ABDALLAH IBN ‘ABD AL-‘AZĪZ (1923 ou 1924-2015) roi d'Arabie Saoudite (2005-2015)

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Roi d’Arabie Saoudite de 2005 à 2015.

Le 1er août 2005, le prince Abdallah ibn Abd al-Aziz ibn Abd al-Rahman al-Saoud devient roi d'Arabie Saoudite, après le décès de son demi-frère, le roi Fahd. Né en 1923 ou 1924 selon les sources, il est l'un des fils du roi Abd al-Aziz ibn Saoud, le fondateur du royaume d'Arabie Saoudite ; sa mère est de la tribu Chammar, d'où est issue également la famille Rachid, une des principales dynasties rivales des Saoud, qui a été vaincue par Abd al-Aziz.

Le prince Abdallah accède à la fonction suprême selon la règle de succession horizontale par les fils d'Abd al-Aziz. Il a gravi les échelons du système saoudien : commandant de la Garde nationale (1962), second vice-Premier ministre (1975), vice-Premier ministre (1982, le Premier ministre est le roi en titre), prince héritier (1987) et régent à partir de 1996, à l'heure de la grave maladie du roi Fahd. Le pouvoir saoudien est souvent décrit, à l'instar de la kremlinologie dans l'ex-U.R.S.S. avec laquelle il partage l'opacité extrême des cercles élevés de décision, sous forme de jeux de clans autour de personnalités, en l'occurrence les nombreux fils d'Abd al-Aziz – une quarantaine, de mères différentes prises pour épouses au gré des alliances géopolitiques ou de la cooptation des clans perdants dans l'entreprise de domination de la région du Nejd par la famille Saoud. En fait, le pouvoir est collégial (toutes les rivalités ont pour limite la survie du régime Saoud) et le prince Abdallah réalise progressivement la combinaison d'alliances familiales (au sein des différentes branches) et de contrôle de positions institutionnelles, qui permet la lente montée vers le pouvoir.

Abdallah a toujours conservé le contrôle de la Garde nationale (al-Haras al-Watani), une force (100 000 hommes environ) parallèle à l'armée régulière et aux services de sécurité, recrutée au départ parmi les fidèles à Abd al-Aziz sur une base tribale. Au moins quatre de ses fils y ont des positions de commandement. De plus, elle gère un formidable réseau de redistribution, d'institutions éducatives et d'hôpitaux, dont dépendent pour leur vie quotidienne peut-être un million de Saoudiens. Le prince a su tisser un solide réseau d'alliances avec d'autres branches de la famille Saoud – il n'a pas de frères au sens plein (de même mère) et ne peut donc pas compter sur un clan solidaire comme les enfants d'une des favorites d'Abd al-Aziz, Hassa bint Almad al-Soudayri, qui leur a inculqué un sens particulier de la solidarité matrilinéaire – et avec des familles de technocrates issus des provinces du Nejd ou du Qasim. Le prince Abdallah, du fait de ses positions institutionnelles et de ses alliances familiales solidement ancrées, a fait face aux tentatives de ses rivaux pour gêner sa montée vers le pouvoir : en mars 1992, quand « la nouvelle Loi fondamentale de gouvernement » promulguée par le roi Fahd ajoute aux fils d'Abd al-Aziz leurs descendants parmi ceux qui peuvent prétendre à la succession (et ouvre ainsi des spéculations sur la montée d'une « nouvelle génération » et la perspective d'une mise à l'écart d'un Abdallah septuagénaire), un décret publié peu après confirme son statut de prince héritier.

Abdallah fait sentir son influence dans les affaires saoudiennes dès la fin des années 1970. Le royaume a de sérieux défis extérieurs à relever, avec le traité de paix israélo-égyptien, la révolution iranienne, la prise de la Grande Mosquée de La Mecque en novembre 1979 (par des insurgés contestant la légitimité morale et religieuse des Saoud à gouverner) et les incidents durant le pèlerinage (en particulier en 1985) fomentés par l'Iran révolutionnaire. Le prince cultive une image de nationaliste arabe, alors que le roi Fahd est favorable à une sanction plus modérée à l'égard de l'Égypte après la rupture du « consensus » arabe que représente la signature de la paix avec Israël. En novembre 1981, c'est Abdallah qui clarifie officiellement les positions du roi Fahd sur le plan de paix globale au Proche-Orient, qui porte le nom de ce dernier (selon le principe « que tous les États de la région doivent pouvoir vivre en paix », déclaration d'août 1981), en précisant que la reconnaissance d'Israël n'aura lieu qu'après l'acceptation d'un État palestinien, le retrait israélien sur les frontières de 1967 et la fin de l'état [...]

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Écrit par :

  • : professeur des Universités en science politique, Institut d'études politiques, Grenoble

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ARABIE SAOUDITE

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Philippe DROZ-VINCENT, « ABDALLAH IBN ‘ABD AL-‘AZĪZ (1923 ou 1924-2015) roi d'Arabie Saoudite (2005-2015) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/abdallah-ibn-abd-al-aziz/