WANKEL FELIX (1902-1988)

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Ingénieur allemand, Felix Wankel est à l’origine du principe du moteur à piston(s) rotatif(s). Ayant connu au cours des années 1960 une phase d’industrialisation dans le monde automobile, ce type de moteur, aussi appelé moteur Wankel, a pu un temps être perçu comme un mode alternatif à la combustion interne à pistons traditionnels (animés d’un mouvement linéaire alternatif).

Felix Wankel

Photographie : Felix Wankel

L'ingénieur allemand Felix Wankel (1902-1988) pose ici en 1960 à côté de son invention majeure : le moteur à piston rotatif. Cette motorisation – appelée aussi moteur Wankel – a représenté au cours du XXe siècle une alternative crédible à la combustion interne traditionnelle... 

Crédits : Popperfoto/ Getty Images

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Né le 13 août 1902 à Lahr en Forêt-Noire dans le Bade-Wurtemberg (Allemagne), Felix Heinrich Wankel est un ingénieur autodidacte passionné de dessin industriel. En 1924, il installe un atelier de mécanique à Heidelberg après avoir été employé dans une maison d’édition scientifique de cette ville. En 1934, il est embauché par BMW, dans sa division aéronautique. Il établit en 1936 à Lindau, sur le lac de Constance, son institut de recherche (WVW – Wankel Versuchs Werksätten), qu'il refondera plus tard en 1951, à nouveau dans cette même ville. À partir de 1936, ses activités sont financées par l’État nazi. Lui-même adhérent de ce parti et membre des SS pendant la période hitlérienne, soutenu par Hermann Göring, il met ainsi ses compétences au service de l’armée de l’air. À l’issue du second conflit mondial, à l’image de Ferdinand Porsche, il est arrêté par les forces françaises d’occupation et ses activités sont interrompues.

Le retour de Felix Wankel à l’ingénierie civile est marqué par le perfectionnement du moteur à piston(s) rotatif(s) dont la géométrie innovante lui avait déjà permis de développer un brevet en 1936. Cette motorisation est alors jugée porteuse de solutions intéressantes qui pourraient constituer une innovation de rupture dans l’univers des moteurs thermiques. Grâce à cette technologie, le traditionnel cycle de quatre temps – admission, compression, détente-explosion, échappement – offre l’avantage d’un fonctionnement plus silencieux que celui des autres moteurs, qui présentent des vibrations plus importantes. Une taille réduite, un poids allégé et un nombre moins grand de pièces constituent aussi des atouts de ce moteur. Éprouvées sur les bancs d’essai, ses capacités de rotation, très élevées (jusqu’à 18 000 tours par minute), le destinent particulièrement à la compétition et à l’équipement de motocyclettes.

Le moteur à piston(s) rotatif(s) présente toutefois certains inconvénients qui pénalisent son rendement global et qui vont s’avérer à terme rédhibitoires : une étanchéité moindre dans les trois chambres de combustion, l’absence de frein moteur et une consommation excessive doublée d’émissions importantes en dioxyde de carbone.

En collaboration avec la marque NSU (Neckarsulm Strickmaschinen Union), le premier moteur Wankel est testé en 1954, puis adapté sur une moto de cette marque dont les performances spectaculaires sont enregistrées lors d’essais sur le Grand Lac salé de l’Utah (États-Unis) en 1956. La présentation officielle d’un moteur fiable se fait devant l’association des ingénieurs allemands en 1960 et la première application à l’automobile suit avec la NSU Spider commercialisée de 1964 à 1967. On peut tenir la présentation en 1967 au salon de Francfort de la NSU RO 80 – véhicule qui remportera d’ailleurs le titre de « voiture de l’année » en 1968 – pour la plus grande reconnaissance de la qualité de ce système de motorisation.

Pour sa part, la firme japonaise Mazda, victorieuse au 24 Heures du Mans en 1991 avec une telle motorisation, qui en avait acquis les brevets dès 1960, développe des voitures de série propulsées par un moteur à piston(s) rotatif(s) jusqu’à la fin des années 2000.

D’autres grandes marques se sont aussi intéressées à ce type de moteur mais sans produire véritablement des véhicules en série. Ainsi, Citroën a développé quelques productions expérimentales : la M35 (267 exemplaires entre 1969 et 1971) et la GS Birotor (846 exemplaires entre 1973 et 1975), l’hélicoptère léger RE-2 (premier vol en 1975). Afin de produire ces moteurs Wankel, la firme française s’était associée avec NSU pour fonder en 1967, au Luxembourg, la société Comotor SA. Pour sa part, Daimler a développé à partir de 1969 une série expérimentale de véhicules tests, les Mercedes C111, dont le premier exemplaire utilisait le procédé Wankel. Des applications de moteurs Wankel hydrogène puis diesels ont aussi été tentées par Mazda et Rolls-Royce.

Honoré par plusieurs distinctions, Felix Wankel est décédé le 9 octobr [...]

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Dans le chapitre « Les autres types de moteurs »  : […] Parmi les moteurs thermiques, le moteur à piston rotatif (mis au point dans les années 1950 par l'ingénieur allemand Felix Wankel chez N.S.U. et développé en France par Citroën), qui est un moteur à quatre temps à allumage commandé, équipe certains véhicules de la marque Mazda, seul constructeur à utiliser encore ce type de moteur. Si dans un moteur alternatif, le mouvement linéaire du piston à […] Lire la suite

Pour citer l’article

Mathieu FLONNEAU, « WANKEL FELIX - (1902-1988) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/felix-wankel/