politique du premier âge féodal, l'aubain était non seulement l'étranger au royaume, mais même à la seigneurie : ceux qui venaient du dehors s'établir dans une seigneurie devaient dans l'an et jour s'avouer l'homme du seigneur sur la terre duquel ils s'établissaient, sous peine de s'exposer à être saisis corps et bie […] Lire la suite

BAN, pouvoir de commandement

  • Écrit par 
  • Anne BEN KHEMIS
  •  • 201 mots

En droit féodal, le seigneur haut-justicier dispose du pouvoir de faire des règlements et des proclamations publiques, ou droit de ban, sur l'étendue de son domaine, d'où il a aussi le droit de bannir les criminels. Ainsi, par un ban, le seigneur s'attribue, dès le xi e  siècle, le monopole d'installations telles que four, halle (qu'à l'origine il était seul à pouvoir faire construire), forge, pre […] Lire la suite

BAN & ARRIÈRE-BAN

  • Écrit par 
  • Anne BEN KHEMIS
  •  • 126 mots

Dans le système féodal, les vassaux, ou titulaires de fiefs, doivent au seigneur, donc au roi en particulier, un temps de service militaire, le service d'ost : ils forment le ban. En cas de grand péril, les seigneurs procèdent à la levée en masse de tous les hommes, vassaux et paysans : c'est l'arrière-ban, service sans limitation de durée. Dès la fin du Moyen Âge, il devient possible pour chaque […] Lire la suite

BANNIÈRE

  • Écrit par 
  • Jean DELMAS
  •  • 375 mots

Mot dont la racine est ban , c'est-à-dire convocation des vassaux par le suzerain. Au Moyen Âge, la bannière est l'enseigne sous laquelle se rangent les vassaux convoqués pour aller à la guerre. Le seigneur banneret est celui qui peut lever bannière en réunissant ses vassaux. La bannière du banneret, attachée au bout de la lance, est carrée et se distingue du pennon du simple chevalier, prolongé e […] Lire la suite

CHASSE

  • Écrit par 
  • Xavier PATIER
  •  • 7 042 mots

Dans le chapitre « L'encadrement juridique de la chasse »  : […] L'examen du cadre juridique de la chasse vient combler les lacunes de l'examen des productions artistiques . On ne trouve pas trace avant le Moyen Âge d'un droit spécifique de la chasse. Dans le droit romain, le droit de la chasse ne se distingue pas du droit de propriété : chasser est un usus parmi les autres au bénéfice du propriétaire. L'empereur lui-même ne chasse que sur ses domaines (les do […] Lire la suite

CHEVALERIE

  • Écrit par 
  • Georges DUBY
  •  • 2 491 mots

La chevalerie apparaît au xi e  siècle comme une catégorie de la société féodale rassemblant les spécialistes du combat cavalier, devenu le seul réellement efficace. C'est par le rite de la remise des armes, l' adoubement, que le jeune homme ayant achevé son éducation militaire, est fait chevalier, apte à coopérer loyalement à la défense du peuple et au maintien de la paix. En France, la chevaler […] Lire la suite

COMMENDATIO

  • Écrit par 
  • Françoise MOYEN
  •  • 329 mots

Acte par lequel un homme libre pouvait se « recommander » à un plus puissant que lui, se placer dans sa dépendance pour en obtenir protection et, parfois, nourriture. Ce fut, pendant le haut Moyen Âge ( vi e -IX e s.), l'origine de la féodalité. À l'époque mérovingienne, cette commendatio affecte des hommes de tout rang qui obtiennent ainsi d'un plus puissant (laïc, ou institution ecclésiastique) […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Georges DUBY, « FÉODALITÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/feodalite/