FAHD IBN ‘ABD AL-‘AZĪZ (1922 ou 1923-2005) roi d'Arabie Saoudite (1982-2005)

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Le 1er août 2005 le roi Fahd ibn Abd al-Aziz Al-Saoud d'Arabie Saoudite s'est éteint à l'âge de quatre-vingt-deux ou quatre-vingt-trois ans, selon les sources concernant sa naissance. Il avait accédé au trône à la mort de son demi-frère Khaled, le 13 juin 1982. Son règne, qui a duré plus de vingt ans, est le plus long de l'histoire du royaume, depuis la mort de son fondateur Abd al-Aziz ibn Saoud en 1953. Son bilan est loin d'être positif, et il laisse le royaume confronté à des menaces sans précédent depuis les années 1960.

Fahd est l'un des nombreux fils du roi Abd al-Aziz ibn Saoud et de l'une de ses femmes favorites, Houssa bint Ahmad El Soudeyri, avec laquelle celui-ci avait eu six autres fils, dont Sultan, le nouveau prince héritier. Fahd est très tôt associé à la vie politique puisqu'il est présent quand son père fonde officiellement, en 1932, le royaume d'Arabie Saoudite. Il fréquente l'école des princes de Riyad, avant d'étudier l'islam à l'Institut du savoir religieux à La Mecque. En 1945, il assiste, à New York, à la première Assemblée générale des Nations unies. Il sera nommé à son premier poste ministériel en 1953, à l'Éducation. En 1962, il occupe le poste clé de ministre de l'Intérieur. Après l'assassinat du roi Fayçal en 1975, il devient le prince héritier, Khaled accédant au trône. Mais Fahd assure la réalité du pouvoir car le souverain est malade. Il associe son nom en 1981 à une initiative importante en présentant à la Ligue arabe un plan pour la résolution du conflit israélo-arabe qui, pour la première fois, reconnaît le droit à l'existence en paix de tous les États de la région.

La région traverse une période de grande turbulence – avec la révolution iranienne de 1979 – et le royaume, la même année, est touché par l'occupation de la grande mosquée de La Mecque par un groupe de militants radicaux. Fahd, d'abord en tant que prince héritier puis en tant que roi, répond à la vague islamiste par une islamisation accrue du royaume, notamment avec la multiplication des universités islamiques, le financement d'associations de bienfaisance et l'imposition de règles de vie plus strictes. En 1986, et en pleine guerre irako-iranienne, il prend le titre de « gardien des deux saintes mosquées » (à La Mecque et à Médine).

S'il poursuit la politique de développement économique rendue possible par les recettes pétrolières, il maintient le pays dans le conservatisme à la fois social, religieux et politique. Il ne prend pas la mesure des extraordinaires changements qu'a connus l'Arabie Saoudite en termes sociaux : urbanisation, développement des classes moyennes, éducation des filles (une majorité des étudiants sont des... étudiantes), etc. Il ne combat pas la corruption, dans laquelle une partie de la famille royale est impliquée.

L'invasion du Koweït par l'Irak, le 2 août 1990, et son appel aux troupes américaines déclenchent un débat assez vif dans la société saoudienne ; l'opposition libérale et islamique s'exprime avec force, notamment dans des adresses au roi, pour demander une ouverture du régime. Pour répondre aux demandes d'une partie de la population et aux pressions américaines, le roi promulgue, le 1er mars 1992, une loi fondamentale ainsi que deux lois définissant les attributions du Majliss al Choura (Conseil consultatif) et le fonctionnement des régions. Cette loi confirme les pouvoirs discrétionnaires du roi : il nomme et révoque les ministres, qui sont responsables devant lui, les membres du Conseil consultatif, et les émirs à la tête de chaque province. Pourtant, le Majliss al Choura voit son rôle s'accroître et ses débats auront un certain écho. Mais c'est surtout à partir de 1995, alors que le roi Fahd a été victime d'une attaque cérébrale et que le prince héritier Abdallah assume la régence, que le système commence à s'ouvrir, avec une presse plus libre – notamment en ce qui concerne les problèmes de société –, et que, sous la pression des télévisions satellitaires, le débat devient possible dans le royaume.

Débat qui va s'accélérer avec les attentats du 11 septembre 2001 et l'implication de quinze Saoudiens parmi les dix-neuf pirates de l'air. Ces événements dévoilent la profondeur de l'influence d'une vision conservatr [...]

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Pour citer l’article

Alain GRESH, « FAHD IBN ‘ABD AL-‘AZĪZ (1922 ou 1923-2005) roi d'Arabie Saoudite (1982-2005) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/fahd-ibn-abd-al-aziz/